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TRUE LEGEND

Catégorie Cinéma
Titre Original Su Qi-Er
Genre Arts martiaux
Pays Chine
Date de sortie 25/01/2012
Réalisateur Woo-Ping Yuen
Avec Vincent Zhao, Zhou Xun Ying, Andy On, Guo Xiaodong , Jay Chou, Michelle Yeoh, Feng Xiaogang, David Carradine, Cung Le , Gordon Liu, Leung Ka Yan, Jacky Heung , Li Ze, Suen Hanwen, Conan Stevens, Sylvester Terkay, Dominique Vandenberg, Jon Heidenreich, Matt Wiese
Format Blu-Ray
Boitier Amaray
Producteurs Bill Kong ; Cary Cheng ; Wang Tianyun ; Xu Jianhai
Scénaristes Christine To
Compositeur Shigeru Umebayashi

Critique de Simon Bitanga
Editeur Universal
Edition Standard
Label  
Zone / Région 2
Durée Film 115 min
Support
   
   

1861 : entre présence grandissante de l'Occident et troubles internes, la Dynastie Qing poursuit son inexorable déclin.
En ces temps troubles, il sera présenté Su Chan (le héros et son histoire), Yuan Lie (le frère de Su Chan et leur rivalité) et Ma Ching Fong (l'ami fidèle de Su Chan) ...  

BOIRE, UN PETIT COUP, C’EST AGREABLE

Vendu auprès du grand public comme chorégraphe des combats de la Matrice, du Dragon Caché et de Tuer Bill, le connaisseur vous dira "Yuen Woo-Ping ? Mais c'est l‘un des Rois de la Baston du Grand Cinéma Chinois !! Il a fait les combats de Black Mask, Fist of Legend, Legend of Zu, Il était une Fois en Chine, le Maitre d’Armes, … !". Une très grosse poignée d’autres titres qui ne démontent pas moins plus tard vous feront comprendre que sa réputation de qualité n’est plus à mettre en doute.  
L'index levé, le même connaisseur ajoutera qu'"Il a même réalisé Le Chinois de Déchaîne, Tai-Chi Master et Iron Monkey" ! Ici, il choisit d'épousseter la superbe de pas n'importe quelle technique : la très déstabilisante mais très redoutable Boxe de l’Homme Ivre.

Employée dans pas mal de métrages par pas mal d’artistes, le choré-alisateur l’avait auparavant déjà mise en scène (le combat final des Griffes d’Acier, le terrible Maitre Chinois) mais va ici (tenter d') expliquer son origine sous forme de biopic, aux morceaux choisis/romancés de rigueur.

Le cinéma d'action laisse peu de place aux projets bancals et l'audace ne suffit pas toujours ... Comment se distinguer avec ce qui cartonne ?

On commence par une 1e partie, affichant clairement l’ambition d’en mettre plein la tronche au spectateur. Retenu captif dans un repaire à la superficie démesurée, le sauvetage du frère de l’Empereur par, entre autres, les 3 personnages brièvement cités en intro, sera riche en effets spéciaux et affrontements - principalement à l’arme blanche - face à des nuées d’adversaires qui surgissent de partout ... le tout dans une frénésie globale rappelant les Mines de la Moria du Seigneur des Anneaux

Ici on démontrera l'efficacité de combattant, meneur et stratège dans la cohue de Su Chan (Vincent Wong –  plus connu sous l’autre nom Chiu Man-Chuk - Green Snake, Dr Wong et les Pirates , The Blade), héros courageux et positif qui s’acquittera fort éméritement de ses responsabilités. Hors des champs de bataille, il est bienveillant avec ses hommes qui le lui rendent plutôt bien … Malgré tout, il ne voit nullement d'intérêt à briller dans les hautes sphères militaires et préfère fonder une école d'arts martiaux, tout en s’efforçant d’être un bon et présent mari, papa, ami, frère, fils.  

Il sera opposé à son frère Yuan Lie (Andy On - Black Mask 2Dragon Squad , New Police Story, 3 Kingdoms : Ressurection of the Dragon, ...) dans un délire vaguement shakespearien : ce dernier, se sentant en infériorité à tous niveaux, sera amené à briller dans la pratique d’une technique martiale obscure, douloureuse et imagée (les 5 Venins Mortels). Il deviendra alors progressivement le méchant de l’histoire.
Il ne sera pas vu comme l'habituel gars désireux de ridiculiser une école ou s’imposer par pur machiavélisme humiliant mais une figure tragique qui murit sa vengeance depuis des lustres
suite à une sombre affaire précédant son adoption et celle de sa bien aimée sœur de sang Yuan Ying (par ailleurs épouse de Su Chan).

Tout le monde veut vivre dans l’harmonie mais ses sentiments, jalousies et envies, auront raison de toute tentative de conciliation : l’inévitable combat fratricide montrera dans une 2e partie comment celui qui avait tout se retrouve délesté de son statut de héros, privé de son enfant, ses poings, ses santés physique et mentale !!
Le passage à vide d'un Su Chan convalescent et déprimé sera le prélude cher payé de sa remise en forme. Motivé par la pratique très personnelle d'une évolution du Wushu, ses proches s'inquiètent et le croient devenu fou.

