Trois, sont déjà morts. Qui sera le quatrième ? Un adolescent extraordinaire, John Smith, fuit devant des ennemis prêts à tout pour le détruire. Changeant perpétuellement d’identité, ne restant jamais dans la même ville. Mais cette fois-ci, John va se découvrir des pouvoirs extraordinaires qui vont changer sa vie.
Ne cherchez pas une œuvre bouleversante d’originalité dans «Numéro Quatre», mais plutôt un film d’action efficace, où l’on suit le destin d’un jeune homme, originaire d’une planète lointaine : Lorien, dont l"ensemble des habitants furent massacrés par de terrifiants ennemis, qui se découvrent des pouvoirs extraordinaires. Ecrit par Jobie Hughes et James Frey (Surtout Jobie Hughes), le sujet s’adresse principalement à un public adolescent et s’en donne les moyens.
« Numéro quatre » nous invite surtout à suivre les traces d’un adolescent qui se doit de trouver sa place dans son parcours scolaire, devant ainsi faire face aux obligations de discrétion que suscite cette découverte, tout en vivant sa vie d’adolescent, avec tout ce que cela implique d'éveil à l'amour, de besoin d’affirmer sa place au sein de son lycée. Le scénario utilise tout ce qu’il faut pour attirer le jeune public dans les méandres des aventures de ce jeune homme pas comme les autres. Un acteur au physique d’athlète, une relation entre la fille la plus populaire du campus, deux adolescents qui s’opposent, un souffre-douleur, une héroïne ultra sexy et des évènements fantastiques, en l’occurrence ici : des extra-terrestres. En cela, le scénario est cohérent et parvient à nous garder en haleine. Même si les clés restent rigoureusement les mêmes, les différentes pistes sont posées avec minutie et la dynamique justement dosée.
En cela, la réalisation est efficace et le spectateur y trouve son compte. A grand renfort d’effets spéciaux,
DJ Caruso livre un film efficace a bien des niveaux avec tout ce que cela implique d’énergie et de rythme soutenu. Le réalisateur ne ménage pas ses efforts, utilise des effets d'image, notamment grâce à un système de mini caméra fixé sur une voiture, et ne s’embarrasse pas des détails pour ne pas alourdir son propos. De la même manière que lors des réalisations de
Michael Bay son producteur; DJ Caruso a compris que dans un film d’action comme «
Numéro quatre », la profondeur métaphysique des personnages n’est pas de première nécessité. Si les héros présentent chacun une blessure sentimentale, ils n’en demeurent pas moins des éléments d’un film où l’action et le rythme sont le principal leitmotive du spectateur. Et le public est servi, l’énergie ne baisse que très rarement et le tient en haleine en permanence.
Le travail du chef opérateur
Tom Southwell, qui signe là sa dixième collaboration avec le réalisateur, est visible à l’écran. Tourné au sein du
Lycée Franklin Regional High School de Murrysville en Pennsylvanie, Southwell donne une atmosphère particulière au film en jouant sur la lumière et notamment sur les effets spéciaux lumineux, particulièrement important dans le film. Même chose du côté des effets spéciaux, particulièrement
ILM (Industrial Light and Magic), la société créée par
Georges Lucas, en la personne de
Peter Chesney, qui créa
le Piken, un monstre particulièrement redoutable envoyé par les méchants Mogadoriens. Pour cela il n'hésitèrent pas à utiliser 24 marteaux de 45 kilos chacuns, qui s'abbattaient sur les casiers du lycée à l'aide d'une voiture de golf, pour simuler la présence de la bête. Un effet particulièrement efficace et réussit.
Côté distribution, on ne frôle pas les oscars, car si Alex Pettyfer (Alex Ryder: Stormbreaker) fait le maximum pour rendre son personnage touchant, (d’ailleurs il ne s’en sort pas si mal), particulièrement dans les scènes d'actions, dont sa préférée : celles des casiers. Le reste de la distribution ne brille pas par ses efforts, notamment
Jake Abel (Percy Jackson, le voleur de foudre) qui frôle de très prêts la frontière du mauvais jeu, et
Dianna Agron (Glee) qui ne nous offre que le minimum syndical. Le réalisateur s’en est tout de même satisfait et le montage qu’il en a fait permet de combler cette carrence.
En conclusion, « Numéro Quatre » n’est certes pas le chef d’œuvre absolu de l’année 2011, mais il a le mérite de répondre totalement à l’attente du spectateur, si ce n’est une distribution un peu laxiste, le montage du réalisateur sauve l’ensemble et le rythme tenu du début à la fin en font une œuvre parfaitement divertissante. On n’en demandait pas plus !