Pour ou contre: Pirates des Caraïbes, jusqu'au bout du monde
Pirates of the Caribbean: At World's End


Sortie: 23/05/2007
Pays: Etats-Unis
Genre: Aventures
Durée: 2h48 Min
 
Réalisateur(s)
Gore Verbinski
Acteurs
Geoffrey Rush
Orlando Bloom
Keira Knightley
Johnny Depp
Chow Yun-Fat
Critique de Arnaud Weil-Lancry
Pirates des Caraïbes, jusqu’au bout du monde, marque la fin d’une des trilogies les plus rentables de la décennie… Enfin, serait-on tenté de dire…

L’histoire
A présent, le Hollandais et son capitaine Davy Jones servent désormais Lord Beckett Cutler et la compagnie des Indes Orientales. Will Turner, Elizabeth Swann et Barbossa décident donc de rassembler les Neuf Seigneurs de la Cour des Frères, ils doivent pour cela retrouver Jack Sparrow, perdu aux confins du monde…




Pour, par Sébastien Keromen


N’ayant que moyennement aimé le premier (aux personnages sans aucun intérêt à part Jack Sparrow et Barbossa) et pas du tout le deuxième (au scénario écrit avec un flipper), je n’attendais pas grand chose du troisième. Quelle ne fut donc pas ma surprise de passer un bon et long moment en compagnie de ces pirates. Bien sûr, le film n’est pas exempt de défauts, mais il cumule cette fois de vraies qualités, et pas toujours celles qu’on attendait. Car notamment Johnny Depp est en petite forme, et s’il nous gratifie toujours de répliques irrésistibles, il reste un peu plus sobre et sombre que dans les autres épisodes. Et c’est Geoffrey Rush en Barbossa qui s’engouffre dans la brèche pour un rôle effréné et incontournable (quelle bonne idée, vraiment, de l’avoir ramené). Les autres acteurs sont toujours aussi fades ou cliché, mais finalement on passe moins de temps avec eux, ou il leur arrive des trucs un peu plus intéressants, ou une fois que la sauce a pris c’est moins gênant, je sais pas, mais les scènes sans Jack ou Barbossa m’ont semblé moins rébarbatives que dans les deux précédents.
Le film dure 2h45. Y a-t-il bien 2h45 d’histoire dedans ? Oui. Y avait-il besoin de 2h45 d’histoire dedans ? Non. On se perd assez vite dans tous les rebondissements et trahisons en tous genres, et on préfère attendre que tout se dénoue. Alors lui il vient de trahir, mais il venait pas de trahir les autres il y a une demi-heure ? Ou alors peut-être il fait semblant ? Ou il avait fait semblant avec les autres ? Bref, on attend de voir qui survit à la fin pour savoir qui sont effectivement les gentils et les méchants, c’est plus simple. Et on peut apprécier le spectacle, qui, pour employer honteusement un cliché, en met plein les mirettes. Si elle nous laisse le temps de souffler, l’action est bien présente, avec des combats à l’épée ou navals certes pas inoubliables mais tout à fait honnêtes. Un bon point pour les décors, tous superbes et pleins d’ambiance, avec notamment des décors de Singapour qui semblent sortis de l’attraction de Disneyland (oui, vous vous rappelez, quand c’était juste une attraction, Pirates des Caraïbes ?). La musique est par contre en retrait, et on regrettera que le fameux (maintenant) thème d’action du film ne retentisse que pendant le générique de fin.





Petit plus du film : un ton parfois assez noir, mélancolique, nostalgique, de gravité en évoquant les traditions, les conditions de vie des pirates (voir les 9 pièces de huit), les amours impossibles, le combat pour la liberté de vivre sa vie comme on l’entend. Rien qui ne détourne foncièrement le film de son rôle de divertissement, mais un ensemble de bonnes idées scénaristiques qui lui donnent du corps et un peu d’âme. Et qui permettent de varier un peu le ton et le rythme. Pour finir, laissez-moi vous renouveler mon étonnement d’avoir bien aimé le film, plus que les deux autres. Alors, comme pour toutes les suites (et encore plus les suites de suites), mon conseil final se déclinera selon votre filmographie : si vous n’avez pas vu le 2, pas la peine de commencer par le 3, qui nécessite de bien comprendre tout ce qui s’y passait. Voyez d’abord le 2 et lisez la phrase qui suit. Si vous avez vu le 2 et l’avez aimé, pas la peine de vous conseiller d’aller voir le 3, vous y êtes sans doute déjà allé. Mais si, comme moi, le 2 a été une purge, tentez le 3 qui pourrait vous consoler un peu d’avoir dû avaler le 2. Et j’ai utilisé mon quota de " 2 " et " 3 " pour mes critiques pour 3 mois. Zut, j’avais dit que j’avais plus de 3. Zut, encore une fois.

