Mektoub My Love : Canto Due

Catégorie
Cinéma
Genre
Pays
FR
Date de sortie
08/04/2026
Réalisateur
Format
Blu-Ray
Boitier
Amaray
Producteurs
Abdllatif Kechiche et Riccardo Marchegiani
Scénaristes
Abdellatif Kechiche et Ghalya Lacroix
Compositeur
Divers
Editeur
Edition
Standard
DureeFilm
134
Support
Critique de Emmanuel Galais

Amin revient à Sète après ses études à Paris, rêvant toujours de cinéma. Un producteur américain en vacances s’intéresse par hasard à son projet, Les Principes essentiels de l’existence universelle, et veut que sa femme, Jess, en soit l’héroïne. Mais le destin, capricieux, impose ses propres règles.


Il aura fallu attendre 7 ans pour découvrir la conclusion, de la trilogie d’Abdellatif Kechiche démarrée en 2016, et dont le second volume présenté à Cannes en 2018 est resté inédit en France, notamment pour sa longueur (3h32mn), et les désaccords entre le réalisateur et sa comédienne principale, tout autant que le scandale et les réactions épidermiques que provoqua le film. 7 ans plus tard, le réalisateur a semble-t-il pris le temps de réorganiser son œuvre et ce « Mektoub My Love ; Canto Due » se recentrer plus sur l’œuvre de l’écrivain dont il est inspiré. Car, le réalisateur qui, comme toujours a signé le scénario avec sa compagne Ghalya Lacroix (La Vie d’Adèle), garde la base du roman, à savoir la dualité entre Hommes et femmes, l’été, l’insouciance de ces jeunes adultes qui veulent avant tout faire la fête, aller à la plage, se séduire, aimer et se déchirer. Le « Canto Uno » naviguait dans ce sens, avec parfois une certaine impudeur que l’on pouvait associer à cette liberté qu’éprouve les héros pendant cette période où rien n’a d’importance que de trouver sa place à travers le sexe dans un groupe où chacun tente de s’affirmer. Nous pouvions être surpris de la durée du film autant que de cette construction faussement décousue, au rythme des rencontres et des séparations. Mais le réalisateur filmait la vie, la liberté et la soif de plaisir avec une certaine maestria qui nécessitait de se positionner du point de vue artistique de l’auteur pour mieux en apprécier la valeur.


Avec « Canto Due », l’angle est presque le même, car les jeunes ont grandi, ont évolué, et les enjeux ne sont plus les mêmes. Chacun arrive au tournant de leurs existence où ils doivent prendre des décisions qui dicteront le reste de leur vie. Une opportunité, un évènement inattendu dont l’impact dépend de la décision à prendre, et ce jeu du désir qui soudain apparaît avec ses choix et ses conséquences. Abdellatif Kechiche nous offre ici, une œuvre plus classique, plus structurée, dans laquelle la narration vient apporter son lot de joies et de tensions. Ici, les personnages sont plus adultes, moins dans la légèreté que dans les deux précédents volumes. Les visages se font plus graves et chacun arrive avec ses responsabilités, ses doutes et ses peurs. Si dans « Quanto Uno », la vie se résumait aux plaisirs de la légèreté, dans « Quanto Due » elle rattrape les héros frontalement en les ramenant aux enjeux de la société et du sens que l’on souhaite lui donner.


La mise en scène continue de se centrer sur le personnage d’Amin, seul à contenir sa légèreté, à regarder comme sur un pas de côté toutes ses existences qui se construisent, pendant que lui est déjà la construction de son avenir et s’accroche à ses inspirations. Comme l’œil du réalisateur, il prend des photos, fige ces instants de légèreté, capte comme un témoignage, la vie, la joie et la tristesse. Mais cette fois-ci, c’est sa propre existence qui va être touchée de plein fouet par sa place dans le groupe et ses conséquences. Incarné par Shaïn Boumedine (Pas de Vagues), un acteur au charme fou et la présence magnétique indéniable, Amin agit constamment comme un spectateur tout en s’impliquant dans la vie de ce groupe dont l’énergie est indéniable et l’entraine dans une sorte de valses colorées, rieuse et insouciante.


« Mektoub My Love : Canto Due » est une œuvre qui vient clore avec brio cette trilogie sulfureuse et légère à la fois, qui se veut une tranche de vie, une photographie d’une jeunesse qui profite de sa liberté, pour se découvrir dans les plaisirs du sexe comme dans ceux de l’amour qui finit toujours par trouver son chemin. Et en observateur qu’il est Amin, tout en gardant secret ses sentiments, ne peut cacher par son regard ce qu’il éprouve pour ceux qu’il croise et avec qui il passe son temps. Le réalisateur peut choquer par la façon crue qu’il peut parfois utiliser pour filmer les corps, surtout féminin ou les rapports sexuels de ses héros, mais il est indéniable que son regard, son écriture et sa mise en scène capte les affres des sentiments de ces jeunes adultes avec une précision et une poésie que l’on retrouve à chaque coin de ce film.


Définition
Couleurs
Compression
Format Vidéo
HD 1080p
Format Cinéma
2.35:1
Le Sud de la France, ses paysages, ses plages, les boites de nuit, les corps, les regards, tout est filmé dans une lumière sobre et pourtant si présente pour mieux mettre en valeur chacune des scènes. Le réalisateur et son chef opérateur Marco Graziaplena (L’Envol) ont, cette fois-ci, donné une texture plus marquée que dans les deux opus précédents. Les couleurs sont soignées, elles se laissent porter par un support qui met en valeur toutes les nuances de vert ou toutes ces peintures un peu effacées que l’on trouve dans la rue, dans les maisons et dans la nature qui entoure les héros. Le support est d’une grande précision.
Sous Titres
Notes
Langues
Film
Bonus
Com
Spatial
Dyn
Surr
Français
Oui
Oui
Non
Bonne
Bonne
Bonne
Un film sobre et mais avec un environnement sonore important, pour mieux illustrer la vie quotidienne, et qui se laisse tout de même illustrer par des effets subtils qui trouvent leur place dans tous les canaux. Et puis il y a les environnements sonores discrets qui viennent habiller le film pour lui donner toute sa cohérence et plonger le spectateur au cœur d’une intrigue simple à la mise en scène précise. On se laisse envahir par le bruit des cigales, celui des tissus, des animaux et du vent ou de la mer. Tout est magnifiquement réparti et nous nous laissons porter par la qualité du travail.
Supléments
Menus
Sérigraphie
Packaging
Durée Bonus : 30 min
Livret
Bande annonce
Biographies
Making of
Documentaire
Interviews
Com. audio
Scènes sup
Fin alternative
Galerie de photos
Story board
Multi-angle
Liens internet
Interface Rom
Jeux intéractifs
Filmographies
Clips vidéo
Bêtisier
Bonus Cachés
Court Metrage
Conférence de Presse de Locarno
La conférence de Presse au Festival de Locarno, en l’absence du réalisateur, diminué par un état de santé fragile. Les comédiens assurent la promotion et reviennent sur le tournage et sur les clés de lecture de ce dernier opus.