X-Men : l’affrontement final

X-Men : The last stand
Sortie: 24/05/2006
Pays: USA
Genre: Fantastique
Durée: 1h45 Min
 
Réalisateur(s)
Brett Ratner
Acteurs
Patrick Stewart
Hugh Jackman
Rebecca Romijn-Stamos
Ian McKellen
Famke Janssen
Halle Berry
Anna Paquin
Kelsey Grammer
Critique de Sebastien Keromen

Si Bryan Singer a quitté le navire, les X-Men sont toujours bel et bien là. Mutants et super-pouvoirs à gogo sont à l’affiche. Le film arrive-t-il à se montrer au niveau de ses deux illustres prédécesseurs ?

X-Men : l’affrontement final
Titre original : X-Men : The last stand
USA, 2006
Réalisateur
 : Brett Ratner
Acteurs : Hugh Jackman, Halle Berry, Ian McKellen, Famke Janssen, Patrick Stewart, Anna Paquin, Kelsey Grammer, Rebecca Romijn, James Marsden, Vinnie Jones
Musique de : John Powell
Adapté du comics paru chez Marvel
Durée : 1h45

L’histoire
Dans une société où les mutants ont du mal à se faire accepter par la population, la découverte d’un " vaccin " supprimant la mutation ne peut qu’attiser les tensions. Et le tout peut être explosif quand Jean Grey, l’un des mutants les plus puissants et laissée pour morte, réapparaît plus forte que jamais…





La critique


Quand j’ai vu les deux premiers films, je n’avais pas lu les comics. Je me suis rattrapé depuis et attendais donc de pied ferme ce troisième opus. J’avais envoyé ma liste au père Noël (qui doit bien être un mutant, lui aussi) : pour X-Men 3, je voulais la salle des dangers et le Fauve. Eh ben le père Noël doit vraiment être un mutant (avec le pouvoir de lire une lettre que je ne lui ai, en fait, pas envoyée) car il a exaucé mon vœu. Bon, j’avais oublié de lui demander de ne pas enlever Diablo, tant pis pour moi, j’avais qu’à être exhaustif. Alors, si mon vœu est exaucé, je suis heureux avec X-Men 3 ? Pas loin.





Comptez vous-même le nombre de mutants ajoutés à l’histoire
(allez, je le fais pour vous : Angel, le Fauve, Callisto, le Fléau, Kitty Pride et Colossus à part entière, et d’autres en second plan). Sans compter bien sûr la dizaine de rescapés des films précédents. Comment voulez-vous faire une histoire qui leur donne une place à tous ? Impossible, et le film ne fait que confirmer cela. Ce n’est pas obligatoirement un défaut, mais si vous trouviez les personnages survolés dans les deux autres films, c’est encore pire ici. Pareil pour l’histoire : le Phœnix Noir, le vaccin contre les mutations, la politique envers les mutants, plus l’affrontement X-Men/Confrérie des mauvais mutants, ça fait beaucoup. Et en fait, quand on sort de la salle, on s’aperçoit que tout a été survolé et superficiel. Le vaccin était pourtant un sujet permettant une réflexion sur la différence : que ferions-nous si nous pouvions supprimer nos différences et être acceptés ? Réfléchissez bien, ça marche pour tout le monde, à différents niveaux. Renoncer à notre particularité (en tant qu’individu, et donc unique au monde – comme tout le monde), en gommant notre personnalité, pour se sentir plus accepté. Une bonne question, non ? Que le film pose, mais à laquelle il oublie presque totalement de répondre.
La saga du Phœnix (puis du Phœnix Noir) a monopolisé un bon nombre de planches dans le comics. Même si l’histoire n’est pas vraiment reprise (notamment l’origine de Phœnix), le film part sur les mêmes bases… pour laisser le personnage dans un coin de l’image tout le long du film, et le ressortir à la fin, pour régler l’histoire d’une façon aussi éculée que décevante. En clair, il n’arrive pas grand chose à Jean Grey, et elle ne fait pas grand chose (à part une scène d’action assez choc). Malheureusement, c’est un peu le cas de tous les mutants. À l’exception du Fauve dont le personnage est aussi délectable que dans la BD, les autres restent pareils à eux-mêmes, quand ils ne sont pas réduits au rang d’apparitions. Si Wolverine et Tornade se taillent une fois de plus le rôle principal, leur rôle n’apporte pas grand chose à leur personnage. Wolverine se pose les mêmes questions que d’habitude, et Tornade n’est toujours pas l’enfant de la nature, protectrice de la vie, qu’elle est dans les comics. Les rôles de Magneto et Xavier sont toujours importants, mais se détachent moins dans l’histoire que pour les précédents films. Un peu de Pyro et Iceberg (une querelle de collégiens, finalement), de Callisto dont seules les capacités sont utiles. Un petit tour pour Kitty, Colossus, le Fléau, Multiple man, et puis c’est tout. Et ne parlons pas des rôles anémiques de Cyclope, Malicia, Mystique, et même le nouvel arrivant Angel, qui n’a que deux scènes (on le voit plus sur les affiches que dans le film, bientôt). On relève aussi au générique des noms de mutants qu’on n’a pas pu repérer, comme Psylocke, Syrin, Jubilee, Omega Rouge. Il y a des gens qui doivent être contents de maintenant pouvoir mettre ça sur leur CV, mais pour le spectateur, c’est une autre histoire.





Mais au fait, voilà deux paragraphes que je dénigre le film, alors que j’ai dit que j’étais pas loin d’en être heureux.
Ben oui. Parce que si indéniablement le scénario a un peu oublié ses histoires et ses personnages, il n’en a pas oublié le plaisir du spectateur. Je parle du spectateur comme moi, qui battrait des mains quand il voit un super-héros à l’écran s’il ne se retenait pas (et alors, imaginez une vingtaine de mutants !). Voilà, si vous voulez du spectacle avec plein de gens bigarrés et des super pouvoirs, ce film est pour vous. D’autant que l’esprit et certains détails du comics se retrouvent bien à l’écran, ça fait plaisir. Les scènes s’enchaînent à toute allure (même parfois un peu abruptement, avec tout ce qu’il y a à raconter), une bonne réplique par-ci, un super pouvoir cool par-là (avec effet spécial à la hauteur), et des scènes d’action extrêmement tendues, notamment la scène de la maison (oui, ça a l’air anodin, " scène de la maison ", mais je vous assure que vous saurez tout de suite de quoi je parle quand vous l’aurez vue), et le combat final. En plus, dans le nombre de mutants, le scénario a décidé de faire un peu de ménage, et tous ne reprendront pas du service dans un hypothétique quatrième film (va même falloir qu’ils embauchent tout plein). Je dis ça, je dis rien, mais ça ajoute parfois la petite touche d’émotion nécessaire (et ça va sans doute faire hurler à la mort quelques fans, entre autres). Au final, le film passe en deux secondes sans temps mort, et reste à peu près jubilatoire du début à la fin. Moins de profondeur que les deux premiers, un peu moins de talent, mais un spectacle flamboyant.

A voir : pour le spectacle, pour les super-héros
Le score presque objectif : 8/10
Mon conseil perso (de -3 à +3) : +3, si vous êtes fan de gens habillés rigolo avec des super-pouvoirs

Sébastien Keromen