Naturellement le fin du fin sera une opposition brutale, sans (trop de) truquages, où tous les coups mortels seront permis quitte à faire gicler de l’hémoglobine hors des cages thoraciques. Fin (?).  

Un virtuose encensé, laissé pour mort suite à un duel face AU challenger surprise, développe (avec l’aide providentielle de l’Amour, la Force du Corps/Esprit) une nouvelle technique pour supplanter celle perdue (Kill Bill, Ong Bak III) ? Une femme au milieu de 2 «frères» se disputant ses faveurs (Storm Riders) ? Un méchant prêt à tous les moyens pour devenir plus fort quitte à détruite son corps et s'imprégner de l’essence du Mal (l’armure en Or Noir greffée rappelant celle du Lord Godless + dans une moindre mesure le symbiote de Vent d’Est dans Storm Warriors) ? … On peut dire que True Legend appelle à pas mal de situations déjà connues !

Cela risque de déplaire à celles/ceux qui espéraient un peu de nouveauté, d’autant plus que le climax tout trouvé va embrayer sans transition sur une 3e direction, chargée de démontrer la toute puissance d’un poing fraîchement rôdé sur d’autres méthodes misant sur une incroyable force brute avec le zeste de nationalisme qu’on croyait relégué du temps de l'indéboulonnable Dr Wong Fei Hung (les chinois sont soudés et solidaires, les colons occidentaux sont de vils tricheurs mauvais perdants, les catcheurs sont de brutales machines à broyer sans cervelle).

Le mélange de toutes ces influences, héritages, tics et lieux communs puisés dans l’inconscient collectif (du cinéma traditionnel chinois) aux 1000 mécanismes éprouvés autant de fois peuvent d’emblée nuire à l’un peu éparpillé True Legend …  

* Certes décousu mais ayant un but allégorique (axé sur les relations amicales en général (frères d'arme, de sang ou de lait), familiales en particulier (les Parties 1&2 concernent le couple, la Partie 3 plus la paternité), aux messages cachés et valeurs typiques pour devenir un bon bonhomme (détermination, travail dans l’effort, cœur fidèle, respect de la parole donnée).  

* Pas de risques de tomber en syncope en voyant la partition livrée par les acteurs bien que celle-ci reste appliquée, consciencieuse, théâtrale et peut-être un peu (trop) sérieuse … dont la plus marquante sera celle du torturé badguy désirant coute que coute reconstruire une unité familiale perdue (à priori il ne fera jamais de mal à son neveu (qu’il considère plus précisément comme le fils de Yuan Ying et non celui de son «ennemi») et sa sœur).
Yuan Ying (figure de l'amour pur, choisissant de moins de battre pour son fils que rester auprès de son mari) et Mme Yu (ermite adepte de médecine naturelle interprétée par Michelle Yeoh qui, comme tous les Guests, ne sera pas vu à l'écran super longtemps) seront une grande aide pour remettre sur pied Su Chan.

* Sous l'abus du consolant vin de Madame, il perfectionnera sa boxe dans un rapport cohérent entre les séquences tournées en décors naturels (la réalité) par rapport aux séquences en 3DCGI (l'entraînement, le combat interne, ... il y a bien quelques autres passages en images de synthèse (mission commando du début, quelques effets parsemés) mais seront aussi discrets que possible).

* Curieuse appellation True Legend comme cette tendance depuis quelques années que des gros films veulent approcher l’aspect réaliste de l’Action (Jason Bourne), la Science Fiction (Mission to Mars), l’Histoire (Apocalypto), la Guerre (Le Soldat Ryan) ou les Mythes (Troie) … Ne faisant pas allusion aux origines spécifiques du Poing (pour cela, voir Drunken Master), le titre anglais souligne cette volonté d'aborder de manière tangible la parenthèse la plus triste et la plus tragique de la vie du plus populaire représentant de la technique de l'Homme Ivre, passant Su Chan à Su-Qi Er. C'est quand même mis en scène de manière spectaculaire ...

* Les combats, nombreux et stimulants, n'auront, mais alors AUCUNE forme de pitié pour les plus apathiques. Ils seront effectués par les acteurs, plutôt en forme, et Yuen n'hésitera pas à transformer le style (une équipe de gros lutteurs dézingués à la queue leu-leu en mode Endurance à grands coups d'un Zuijiuquan mâtiné de Street Dancing) pour plaire à la jeunesse.  


En dépit de son envie d’être raccord avec son époque, True Legend reste un pur film populaire chinois à l’ancienne où les recettes des vieilles confitures confectionnées dans des nouveaux pots en font un espèce de melting-pot un peu nostalgique de raconter ces ancestrales histoires avec des moyens modernes. Ce qui peut expliquer son côté déséquilibré et anticonformiste ... mais ne le rend pas immangeable pour autant !  

