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La haine (Ultra HD / 4K)

Catégorie Cinéma
Titre Original La haine
Genre Drame
Pays Fra
Date de sortie 24/11/2020
Réalisateur Mathieu Kassovitz
Avec Vincent Cassel, Hubert Koundé, Saïd Taghmaoui, Karim Belkhadra
Format Blu-ray Ultra HD
Boitier Amaray
Producteurs Christophe Rossignon, Gilles Sacuto
Scénaristes Matthieu Kassowitz
Compositeur Assassin

Critique de Bruno Orru
Editeur Studio canal
Edition Standard
Label  
Zone / Région 2
Durée Film 95 min
Support
   
   

Abdel Ichah, seize ans est entre la vie et la mort, passé à tabac par un inspecteur de police lors d'un interrogatoire. Une émeute oppose les jeunes d'une cité HLM aux forces de l'ordre. Pour trois d'entre eux, ces heures vont marquer un tournant dans leur vie...

 

1995, la France est sous le choc d’un film qui va immédiatement rentrer dans le cercle fermé des films cultes. Son réalisateur, Mathieu Kassovitz, va devenir la nouvelle valeur à suivre. Seulement la déception sera à la hauteur de la personnalité complexe du metteur en scène, qui a su comme peu de réalisateurs et, aucun à l’époque, dépeindre une jeunesse de cité perdue entre révolte et résignation. Du coup, une question ne cesse de nous tarauder : Réalisateur géniale incompris ou inexplicable coup de maitre ?

La réponse ne sera bien évidemment pas dans cette chronique, mais il est une évidence, c’est que Mathieu Kassovitz n’a jamais réitérer ce tour de force, de dépeindre une situation avec autant de maitrise et de sensibilité froide, comme avec « La Haine » et même si la carrière du réalisateur brille de quelques beaux succès comme « Les Rivières Pourpres » en 2000 ou encore « Gothika » en 2003 avec Halle Berry, pour une carrière américaine qui lui laissera un  goût amer, Kassovitz, ne retrouvera jamais la quasi perfection de « La Haine », ses réalisations resteront trop inégales pour convaincre totalement et son caractère bien trempé et mal contenu finiront de ternir son image.

 

Pourtant il y a tellement de bonnes idées dans « La Haine », au point de faire des émules comme en 1997 ; lorsque Jean François Richet (Mesrine L’instinct de Mort) réalisera avec beaucoup moins de finesse et de subtilité « Ma 6-T va crack-er » et souffrira de la comparaison avec le film de Kassovitz. Car « La Haine » que l’on doit resituer à son époque, celle où les gars de « Cité » n’ont justement pas le droit de citer. Le cinéma, les médias, et les politiques, surtout, leur tournent le dos et les laissent plonger dans l’oubli. Et puis parfois, il y a des visages, des tristes conclusions, qui font que la France porte un regard, souvent incrédule, presque inquisiteur, sur ces jeunes que le peuple a bien vite jugé et porté au pilori de la vindicte populaire.

 

Kassovitz va écrire et réaliser une œuvre coup de poing, puissante et bétonnée qui va donner la parole à ces jeunes abandonnés. Il va, sans faire de faux-pas caricaturaux, nous forcer à regarder la sale vérité, dans laquelle le racisme est le pire des quotidiens, car il s’imprègne dés lors que le nom résonne d’une origine lointaine, qu’une couleur de peau devient synonyme absurde de danger ou qu’une adresse pointe du doigt et laisser crever les préjugés. Mathieu Kassovitz a le courage de mettre la France face à ce qu’elle ne veut pas voir et la phrase : « Jusqu’ici tout va bien ! L’important ce n’est pas la chute… », va imprégner les spectateurs, ces jeunes vont devenir le symbole d’une injustice voilée parque que crasse.

 

Avec « La haine », le public découvre un Vincent Cassel (Hors-Norme) dans une mise en scène, évidemment inspirée de Scorsese. L’acteur rejoue De Niro dans une scène devenu culte, impose un jeu rempli de colère et de fureur. Hubert Koundé (The Constant Gardener) va s’imposer comme l’opposé de Cassel, et comme le symbole d’une jeunesse qui veut qu’on la reconnaisse pour ses valeurs, ses ambitions et non qu’on la discrimine odieusement pour une couleur de peau différente de la blancheur maladive. Et enfin Saïd Taghmaoui (Wonder Woman) avec son personnage de beau parleur et son côté inconscient et lumineux va s’ouvrir les portes d’une belle carrière internationale.

 

En conclusion, « La Haine » restera l’unique coup de génie de Mathieu Kassovitz, notamment parce qu’il signera là un film intelligemment écrit, militant, pour que cesse une discrimination honteuse de jeunes en errance. Un sujet fort associé à une mise en scène aux inspirations multiples et parfaitement maitrisée, où, la caméra à l’épaule, le réalisateur prend la France à Témoin. A voir et revoir !



Définition
Couleurs
Compression
   
Format Vidéo 16/9 anamorphique couleur
Format Cinéma 1.85:1
   
   

Un noir et blanc d’une époustouflante profondeur, saturé à souhait et très nuancé. La restauration apporte un master immaculé et une définition au rasoir, notamment due aux focales courtes utilisées souvent par le réalisateur. 


Langues  
Format  
Bonus  
Commentaires  
Spatialisation  
Dynamique  
Effets surround  
   
   
   
   
 
Langues Type Format Sous Titres Film Sous Titres Bonus Sous Tit. Comment. Spatial. Dynamiq. Surround
Français DTS HD Master Audio 2.0 Non Non Non Bonne Bonne Bonne

Le DTS HD Master Audio est plutôt anecdotique, le film étant principalement porté par les dialogues des personnages. La bande son est ceci-dit précise dans les détails et dans les ambiances urbaines.


Supléments
Menus
Sérigraphie
Packaging
   
Durée Bonus 95 min
Boitier Amaray
   
   
   
  Livret
  Bande annonce
  Biographies
  Making of
  Documentaire
  Interviews
  Commentaire audio
  Scènes supplémentaires
  Fin alternative
  Galerie de photos
  Story board
  Multi-angle
  Liens internet
  Interface Rom
  Jeux intéractifs
  Filmographies
  Clips vidéo
  Bêtisier
  Bonus Cachés
  Court Metrage
  

Bonus 

Nous n'avons reçu que le disque 4 pour cette critique qui dispose des commentaires audio décrit ci-après. Veuillez noter que cette édition comporte également du documentaire "Les 10 ans de La haine" : genèse du film, images de tournage, interviews de Vincent Cassel, Mathieu Kassovitz, Hubert Koundé et du producteur Christophe Rossignon

C’est assez original mais le film peut être regardé avec le commentaire de Matthieu Kassovitz, celui de 1999, celui de 2005 et celui de 2020. 25 ans plus tard il est en effet intéressant d’écouter le réalisateur porter un regard 25 ans plus tard. Un commentaire de 2020, enregistré en direct alors que Matthieu Kassovitz découvre cette nouvelle version 4K ou se mêlent des souvenirs pour la genèse, le financement et la fabrication du film, des aspects techniques de tournage et des propos plus généraux sur le regard que peut porter Kassovitz sur le cinéma d’hier et d’aujourd’hui. Si vous aimez beaucoup ce film je vous invite à écouter les 3 commentaires car ils apportent des informations complémentaires, le commentaire de 2005 étant par exemple beaucoup plus centré sur les conditions de tournage et les personnages.