La belle et la bête

Catégorie
Cinéma
Genre
Pays
FRA
Date de sortie
26/05/2014
Réalisateur
Format
Blu-Ray
Boitier
Amaray
Producteurs
Richard Grandpierre
Scénaristes
Christophe Gans, Sandra Vo-Anh
Compositeur
Pierre Adenot
Critique cinéma
Edition
Standard
DureeFilm
112
Support
Critique de Guillaume Simon
L'histoire
1810. Après avoir tout perdu dans le naufrage de ses navires, un marchand se voit obligé de déménager à la campagne. En rentrant un jour chez lui il tombe sur un immense château semblant abandonné. Volant une rose pour sa plus jeune fille, il s'attire les foudres du maître des lieux, un prince sous le coup d'une terrible malédiction l'ayant transformé en bête, qui le condamne pour son larcin. Refusant de perdre son père, la jeune fille, Belle, prend sa place et est bientôt prisonnière du château à la merci de son hôte. Mais, plutôt que de vivre la terreur, Belle se retrouve dans un monde mystérieux, mélancolique, féerique et fantastique où elle tentera de percer les secrets de la bête et de lever la malédiction.

Critique subjective
Christophe Gans est un cinéaste rare. Chacun de ses films est ainsi un petit évènement dans le paysage cinématographique français. Il est plutôt peu fréquent, en effet, de voir un véritable film à grand spectacle hexagonale doté d'un gros budget dont ce dernier n'est pas grandement utilisé pour remplir les poches d'un Danny Boon ou d'une Catherine Frot. Quoi qu'on en dise, et il ne fait d'ailleurs clairement pas l'unanimité, Gans reste un vrai cinéphile, et ses films, tout imparfaits qu'ils sont, sont généreux et toujours enthousiasmants. S'il est de bon ton aujourd'hui de se moquer d'un Pacte des loups, c'est vite oublier qu'au moment de sa sortie (en 2001) il était la seule et unique proposition française en son genre. Un film imparfait, encore une fois, souffrant de défauts d'écriture et d'interprétation mais un vrai divertissement réussi qui plus est couronné d'un solide succès (un peu plus de cinq millions d'entrées). Des scènes de combat crédibles, des décors impressionnants, une direction artistique de qualité, du spectacle, du fantastique... tout ça dans un film français ? Gans a su prouver avec son Pacte que c'était bel et bien possible.
Pourtant, le système français étant ce qu'il est, l'essai ne fut jamais transformé. Les projets suivants de Gans, et de genre en général, ne se firent pas. Les chaînes de TV, en gourous absolus quand il s'agit de donner ou non son feu vert à un projet, n'ont jamais permis au genre de renaître en France. En lieu et place ? Des films bobos, des comédies pas drôles mettant en vedette les stars du stand-up du moment, des films entièrement à la gloire d'un acteur bankable adaptés au dimanche soir de TF1, des comédies/action beauf labellisées Europacorp...

C'est donc après un passage aux USA avec la très respectueuse adaptation de Silent Hill que Gans revient en France pour retenter de donner un gros coup de boost au blockbuster français. Huit années séparant les deux films témoignent de la difficulté du cinéaste à concrétiser ses projets. L'annonce de La belle et la bête fut donc une surprise tant on n'attendait pas l'ancien créateur de Starfix dans ce registre. Pourtant, plutôt mal accueillit (notamment par la presse non spécialisée) le film subit un douloureux échec en salle (moins de deux millions de spectateurs pour un budget de 45 millions d'euros). Un échec injuste en regard de l'intention et du résultat qui achève, sans doute, de jeter dans les limbes les derniers espoirs de voir l'émergence d'un vrai cinéma d'envergure en France avant longtemps.