CONCLUSION :  

Partant dans tous les sens et mixant différents (sous)genres à des éléments incongrus plus ou moins idéalement, pas sûr que le résultat soit l’idée que le Peuple pourrait se faire de l’histoire de l’Art (de la Boxe de l’Homme Saoul), pouvant lui préférer une illustration moins bourrine et plus académique.  

Mais est-ce bien le souci au final ?  

Si pour vous le vrai cinéma d’action chinois (raffiné) c’est des histoires de familles chaotiques comme dans Cité Interdite, des plans somptueux comme dans Hero, des relations amoureuses pleines de non-dits/frustration/quiproquos comme dans Wu-Ji - La Promesse, des combats gracieux au ralenti avec du léger drapé qui virevolte à qui mieux mieux comme dans Les Poignards Volants, de la stratégie de haut vol comme dans Red Cliff et des conspirations à foison comme dans La 14e Lame, ce mélangé (de bobines se ressemblant parfois déjà pas mal) se prendra royalement les pieds dans le tapis de votre considération.  

Si pour vous le vrai bon cinéma d’action chinois (populaire) ça peut aussi bien être des affrontements qui ont le bon goût de ne (parfois) pas s’arrêter avant 15 bonnes minutes, un scénario/dialogues simplement efficaces, des bons sentiments, son indispensable patriotisme (d’époque), ce qu’il faut de droiture, de violence (attention, parfois ça tache) et que vous êtes sur la même fréquence nostalgie que son réalisateur, True Legend s'imposera comme un bon petit choix tout sympa qui ne se refuse pas.

Si pour vous, le cinéma d’action chinois (en général) c’est inconnu au bataillon, True Legend sera l'indéfini de cette grosse tranche de films asiates remis aux goûts du jour, richement parés, assez blindé en action, classiques et globalement réussie dans son optique de divertir à tous niveaux pour aller chercher la petite bête pour rien.

Définition
Couleurs
Compression
   
Format Vidéo HD 1080p
Format Cinéma 2.35:1
   
   

Une belle définition, une belle photo, de beaux contrastes, une belle colorimétrie, une belle luminosité, un bon encodage. Un bon résultat pour les belles images proposées par True Legend.

Langues  
Format  
Bonus  
Commentaires  
Spatialisation  
Dynamique  
Effets surround  
   
   
   
   
 
Langues Type Format Sous Titres Film Sous Titres Bonus Sous Tit. Comment. Spatial. Dynamiq. Surround
Français DTS HD Master Audio 5.1 Oui Oui Non Moyenne Bonne Bonne
Mandarin DTS HD Master Audio 5.1 Non Non Non Moyenne Bonne Bonne

2 pistes en DTS Master Audio 5.1 en Mandarin et en Français, dont le niveau technique ne dépareille pas : ça y va de sa spatialisation chouettement équilibrée sur toutes les enceintes, ça met à l’honneur les délicieuses partitions de Shigeru Umebayashi, ça offre des dialogues toujours impeccablement audibles et surtout, parce que c’est quand même film où les gens sont partis pour souvent se gifler, ça fait vibrer le caisson de robustes bruitages, parfois un peu abusés il faut dire.

Concernant les dialogues, la version française est plaisante mais étant un tout petit peu moins «concernée» dans les combats et les discussions, personne ne vous en voudra vraiment de préférer la VO.

Supléments
Menus
Sérigraphie
Packaging
   
Durée Bonus 41 min
Boitier Amaray
   
   
   
  Livret
  Bande annonce
  Biographies
  Making of
  Documentaire
  Interviews
  Commentaire audio
  Scènes supplémentaires
  Fin alternative
  Galerie de photos
  Story board
  Multi-angle
  Liens internet
  Interface Rom
  Jeux intéractifs
  Filmographies
  Clips vidéo
  Bêtisier
  Bonus Cachés
  Court Metrage
  

Bonus 

Le menu, animé et sonorisé, proposera entre autres offrandes supplémentaires, un chapitrage en 15 parties (toutes titrées). Nos bonus du jour sont un :

- Making Of : on enchaine sans transition tous les commentaires d’un réalisateur brossant (avec la scénariste) les thématiques du film ; les acteurs définissant leurs personnages ; les techniciens levant le voile sur l’envers du décor environnemental, chorégraphique, SFXique, sonore et autres ingéniosités liées à la conversion de quelques séquences en relief.
Le tout parsemé d’extraits, n’appartenant pas toujours au montage final, pouvant donner des idées, pistes et réflexions supplémentaires sur les protagonistes (notamment pourquoi les catcheurs sont aussi enragés).

- Clip : sur une musique de Shigeru Umebayashi et les paroles de Lin Xi, l’actrice principale Zhou Xun poussera une mélancolique chansonnette dans un hangar … le tout entrecoupé d’extraits du film promettant de l’action, de l’émotion et du drame : le thème principal de True Legend, Wandering Heart.

- Les bande-annonces : True Legend mais également Hero, toutes deux sélectionnables en VOSTF ou en VF (NB : la BA en VO du film de Zhang Yimou a des commentaires en voix-off en anglais, des dialogues en mandarin et des sous titres en français !).