Une nuit, le professeur Robert Langdon, éminent spécialiste de l'étude des symboles, est appelé d'urgence au Louvre : le conservateur du musée a été assassiné, mais avant de mourir, il a laissé de mystérieux symboles... Avec l'aide de la cryptologue Sophie Neveu, Langdon va mener l'enquête et découvrir des signes dissimulés dans les œuvres de Léonard de Vinci. Tous les indices convergent vers une organisation religieuse aussi mystérieuse que puissante, prête à tout pour protéger un secret capable de détruire un dogme deux fois millénaire... De Paris à Londres, puis en Ecosse, Langdon et Sophie vont tout tenter pour déchiffrer le code et approcher les secrets qui remettent en cause les fondements mêmes de l'humanité...
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le roman de Dan Brown « Da Vinci Code » édité en 2003 et vendu, à ce jour, à plus de 60 Millions d’exemplaires, fut un succès littéraire sans commune mesure. Pour se donner un ordre d’idée, on estime que la série des Harry Potter » de JK Rowling s’est écoulé plus de 500 Millions d’exemplaires ! Il n’est pas outrancier de dire que, ce qui a aidé également au succès du livre de Dan Brown, c’est une polémique sur le sujet même du livre, à savoir un secret que l’Eglise Catholique voulait absolument garder, risquant de faire vaciller sa propre fondation idéologique : Le Christ aurait eu une descendance avec Marie Madeleine. Un sujet brûlant qui trouva un écho dans la qualité d’écriture du romancier, qui fit de son œuvre un thriller palpitant mêlant ésotérisme, conspirations et chasse au trésor. Un mélange entre Sherlock Holmes et Indiana Jones comme le dit si bien Tom Hanks (Forrest Gump), dans lequel l’auteur utilise des références sur des croyances en des sociétés secrètes comme « Le Prieuré de Sion » ou encore « L’Opus Dei ». Le public fut tellement captivé qu’une grande partie crut en cette théorie avancée par Dan Brown.
Ce fut donc logiquement que les studios commencèrent à envisager une adaptation cinématographique de ce roman. Mais beaucoup furent freiné par le souffre que véhiculait le sujet et se rappelèrent les mésaventures de Martin Scorsese avec « La Dernière Tentation du Christ » en 1988. Finalement c’est Sony qui décrocha la timbale et fit appelle à un réalisateur plutôt sage : Ron Howard (Willow). Et c’est à Tom Hanks que fut confié le rôle du Professeur Langdon et à Audrey Tautou, tout juste auréolée de son succès dans « Amélie Poulain » de Jean-Pierre Jeunet. Et le résultat est assez mitigé. Car si les discrets changements opérés par le réalisateur pour rendre le film moins sulfureux que le bouquin ne font pas offense à l’œuvre de Dan Brown, le film apparaît bien trop lisse et manque cruellement de prise de risque et de signature.
Et c’est justement ce que l’on était en droit d’attendre d’une adaptation d’un tel roman, que de la prise de risque ! Ici, nous pourrions tourner chaque page du roman tout y serait quasiment exactement à la même place. Et, en cela la réalisation de Ron Howard ne vient pas trahir le roman, mais le metteur en scène s’efface complètement derrière son sujet et le laisse vivre de lui-même en prenant soin de bien appuyer sur le côté très illuminé des personnages porteurs de la théorie et grands défenseurs de cette croyance qui viendrait mettre à mal les fondements de la religion catholique. Si l’on rajoute un Paris d’il y a 40 ans avec ses vieux téléphones, ses pavés ses sirènes de polices vieilles de plus encore et une distribution, excepté Jean Réno (Le Grand Bleu), qui n’arrive pas bien à s’en sortir avec la langue de Shakespeare et l’on arrive sur une œuvre bancale. Car oui, Audrey Tautou semble bien mal à l’aise avec l’anglais et est souvent hors sujet dans sa prestation, nous faisant du Marion Cotillard dans « Batman The Dark Knight Rises », avant l’heure.
Alors, il serait tout de même injuste de ne pas souligner les qualités de metteur en scène de Ron Howard, notamment dans les scènes d’action comme celle au volant de la voiture de Sophie Neveu dans les rues de Paris, même si la conclusion de cette scène est maladroite. Le film fonctionne et parvient à nous tenir en haleine durant plus de deux heures trente. S’il n’y avait pas cette distance d’avec son sujet et la distribution française très en dessous de ses capacités (La conversation entre Tom Hank, Ian McKellen et Audrey Tautou est un cas d’école !), le film serait une réussite.