Une nouvelle fois, les deux principaux défauts du film se situent au niveau de l'écriture et de l’interprétation. Si le scénario suit assez fidèlement le conte, il manque cruellement d'ampleur. Plus un film purement romantique qu'un grand spectacle au sens où on l'entend habituellement le métrage ne tient tout simplement pas toutes ses promesses. D'un trailer annonçant des géants de pierre finalement peu utilisés à la sous-intrigue sous exploitée impliquant une bande de brigands en voulant à la fortune du château on reste tout simplement sur sa faim. Autre problème, la romance est trop peu, ou mal, développée. Sans que ce soit nécessairement un problème de temps de présence à l'écran on n'arrive tout simplement pas à comprendre pourquoi et comment Belle finit subitement par tomber amoureuse de la bête tant rien ne nous y a véritablement préparé auparavant.
Quand à l'interprétation, elle est ici aussi très inégale. Certains acteurs se révèlent tout à fait convaincants (Edurado Noriega, Audrey Lamy et Sara Giraudeau - à fond dans la caricature des sœurs futiles façon Disney) d'autres, tel que Léa Seydoux (le rôle principal tout de même) le sont beaucoup moins et d'autres encore semblent réglés sur pilote automatique.

Mais La belle et la bête est un film plutôt différent des précédents métrages de Christophe Gans. Beaucoup plus posé, beaucoup moins ouvertement référentiel, démonstratif et gratuit dans ses effets, le film est avant tout une adaptation fidèle du conte. Ici, pas de Marc Dacaskos sortit de nulle part pour un épisode de Kung-fu. Les fans de la première heure du cinéma de Gans risquent donc d'être déçus de voir le sujet abordé avec tant de déférence tant on s'attendait à le voir malmené et déformé pour mieux s'adapter aux obsessions du réalisateur. On peut le regretter (cet aspect mélange des genres faisait une bonne part du charme du Pacte) mais difficilement le reprocher. On est ici dans le conte filmé, avec toute la magie qu'on est en droit d'attendre. L'action est rare, le film est avant tout porté sur ses personnages et sur son histoire. Doté d'une direction artistique de qualité (que certains ont très bêtement qualifié de kitsch) d'effets spéciaux pour la plupart réussis (subsistent quelques ratés indéniables) et d'une superbe partition musicale (qui rappelle celle des jeux vidéos de la série Trine) la réalisation appuie le côté féérique avec succès et prouve, une nouvelle fois, qu'une telle prouesse est tout à fait possible en France. En tout les cas, au niveau de l'ambiance, du visuel, de la réalisation, le film est une véritable réussite, le genre qu'on aimerait voir renouvelé.

En conclusion
Quand bien même La belle et la bête n'a rien du film de l'année, il s'agit qu'un film qu'il faut défendre. Rare représentant d'un cinéma de genre français à grande ampleur il prouve que, pas plus bêtes que les autres, il existe des cinéastes français capables de produire ce genre de films, pour peu qu'on leur laisse leur chance.

Définition
Couleurs
Compression
Format Vidéo
16/9 anamorphique couleur
Format Cinéma
2.35:1
Une image à double tranchant. D'un côté de nombreuses scènes (la plupart) font preuve d'une belle tenue, d'une compression de qualité, d'une définition plus qu'honorable, de l'autre certaines séquences sont à la peine. Plus particulièrement touchées, les scènes nocturnes et neigeuses (principalement au début du film) qui sont à la limite de l'illisibilité. Des défauts qui seront peut-être corrigés dans le futur coffret collector prévu pour cette fin d'année. En tout cas on l’espère.
Sous Titres
Notes
Langues
Film
Bonus
Com
Spatial
Dyn
Surr
Français
Oui
Non
Non
Bonne
Bonne
Bonne
Rendant justice à la très belle musique du film, la piste sonore se révèle d'une belle ampleur. Les effets sont nombreux et l'ensemble utilise de belle manière les différents canaux pour un résultat enveloppant. Une belle réussite.
Supléments
Menus
Sérigraphie
Packaging
Durée Bonus : 2 min
Livret
Bande annonce
Biographies
Making of
Documentaire
Interviews
Com. audio
Scènes sup
Fin alternative
Galerie de photos
Story board
Multi-angle
Liens internet
Interface Rom
Jeux intéractifs
Filmographies
Clips vidéo
Bêtisier
Bonus Cachés
Court Metrage
Seule une bande-annonce est proposée en guise de supplément. Grande déception, d'autant plus que Christophe Gans est un amateur de suppléments et autres versions collector et se révèle toujours passionnant à écouter.
Une édition du film incluant un dvd entièrement consacré aux bonus sera bel et bien proposée en fin d'année, mais difficile de ne pas se sentir floué en attendant.