Depuis son enlèvement, Finney, aujourd’hui âgé de 17 ans, éprouve beaucoup de mal à reprendre le cours d’une vie normale, alors que rien ni personne ne saurait arrêter Gwen, sa sœur de 15 ans. Mais le sinistre téléphone se met à sonner dans les rêves de l’adolescente, où elle voit sans cesse trois garçons se faire pourchasser dans un camp de montagne appelé Alpine Lake. Déterminée à mettre fin à ces cauchemars et à en percer le mystère, Gwenn persuade son frère de se rendre sur place, malgré le blizzard qui frappe la station. C’est là qu’elle découvre l’horrible vérité derrière le lien entre l’Attrapeur et sa propre famille. Les deux adolescents vont alors devoir affronter un tueur que la mort a rendu presque invincible et à qui leurs destins sont beaucoup plus liés qu'ils n’auraient pu l’imaginer.
En 2022, le réalisateur Scott Derrickson (Dr Strange) avait surpris tout le monde avec « Black Phone », l'histoire d'un jeune garçon enlevé par un serial Killer surnommé « L'Attrapeur » portant un masque de diable effrayant, et qui, par le biais d'un téléphone noir accroché au mur, rentrait en contact avec les précédentes victimes de son geôlier. Un subtil mélange de thriller et d'horreur, donc, qui avait trouvé son public en rapportant plus de 161 Millions de dollars pour un budget de 18. 3 ans plus tard le réalisateur reprend les mêmes, entre temps Mason Thames est devenu une star grâce à la version live de « Dragon », et pourtant, s’il a, ici, toujours un rôle central, c'est Madeleine McGraw (The Harbinger), qui interprète Gwen, la sœur de Finn, qui sera au cœur de l'histoire. Car le pouvoir qu'elle avait déjà pu utiliser pour retrouver son frère dans le premier opus, prend un autre tournant. Et si « L'Attrapeur » paraissait mort dans le premier opus, ici, rien ne semble aussi sur.
Toujours à l'écriture du scénario avec son coscénariste C. Robert Cargill (Dr Strange In The Multiverse of Madness), Scott Derrickson a encore beaucoup de choses à nous raconter sur le méchant iconique qu'il a créé et notamment sur son passé. Tout comme il a encore beaucoup de précisions à nous apporter sur la famille de Finn et Gwen et particulièrement sur le drame qui les a touchés. Avec un sens de la narration assumé, le scénario va alors nous entraîner dans une intrigue, toujours située dans les années 80, mais entre voyage dans le passé et dans le présent des personnages et entre rêve et réalité. Le scénario parvient à nous entraîner dans une intrigue, un peu alambiquée, certes, mais efficace et intelligente. Comment faire revenir un personnage mort dans le précédent opus, le réalisateur et son co-scénariste ont eu l'idée de s'inspirer des « Griffes de la nuit » de Wes Craven, pour rendre son personnage tout aussi inquiétant, sinon plus. Alors, bien sûr nous pourrons parler de pompage ou de manque d'idée, mais ce serait plutôt réducteur, car, si le scénario cède parfois à la facilité, notamment dans son dénouement, il parvient à trouver de bonnes idées comme celle d'utiliser la sœur pour se venger du frère.
Et c'est surtout dans la mise en scène que le film se démarque, car si l'on sent les influences de Wes Craven, nous retrouvons également, des clins d’œil à John Carpenter (Halloween la Nuit des Masques) et surtout Sean S. Cunningham (Vendredi 13), notamment dans le fait de transporter l'action dans un camp de vacances. Le réalisateur s'amuse des codes générationnels pour différencier le rêve du réel. Le rêve (Cauchemar) est traité avec une image granuleuse, le bruit du craquement d'un vinyle, quand le réel est en image nette HD. Cela n'a l'air de rien mais parvient à créer une atmosphère oppressante où parfois les spectateurs se sentent perdus à l'instar des personnages. D'autant que le rêve agit sur le réel et que, comme dans le film de Craven, l'Attrapeur s'amuse à torturer ses victimes en agissant dans le rêve et dans le réel.
Alors, même si le film afficha un moins bon résultat au box-office mondial avec plus de 132 Millions de Dollars de recettes pour un budget de 30 millions, nous pouvons aisément attribuer ces résultats à une année 2025 qui a vu le public déserter les salles obscures. Il n'en demeure pas moins que ce « Black Phone 2 » est aussi efficace que le premier et semble assumer une envie de rendre hommage au film de Wes Craven : « Les Griffes de la nuit ».