A voir : si vous avez vu le 2
Le score presque objectif : 7,5/10
Mon conseil perso (de -3 à +3) : +2, aussi étonnant que ce soit et aussi étonné que je sois





Contre, par Arnaud Weil-Lancry


Et de trois !
Ne jouons pas la fine bouche, ce troisième épisode est meilleur que le second, et de loin. Rien que pour cela, on pourrait consentir à contribuer au succès mal mérité de la trilogie de Walt Disney. Contrairement aux attentes, Gore Verbinski est parvenu à redonner un sérieux coup de fouet à une série archi pécuniaire, pleine aux as et franchement en manque d’identité. Ce n’est pas encore du cinéma classieux, mais au moins ça dépote, ça amuse et ça distrait. Mais franchement, le plus strict minimum. Allergiques aux blockbusters et autres partitions musicales tonitruantes, passez votre chemin…




La p’tite histoire de Pirates de Caraïbes…
Et bien, on ne va pas vous la refaire, car tout le monde la connaît ! Nous retrouvons donc le Capitaine Jack Sparrow, la ravissante Elizabeth Swann et le minet Will Turner dans un épisode haut en couleurs où il se passe tellement de chose qu’on souhaite purement et simplement éviscérer le scénariste et l’équipe responsable des effets spéciaux. On en prend plein les oreilles, plein les mirettes et plein la tronche… Pendant 2h48. Deux heures quarante huit d’aventures pas piquées des vers, de retournements de situations abracadabrants et de trahisons en veux tu en voilà !
Mais heureusement, heureusement les scénaristes Ted Elliot et Terry Rossi ont eu la géniale idée de réintégrer à l’histoire notre bien-aimé Geoffrey Rush sous les traits du génial Barbossa. Et on peut vous l’avouer franchement, sans le divin acteur de Shine, on s’emmerderait comme des souris en cage. Fidèle à son habitude de galopin invétéré, l’acteur australien distille un peu partout son charisme hallucinant. C’était vraiment le minimum qu’on pouvait attendre pour contrebalancer la fadeur sans égal de Orlando Bloom et de Keira Knightley. Mieux vaut ressortir un bon vieux Jean-Claude Van Damme que se farcir les prestations de ces deux acteurs, qui, par leur seule présence, parviennent à anéantir tous les efforts des autres acteurs en présence.

Johnny Depp, lui, continue son jeu de garnement à la traîne et atteint des sommets de lourdeur rare… et Chow Yun-Fat, malgré sa présence à l’affiche, ne contribue que très peu au développement de l’intrigue. L’intrigue, parlons-en ! Des retournements à en avoir la jaunisse, des délires scénaristique complètement absurdes, des évènements dont on n’en finit plus de chercher les tenants et les aboutissements… Quel dommage… Alors que dans sa première demi-heure, Pirates des Caraïbes, jusqu’au bout du monde paraissait partir dans une direction très alléchante à mi chemin entre délire onirique et comédie aventurière décalée, la suite des évènements s’affale complètement pour demeurer dans le sillon du second opus : un film aux innombrables évènements improbables, shooté jusqu’à l’apoplexie par ses effets spéciaux et finalement bien trop long d’une heure. Si vous y rajoutez un duo d’acteurs principaux très peu crédibles, vous obtenez un film très divertissant, soit, mais tellement dispensable…

Verdict : 6/10

7/10 pour le premier opus, 5/10 pour le second, et 6/10 pour le troisième… Un film pas si mal fichu, mais plombé par tellement de défauts…
Site : Pirates des Caraïbes, jusqu’au bout du monde