The Host

Gwoemul
Sortie: 22/11/2006
Pays: Corée Sud
Genre: Fantastique
Durée: 119 Min
 
Réalisateur(s)
Joon-ho Bong
Acteurs
Kang-ho Song
Bae Doona
Hae-il Park

The Host

par: Fabrice Navarro


Seoul, de nos jours un mystérieux monstre né de la pollution attaque la ville. Voici donc venu le Godzilla sauce Coréene de Joon-ho Bong qui s'était illustré auparavant avec son Memories of Murder. Et cette fois c'est à cause des USA et non pas de la France qu'arrive une telle créature.

Plantons le décor de suite, c'est en allant voir le trés divertissant Devil Wears Prada que je suis tombé sur cette bande annonce mélant admirablement une mélancolique ritournelle au piano à des scènes de panique urbaine et accessoirement quelques mamours d'un gros lézard furtif un peu bourrin. Woah, scotché, guénial !! J'adore, cela me rappelle trop l'ambiance, le design de l'excellentissime Battle Royale qui mélait déjà airs de classique et scènes ultra violentes créant ainsi une atmosphère unique. C'est décidé je vais le voir et puis cela me permettra de découvrir le cinéma Coréen  trés tendance depuis quelque temps.

Le grand-père, le père aux cheveux jaunes, le frère.




Le seul problème c'est que l'enthousiasme que provoquait la bande annonce s'essoufle trés/trop rapidement, mais on y reviendra plus tard.

Un démarrage à 100 à l'heure.
Apres un début plutôt classique mais efficace qui fait bien monter la tension : la source de pollution en 1999 à cause d'un vilain scientifique américain (et paf les américains) qui ne sait pas trop ce qu'écologie veut dire, puis en 2002 deux pêcheurs qui tombent sur notre lézard tout bébé jusqu'en 2004 et cette  trés belle scène d'ouverture sous la pluie où l'on devine que notre Godzilla coréen a atteint sa taille d'adulte. L'histoire est mise en place, parfait, on est paré on attend que la bestiole sorte de son trou et commence son carnage.

Et l'on est vite gaté car la bêbête ne décide pas d'attendre la nuit pour attaquer, non, elle sort de sa cachette en plein jour sous les yeux ébahis des habitants du coin venus se reposer dans le parc public jouxtant la riviere Han où dort notre hôte. Cela donne lieu à une première approche trés amusante et originale, car le premier réflexe des gens est de lui jetter à manger (biere, poulpe séché, etc...) comme on donne du pain rassi à de canards ! Excellent quand on y repense. Bon le seul problème c'est que Godzilla, il est plutôt branché viande humain et trés vite cela tourne à un réjouissant pique-nique géant en plein jour et totalement décalé. Rahh, là le film tient la route c'est excellent. On a même droit à une parodie de patriotisme sauce américaine où un GI américain en permission tente d'attaquer la bête pour sauver d'autres gens quitte à y sacrifier un bras (rah incorrigible, ces américains sauveurs du monde). Et pour le suspens Godzilla emporte Hyun-seo, la fille du héros un peu lent d'esprit.

Hou ouh... Godzilla où est tu ?




Ensuit cela se gâte.
A partir du moment où le périmètre va être bouclé par l'armée coréenne le film va s'enliser à cause de plusieurs longueurs et d'un certain manque de crédibilité. On a d'abord droit à une scène pathétique dans le gymnasme où les 4 membres de la famille Park gigotent et pleurent devant le portrait de leur fille/nièce mangée par le monstre, trés pénible ou trop coréen ? Bref cela permet de faire les présentations : il y a le grand pere qui tient un snack dans le parc public où Godzilla a sévi, son fils un peu attardé, Gang-du, père de la petite Hyun-seo, puis la soeur championne de tir à l'arc (mais un peu lente) et le frère alcoolique diplômé mais au chômage.

Ensuite le film alterne plusieurs genres : notre famille est confinée à l'hôpital car elle a été en contact avec la bête et est donc susceptible de porter le prétendu virus qui a tué le courageux GI Américain dixit les autorités américaines qui accuse la Corée de mal gérer la crise (HN51, cela vous dit quelque chose ?) . Ensuite premier rebondissement qui réveille le spectateur commençant à s'endormir : la petite fille n'est pas morte, elle contacte son père sur son portable. De là va commencer la quête pour la retrouver à condition de pouvoir toutefois sortir ce cet hôpital. Car personne ne croit le père un peu bêbete il est vrai, mais moins que la police coréenne. Apres une évasion limite digne de la 7eme compagnie mais version coréenne, commence de longues phases de recherche dans les égouts pas trés palpitante qui amenera son lot de drames jusqu'à l'affrontement final. Notons que pendant ce  temps on aperçoit trés peu le monstre, et c'est un peu ennuyeux tout cela.

