Trois Ouvrages sur Sylvester Stallone chez Lettmotif


Noel approchant, l’éditeur Lettmotif nous propose de plonger dans l’univers de la star américaine : Sylvester Stallone, à travers trois livres : « Sylvester Stallone : Un héros de la classe ouvrière » de David Da Silva, « Directed by Sylvester Stallone » de Jean-Christophe HJ Martin et « Retour à Philadelphie : Promenade analytique et amoureuse avec Rocky et Stallone » de Quentin Victory Leydier.

Alors autant le dire tout de suite, les amateurs de vies de stars en seront pour leurs frais, car ces livres ne sont en aucun cas, des biographies mais plutôt des analyses ou des hommages à un acteur souvent conspué de notre côté de l’Atlantique, parce que jugé trop « Patriotique » et star de films d’action qui, de prime abord, ne transpirait pas la finesse d’esprit. Toutes les critiques de l’époque ont cru voir en Stallone, un véhicule de l’idéologie reaganienne, alors qu’en grattant un petit peu et en prenant du recul sur les œuvres majeures de la carrière de l’acteur, il est rapidement fait état d’une vérité toute autre.

Et c’est tout cela, que ces trois livres viennent nous démontrer à travers des analyses particulièrement bien menées. A commencer par « Sylvester Stallone : Héros de la classe Ouvrière » de David Da Silva. Ce Docteur en études cinématographiques et diplômé de l’Institut français de presse de Paris, n’en n’est pas à son premier coup d’essai, puisqu’il avait déjà publié des ouvrages tels que « Le Populisme américain au cinéma de D.W. Griffith à Clint Eastwood », « Trump et Hollywood » ou encore « Mel Gibson, le bon, la Brute et le Croyant ». Ici, il nous propose dans une version actualisée une réédition de l’une de ses plus belles réussites, à savoir une analyse de la carrière de l’acteur américain et notamment une remise en perspective de celui que la France à longtemps considéré comme un VRP de Luxe de l’Impérialisme américain, même si, de la même manière que Bruce Springsteen et son « Born in the USA », le discours, pour peu que l’on s’y arrêta un peu, s’avérait être beaucoup moins lisse qu’il n’y parait et se révélait, au contraire, une critique implacable du système américain. Scénariste, réalisateur et acteur, Stallone peint des personnages toujours issus de la classe Ouvrière qui doivent puiser au plus profond d’eux pour trouver un peu de lumière et surtout pour surmonter des obstacles qui ne cesse de lui barrer la route. 

C’est d’ailleurs tout le propos de « Retour à Philadelphie : Promenade analytique et amoureuse avec Rocky et Stallone », de Quentin Victory Leydier, professeur de Lettres Modernes. Dans cet ouvrage, l’auteur revient sur cette carrière faites de succès remarquables, mais souvent incompris d’un artiste qui n’aura de cesse de mettre en avant une classe souvent malmenée au cinéma Hollywoodien. Mais l’auteur, cette fois-ci, se concentre sur le personnage emblématique joué par Stallone : Rocky. Avec un regard tantôt amoureux, tantôt analytique que les Français regardent, toujours par facilité, comme une œuvre de sous genre, destinée aux masses laborieuses, alors que « Rocky » est avant tout une série, certes inégales sur la fin, mais avec un point de départ, initié par l’acteur lui-même, qui fait de ce personnage, un anti-héros par excellence, proche de ceux qui luttent inlassablement pour survivre dans une société qui n’est pas prompt à regarder en bas.


Enfin c’est à un tout autre voyage que nous invite Jean-Christophe HJ Martin dans sa nouvelle : « Directed by Sylvester Stallone ». Auteur atypique, organisateur de concerts, Président autoproclamé du fan club français de Jean Rochefort, il nous invite, dans son ouvrage, à partager le parcours amusant et tendre d’une bande de copains, musiciens fans de cinéma, qui vont se retrouver autour d’un projet dont Sylvester Stallone sera l’invité surprenant à travers son film méconnu : « La Taverne de l’enfer ». Un film dont Stallone est à la fois l’acteur et le réalisateur et qui, comme toute la carrière de l’artiste se révèle beaucoup plus subtil qu’il n’y parait.

Les éditions Lettmotif, nous prouvent une fois de plus, à quel point ils ont l’amour du cinéma ancré dans leurs gênes. Avec ces trois ouvrages les amateurs du 7ème art découvriront un artiste surprenant, à l’œuvre beaucoup moins balourde qu’elle n’y parait. Et même si l’artiste a fait des choix plus ou moins défendables, il n’empêche qu’il peut être à lui seul le porte-parole d’une classe ouvrière bien trop souvent oubliée y compris dans notre cinéma hexagonal.