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Caméscope SONY HDR-SR1 : la HD nouvelle génération


La révolution Haute Définition touche tous les domaines de l’image et permettra un renouveau du caméscope. Démonstration avec le SONY HDR-SR1, un concentré de technologie du constructeur nippon qui apporte la HD avec son nouveau format numérique en AVCHD et son en 5.1. Revue de détail par ici…



Test par Jean-Luc Richter



Présentation du HDR-SR1

Le SONY HDR-SR1 est un caméscope haute définition de paume qui pèse environ 600g sans sa batterie et mesure environ 17 cm de long (selon la batterie installée). Il dispose de peu de boutons puisque l’essentiel des réglages se fait sur le grand écran tactile de 3,5 pouces au format 16/9ème. À l’arrière de l’appareil, on retrouve une molette de mise en route et un bouton de démarrage/arrêt de l’enregistrement qui vient naturellement sous le pouce droit. L’index ira facilement se poser sur le bouton de zoom qui est assez rapide et nécessitera une petite prise en main pour parvenir à un déplacement lent et fluide.

Sur la l’avant gauche on trouve un bouton contre-jour (très pratique) et un bouton d’activation de la grande molette qui entoure l’objectif. Cette molette est assignée par défaut sur la mise au point, mais il est possible de changer les réglages pour lui donner la possibilité de régler la luminosité manuellement. De l’autre côté de l’objectif, on trouve un bouton pour activer ou désactiver le flash photo. Enfin, un dernier bouton se trouve dans le cache-écran et permet d’activer ou de désactiver les informations superposées sur l’image. Pour cadrer, on peut se servir de l’écran couleur de l’écran ou encore de l’œilleton qui propose également un écran couleur 16/9ème, ce qui est d’ailleurs assez déroutant la première fois que l’on s’en sert !

Niveau prises, le HDR-SR1 propose tout ce qu’il faut, avec une prise HDMI, une sortie composite YUV, une sortie analogique Cinch + stéréo, une prise USB 2 (pas de prise DV puisque tout se fait avec la prise USB), une entrée micro, une sortie casque, une prise LanC et une prise d’alimentation.



HVCHD vs HDV : fight !

Deux grands formats s’opposent actuellement dans le domaine naissant des caméscopes haute définition : le HDV (High Definition Video) et le AVCHD (Advanced Video Codec High Definition). Il est important de comprendre les différences entre ces deux formats :

HDV : C’est un format vidéo dérivé du classique format DV déjà présent dans les caméscopes numériques depuis plusieurs années et a été finalisé en 2003. Le stockage de la vidéo se fait sur des bandes magnétiques miniDV, d’une capacité moyenne d’une heure et la compression se fait dans un codec dérivé du MPEG-2 de nos DVD (le profile MP@H-14 pour être précis). Le débit vidéo (après compression) est d’environ 25 Mbit par seconde et le son est compressé dans un format similaire au Dolby Digital stéréo 2.0 (16 bits – 48 kHz).

AVCHD : Ce ‘standard’ a été mis au point très récemment par SONY et Panasonic, mais d’autres acteurs (dont Canon) s’y sont ralliés cette année. On part cette fois sur le format MPEG-4 dans sa version H.264, déjà utilisé comme standard pour le HD-DVD et le Blu-ray. Le rapport qualité/taille de fichier est beaucoup plus intéressant qu’en MPEG-2 et le son peut être encodé en 5.1 (format AC-3), voire même en 7.1. Le stockage ne se fait plus sur bandes, mais sur cartes-mémoires ou sur disque dur.

C’est ce dernier format qu’a choisi SONY avec son HDR-SR1, en utilisant un stockage sur disque dur de 30 Go et en enregistrant le son en 5.1. Mais le constructeur propose aussi des caméscopes utilisant le format HDV dans sa gamme 2007. De toute façon, les deux formats stockent les fichiers en résolution 1440 x 1080 avec une remise à l’échelle en 1920 x 1080 lors de la diffusion sur un écran Full HD.







Modernité et pérennité


Avec son nouveau format vidéo haute définition, l’intégration d’un disque dur, un grand écran, ce HDR-SR1 est véritablement à la pointe de la technologie en matière de caméscope. On a coutume de dire que la HD va faire redécoller le marché pour ce type de machines et SONY est bien décidé à occuper le terrain sur le haut de gamme grand public. Pour cela, l’appareil dispose aussi d’extensions tournées vers l’avenir comme son socle ‘intelligent’ qui permettra de brancher des flashs et des micros supplémentaires que la marque offre dans son catalogue. L’entrée micro, dont le volume est modulable, permettra aussi de passer à une qualité supérieure, même si on se demande quel micro en 5.1 on va bien pouvoir brancher dessus !