"Partez, je m'en occupe"




Un manque de crédibilité et de charisme.
Lié au fait qu'une fois la zone mise en quarantaine, les militaires ne traquent jamais la bestiole, laissant la famille s'y atteler en toute clandestinité avec les moyens du bord. Donc de gros moyens pati patata sont mis en place mais pas l'ombre d'une chasse à la bête, un peu étrange comme armée, mais nous ne sommes pas dans un film américain où l'envoie la bombe atomique pour atomiser l'adversaire. Ensuite, notre héroine reste des plombes sans se nourrir dans un égout humide sans trop en souffrir. Et que dire des autres membres de la famille qui se prennent de ses gamelles monumentales mais en sortent indemmes sans la moindre fracture, alors que le béton c'est plutôt dur.

Ensuite certes cette petite famille Park est bien symphatique mais on a du mal à vraiment s'attacher à eux, la réflexion est la même avec le monstre bien que trés réussi, qui ne fait pas peur avec son côté un peu lourdaud, bien loin de la répulsion et l'effroi que peut causer  la créature d'Alien.

Un final Irak-like qui achève le tout.
Le voilà notre parallèle avec l'intervention des américains en Irak. Là bas ils étaient persuadés de l'existence d'armes de destruction massive pour aller attaquer le pays. Ici ils prétendent qu'il y a un terrible virus et une crise mal gérée par  les Coréens pour intervenir afin de tester en conditions réelles un redoutable produit qui anéanti tout forme de vie bactériologique à des kilomètres à la ronde créeant des mouvements de foule de protestation. Bien sûr il y autant de virus que d'armes en Irak, mais c'est pas grave ils ont sacrifié leur GI pour faire croire au virus. Et pan dans les dents des américains, qu'est ce qu'ils dégustent alors...

Bien finalement ils le testent leur terrible produit, et franchement on se demande pourquoi en avoir fait un tel plat au vu de son impact dans le film, dommage c'est raté... ou alors notre famille de warriors est sacrément balaise... Mais je vous laisse juge d'aller voir le film, je ne veux pas trop en dévoiler sachant toutefois que nous ne sommes pas dans un film américain, rien qu'au final on peut le deviner...


Promenons nous tant que le loup n'y est pas...




Une musique terriblement...
à côté de la plaque, oublié la jolie mélodie mélancolique de la bande annonce, ici la plupart des scènes d'action (en particulier la finale)  ou de drame sont affublées d'une partition lourde et qui en fait trop, voire qui sonne faux. Bref, de mon point de vue, ce fût limite un calvaire audio. Côté photographie image, c'est bien léché, il pleut souvent créant ainsi une ambiance de tristesse et de désolation dans cette ville. Les effets spéciaux sont excellents, Godzilla se déplace de façon trés réaliste et originale. Pour les âmes sensibles, rassurez vous il n'y a aucune scène vraiment gore. Les décors minimalistes renforçent encore plus la solitude de cette famille dans sa quête.

Pour conclure, une bande annonce efficace qui laissait augurer un trés bon film mais qui au final prend une direction toute autre qui pourra trés bien plaire à une catégorie de gens mais en laissera beaucoup d'autres sur leur faim. Je ne sais pas si le côté grottesque voire pathétique de la famille Park était censé faire rire et si les drames qu'ils subissent censer faire pleurer mais au cours du film on ressent aucune de ses deux envies, si ce n'est par moments la détresse d'un père à la recherche de sa fille. Restent un trés bon début de film, quelques bonnes scènes malgré tout et une attaque subtile mais en régle des USA. Un signe qui ne trompe que trés rarement  : la presse encense ce film, et ce n'est jamais bon signe quand une oeuvre rencontre une telle adhésion avant même sa sortie.


Véritable carton en Corée, le film va faire l'objet d'un remake Américain (décidement, ils ne peuvent rien garder en version originale...). Qui seront donc les méchants pollueurs ce coup ci ? J'ai du mal à croire que ce soit encore eux...

A cette petite partie de jeu au "Chat et à la Souris" avec Godzilla



A voir : pour les amateurs de cinéma Coréen, les autres risquent la déception en particulier les gens qui s'attendent à une chasse au monstre bourrée d'action et flippante (comme peut le laisser croire la bande annonce)
Le score presque objectif : 6,5/10
Mon conseil perso (de -3 à +3) : -1, dommage qu'il y ait tant de longueurs et une bestiole mal exploitée.