The Shadow's Edge
Bu Feng Zhui Ying
Sortie:
29/11/2025
Pays:
Chine
Genre:
Durée:
142 Min
Réalisateur(s):
Acteurs:

The Shadow's Edge

Verdict: Excellent

par: Emmanuel Galais



Un mystérieux mafieux et ses 7 fils adoptifs manipulent et ridiculisent la police en piratant le système de surveillance ultramoderne de la ville, dans le but de récupérer une fortune en crypto-monnaie. La police devenue impuissante doit faire appel à un ancien expert qui va s’associer avec une jeune policière à laquelle il est lié par un secret qu’elle ignore. Une partie d’échec commence alors, où les cerveaux et la loyauté seront mis à l’épreuve.


Qu’est devenu le cinéma d’action Hong-Kongais qui rayonnait tellement dans les années 90 ? Et bien, peut-être, s’est il fait moins présent sur nos écrans français, mais force est de constater que la nouvelle génération est bien décidée à lui faire reprendre ses lauriers et son rayonnement à travers le monde. Et pour cela rien de mieux que de faire sortir de sa retraite Jackie Chan (Rush Hour) et  de le confronter à Tony Lung Kai Fa ( A Touch of Evil), respectivement 71 et 67 ans au compteur et de les faire s’affronter dans un film d’action, assez classique, il faut bien le dire, mais dont la virtuosité de la mise en scène et les idées malines pour venir brouiller les pistes, viennent tenir le haut du pavé de ce que nous avions pu voir ces derniers temps de l’autre côté de l’atlantique. 


Car c’est surtout ce qui est intéressant dans « The Shadow’s Edge » ! Loin de vouloir révolutionner le genre, le scénario assume le fait de recourir à des ficelles parfois un peu grosses, pour mieux nous emmener dans un film qui va accumuler les tours de force, même si cela peut parfois laisser le spectateur dubitatif sur sa crédibilité. Les Américains le font avec beaucoup plus de gras, mais ici, Larry Yang (Mountain Cry) semble s’amuser de tout et en même temps garder un certain cap qui est le divertissement pur. Il va alors choisir de pousser le curseur de son personnage de « Shadow » au maximum. Et Tony Lung Kai Fa va l’aider en cela avec une prestation à la fois inquiétante qui va autant utiliser ses capacités physiques que son regard, sa présence et surtout cette voix et ce râle particulier qu’il fait lorsqu’il se fait menaçant. Le réalisateur met alors face à lui, un Jackie Chan, plus posé, qui su mettre de côté son jeu burlesque pour incarner un personnage plus sage, capable de perdre pour mieux se relever. Les deux acteurs semblent prêts à transmettre le flambeau à la jeune génération venue en masse avec des acteurs comme, entre autres, Zifeng Zhang (My People, My Country) qui partage le haut de l’affiche avec les deux vétérans.


Autre excellente surprise de « The Shadow’s Edge » c’est, bien sûr, la mise en scène inventive de Larry Yang, qui n’hésite pas utiliser les nouvelles technologies pour la rendre encore plus spectaculaire. Ici, l’IA et la surveillance par Caméra est au cœur de l’intrigue, mais le réalisateur sait que cela ne suffira par à rendre l’ensemble spectaculaire. Alors il y a ces scènes avec des écrans partout, qui se multiplient sans cesse, comme lorsque l’on est dans le QG de la police et cela permet de mettre en place des filatures, qui avec l’aide de l’IA, peuvent permettre de, vite, repérer les cibles. Larry Yang va également s’inspirer des chorégraphies des films des années 90 qui ont tellement fait briller le cinéma d’action Hong-Kongais, et leur donner un coup de boost incroyable. Il suffit de voir la scène d’ouverture pour s’en convaincre, car les protagonistes, glissent, courent, se changent et se mêlent dans la masse avec une rapidité désarmante et chaque poursuite avec la police devient alors un moment de pure action et de pur génie dans la manière de les chorégraphier. Les deux vétérans continuent de rivaliser de virtuosité dans leur art et la relève est bien décidée à ne pas rester à la traine.


« The Shadow’s Edge » de Larry Yang est un fil d’action Hong-Kongais (Enorme succès en Chine) qui ne vient pas renouveler le genre et s’amuse même de ne pas être toujours crédible, mais la virtuosité de ses acteurs, l’opposition constructive entre les deux générations d’acteurs et la mise en scène solide associée à un scénario qui mêle les dernières technologies avec le regard et l’importance de l’humain dans ces enquêtes à haut risque font de ce film une nouvelle pépite venue de Hong-Kong, qui vient pousser les curseurs pour plus de plaisir.