Mais SONY sait aussi parier sur des valeurs sûres et c’est avec grand plaisir que nous avons découvert que cet appareil utilise les batteries InfoLithium ‘M’ de 7,2 V qui sont un standard de la marque depuis plusieurs années. Disposant d’un caméscope SONY digital 8, il nous a été possible de reprendre une ‘vieille’ batterie de 17 Wh (ref NP-FM70) et d’atteindre ainsi une autonomie de plus de quatre heures ! Et ce, avec une utilisation intensive mélangeant prise de vue, visualisation des vidéos sur l’écran et transfert des rushs sur PC par la prise USB !



Prise en main



Pas trop lourd, mais pas trop léger non plus, ce caméscope de prend bien en main. Bien qu’il dispose d’un système anti tremblement, il sera préférable d’ouvrir l’écran et de le tenir à deux mains pour avoir des images bien stables en l’absence d’un pied. De toute façon, comme la majorité des réglages se fait sur l’écran, il est naturel d’utiliser celui-ci comme viseur. Il est assez lumineux pour être visible à l’extérieur, mais en plein soleil il sera quand même difficile d’évaluer correctement la netteté ou l’exposition.

La navigation dans les menus de l’écran est assez facile et si les fonctions sont souvent abrégées et difficiles à comprendre en français, une ligne d’aide les accompagne toujours en bas de l’écran et permets de se lancer dans la prise de vue sans forcément lire la documentation. La touche ‘Backlight’ permet de facilement corriger une sous-exposition due à un contre-jour, mais elle n’est pas toujours facilement accessible avec l’écran grand ouvert. Il faudra prendre le coup de main pour l’activer sans faire trembler l’image.

Pour le tournage on apprécie aussi la possibilité d’afficher un quadrillage à l’écran (qui ne sera pas enregistré avec le film) car cela permet de bien garder l’horizontale et de cadrer plus facilement la scène. De la même façon il sera possible d’activer une aide à l’exposition qui met en évidence les zones sur et sous-exposées de l’image. Ce sera surtout pratique en cas de contrôle manuel de l’exposition.

Niveau mise au point, un élément crucial en haute définition où la profondeur de champ est très importante, le HDR-SR1 s’en tire assez bien en haute lumière, mais a plus de difficulté dans la pénombre, surtout lorsque le contraste est important. Il arrive qu’il se mette à ‘pomper’ lorsque le zoom est à mi-chemin et que l’arrière plan est plus clair que le sujet. Lors d’un balayage d’un arbre fruitier en fleur, on constate que la mise au point est assez lente d’une branche de premier plan vers une branche d’arrière-plan. Tout cela fait qu’on aura tendance à passer vers la mise au point manuelle dès que le sujet devient un peu difficile. Il faut alors utiliser la bague avant de l’appareil et bien contrôler la mise au point sur l’écran ou dans le viseur.






Réglages et fonctions


Ce caméscope propose tous les réglages que l’on peut souhaiter, avec la possibilité de basculer la plupart des fonctions en manuel grâce à la bague de contrôle ‘intelligente’ située à l’avant de l’appareil. En plus des contrôles classiques de mise au point, luminosité… on trouve aussi quelques ‘gadgets’, comme la possibilité d’ajouter des fondus, des effets ‘vieux films’…

Mais l’une des fonctions les plus amusantes est le mode ‘ralenti’ qui permet d’enregistrer 120 images en trois secondes et de les diffuser ensuite en douze secondes. Le constructeur annonce que cela permettra d’améliorer votre swing au golf. En fait, on pourra utiliser cela pour décomposer des mouvements dans bien des domaines. Il y a quand même quelques contraintes : l’image n’est pas en qualité maximale (on en est même très loin avec un manque criant de netteté), la mise au point est difficile et il faut beaucoup de lumière. Finalement, cela reste un joli gadget.

Plus utile, en revanche, a été le choix du disque dur pour l’enregistrement. Cela offre deux avantages certains : la navigation instantanée entre les films (et les photos) pour les revoir sur l’écran de contrôle et la facilité de transfert vers un PC. Quel plaisir de pouvoir tout de suite revoir une séquence pour vérifier la luminosité, la mise au point ou le cadrage, sans avoir à rembobiner de cassette ! C’est également très pratique lorsqu’on diffuse les rushs sur un grand écran puisqu’on pourra accéder facilement à tout le contenu du disque dur avec la télécommande fournie. Enfin, pour le transfert sur PC, il suffira de se brancher en USB2 pour que l’appareil soit reconnu de suite comme un disque dur externe, permettant ainsi d’accéder aux vidéos (enfin presque : voir plus bas).



Sony en a rêvé… réveil brutal avec l’édition sous Windows

Je sens tout de suite que je vais être assailli par les Linuxiens et les Maceux furieux : pourquoi sous Windows ! La réponse est simple et claque sur la boîte dans laquelle SONY livre son caméscope : les logiciels pour celui-ci ne sont disponibles que pour Windows. Et encore, uniquement Windows XP, bien qu’une mise à jour (que nous n’avons pas testé) est disponible sur le site Internet de l’éditeur et doit apporter une compatibilité avec Vista.

Livrés sur un unique CD-Rom, les logiciels qui accompagnent ce caméscope vont à l’essentiel. On a droit à un logiciel, nommé ‘HDD Handycam utility’ qui vous permettra d’exporter les vidéos (et photos) tournées sur le disque dur (en changeant leur extension), de récupérer uniquement les photos, de graver les vidéos sur un DVD au format AVCHD (pour lecture sur un lecteur Blu-ray ou une PlayStation 3) ou encore de créer un DVD à partir d’une liste de lecture. Les deux autres logiciels sont un lecteur de vidéos au format AVCHD (indispensable) et un navigateur de médias qui classe vos fichiers par dates avec un accès de type calendrier très pratique. Ce dernier permet aussi de modifier les points d’entrée et de sortie de vos rushs de tournage et ensuite d’en faire une liste de lecture qui tiendra lieu de montage (très) sommaire.








Et finalement, les tournages j’en fais quoi ?


On pourrait penser que les fortes limitations en matière de montage des logiciels fournis sont destinées à vous faire acheter des solutions supplémentaires. SONY étant l’éditeur de l’excellent logiciel de montage vidéo professionnel VEGAS, une complémentarité entre matériel et logiciel semblait évidente. Pourtant, au printemps 2007, alors que le HDR-SR1 est sorti depuis plus de six mois, VEGAS ne supporte toujours pas le format AVCHD, même si une mise à jour est promise par SONY. Du côté de la concurrence, ce n’est pas mieux, puisqu’aucun des ténors de la vidéo (Final Cut, iMovie, Première…), que ce soit sous Mac ou sous Windows, ne supporte le format. Même Final Cut 6, qui est sorti ce printemps 2007, ne fait aucune mention du AVCHD !
La seule solution possible actuellement est la conversion des vidéos AVCHD dans un autre format HD. Or, à notre connaissance, un seul logiciel pourra mener l’opération à bien actuellement : Canopus ProCoder (http://www.canopus.com/products/ProCoderSW/newfeatures.php) distribuée par quelques rares revendeurs en France à un prix d’environ 500$. C’est le seul logiciel (non testé ici) qui indique la conservation des pistes audio en 5.1. Sinon, il est également possible d’effectuer une conversion avec Tmpgenc Xpress 4 (http://tmpgenc.pegasys-inc.com/fr/product/te4xp.html), vendu moins de 100$. Mais dans ce cas le son est ramené à une bande stéréo. Dans tous les cas, il n’y a pas de solution simple pour exporter les montages vers le caméscope lui-même.

Pour la lecture des vidéos AVCHD on pourra utiliser le logiciel fourni avec le caméscope, mais si on souhaite distribuer ces vidéos, seul Cyberlink PowerDVD 7 Max (ou supérieur), vendu environ 40 €, permettra de les relire. La solution la plus simple, et sans doute celle vers laquelle SONY veut pousser le consommateur, sera donc de relire les films sur une console PlayStation 3 reliée à un téléviseur HD.

Notons quand même qu’il est également possible de visionner les rushs directement depuis le caméscope branché en HDMI ou en YUV sur un diffuseur haute définition. Mais il faut aussi un amplificateur avec prises HDMI pour pouvoir également profiter du son en 5.1. Sinon on pourra toujours se rabattre sur les sorties AV out du HDR-SR1 pour une image en basse définition et en stéréo.



Processeur puissant exigé

Le format AVCHD offre un bon compromis entre taille de fichiers et compression puisqu’une heure de film occupe environ 8 à 9 Go seulement en haute définition avec la qualité maximale. Malheureusement, il faut ensuite décompresser le flux H.264 et pour cela il faut un processeur puissant et de préférence à double cœur pour que l’en d’entre eux s’y consacre entièrement. Lors de nos essais sur un PC sous Windows XP avec 1 Go de RAM et un processeur Pentium 4 HT à 3 GHz et carte graphique ATI Radeon X800 GTO, la lecture des vidéos était parfois légèrement saccadée avec le logiciel livré par SONY. Sur une machine à Core 2 Duo il n’y a heureusement plus de problème, mais c’est un détail à prendre en compte lors de l’achat. D’autant que les vidéos au format HDV étaient lues sans problème sur les deux machines !






Qualité d’image


Branché, pour les besoins de ce test, sur un vidéoprojecteur ‘HD ready’ Sanyo Z4 en HDMI (avec sortie en stéréo sur un amplificateur), l’appareil délivre tout de même une image superbe avec de belles couleurs et des détails qui relèguent définitivement les ‘vieux’ caméscopes DV aux oubliettes de l’histoire !

Lorsque la lumière est abondante, la définition est précise et la compression n’est pratiquement pas visible, même quand on filme des feuillages denses. Par contre, dès que la lumière baisse on s’aperçoit que les arrières plans ont tendance à fourmiller légèrement. Mais cela reste léger et tout à fait acceptable pour un produit grand public. Par contre, il est hors de question de filmer en basse lumière (bougie ou clair de lune) car le capteur montre vite ses limites en semi-obscurité. SONY nous propose de compenser cela par le mode infrarouge, mais les images verdâtres qui en résultent ne sont vraiment pas belles à voir. On regrette d’ailleurs que le flash intégré ne puisse pas faire torche pour la vidéo, ce qui aurait été bien pratique pour filmer le soir.

Les différents modes de prises de vues (contre jour, crépuscule…) fonctionnent très bien et quelques essais nous ont permis d’obtenir de magnifiques images d’un coucher de soleil sur les Vosges. La touche contre-jour à l’avant de l’appareil est également très utile pour déboucher un visage en cours de prise de vue.



Conclusion

Avec ses belles images, le plus indéniable de la haute définition et le confort inimaginable qu’apporte l’utilisation du disque dur, ce SONY HDR-SR1 aurait pu être LE caméscope du moment. Malheureusement, le constructeur est trop en avance sur son temps. Le manque de logiciel, la difficulté de traitement du format, le manque de diffuseurs de salon en Europe et leur prix prohibitif limitent grandement l’exploitation que l’on pourra faire des images tournées. C’est bien beau d’offrir un superbe appareil qui est un concentré de technologie, mais il faut proposer l’écosystème complet qui gravite autour. La sortie récente de la PlayStation 3 en est l’un des éléments, mais son prix sera un frein puissant. Il devient urgent que SONY sorte une version de VEGAS qui gère le format AVCHD à un prix raisonnable pour ceux qui s’offriront le caméscope.

En attendant des solutions de montages et de sauvegarde faciles à diffuser, cet appareil restera réservé à ceux qui ne font pas de montage et se contentent de diffuser leurs rushs à la famille. Il faudra tout de même disposer d’un écran ou d’un autre type de diffuseur au moins HD Ready pour vraiment profiter du produit.

Synthèse

Les plus :

+ Prise en main facile
+ Grand écran tactile (attention aux traces de doigt quand même)
+ Disque dur confortable (4H en définition maximale)
+ Bonne connectique
+ Une très belle image
+ Compatibilité avec les batteries type M
+ La touche contre-jour



Les moins :

- Autofocus un peu lent et pas toujours précis
- La solution logiciel fournie est un peu maigre
- Le format AVCHD n’est pas assez standard et est gourmand en puissance processeur
- Édition des vidéos presque impossible
- Manque le lecteur compatible AVCHD en dehors des Blu-ray et de la PS 3
- Difficile de profiter du son en 5.1 sans amplificateur HDMI




Caractéristiques


SONY HDR-SR1

Prix public conseillé : 1700 € (on le trouve facilement autour de 1300 €)



Système audio : Dolby® Digital 5.1canaux
Capteur CMOS 1/3" ClearVid
Nombre de pixels bruts (K) : 2 103
SteadyShot (stabilisation d’image) : Super (électronique)
Vitesse d'obturation : 1/3 à 1/425
Balance des blancs : Auto / Extérieur / Intérieur / Réglage par poussoir
Programme AE : Portrait, Plage et ski, Paysage, Spot, Coucher de soleil et clair de lune

Dimensions
Profondeur (mm) : 165
Hauteur (mm) : 84
Largeur (mm) : 78
Poids sans cassette / batterie (g) : 640

Caractéristiques complètes sur le site Internet de SONY