Venom

Sortie: 09/10/2018
Pays:
Genre: Science Fiction
Durée: 112 Min
 
Réalisateur(s)
Ruben Fleischer
Acteurs
Michelle Williams
Tom Hardy
Riz Ahmed
Critique de Emmanuel Galais
Possédé par un symbiote qui agit de manière autonome, le journaliste Eddie Brock devient le protecteur létal Venom.

Note : le film a été vu dans la nouvelle salle Dolby Cinema de Thiais La belle Epine : pour en savoir plus, découvrez également notre compte-rendu de séance en suivant ce lien.


Sony détenteur de la licence Spider-Man ne pouvait forcément pas laisser passer l'occasion de capitaliser sur cette dernière face au mastodonte Marvel, qui envahit les écrans depuis déjà plus de 10 ans et rempli les caisses, de manière systématique de l'entreprise Disney.
Pourtant avec une seule licence, Sony a bien du mal à se démarquer et d’ainsi ne pas tomber dans le piège de ce qui arriva à la Fox avec les « 4 fantastiques », par exemple. Avec deux « Amazing Spider-Man » qui n’ont pas trouvé l’attention du public, Sony s’est rapproché de Disney et a trouvé un accord qui lui a permis de retrouver la voie du succès avec « L’Homme Arraignée ». Mais cette fois-ci l’occasion est trop belle de de pouvoir damer le pion par l'entreprise aux grandes oreilles, en capitalisant sur un personnage secondaire de la licence « Spider-Man » mais au combien emblématique, héros lui-même d’une Bande dessinée : « Venom ». Et c'est donc à la surprise générale, que le studio Sony, put annoncée il y a plusieurs années s'intéresser à la possibilité de créer une aventure dédié uniquement à ce sombre personnage, sortes d’antithèse de « Deadpool ».

Il aura donc fallu un certain temps, avant que n'apparaissent à l'écran ce personnage sombre, créature extraterrestre aux intentions pas forcément bienveillantes. Et c'est sous les traits de l'acteur Tom Hardy, que va prendre corps cette aventure redoutablement féroce, à grand renfort d'effets spéciaux, sur un scénario signé en partie de l'équipe responsable de la renaissance de « Jumanji » et  sous la direction de Ruben Fleischer, qui n'était autre que le réalisateur du film « Gangster Squad », que l'aventure de ce méchant à la fois terrifiant et énigmatique passe de la bulle à l’écran.

Alors bien sûr, toutes les rumeurs ont couru autour de ce film, a commencé par une mauvaise réputation imaginée par de mauvaises langues qui voient en « Venom », le désastre artistique que Warner a pu connaître avec son « Suicide Squad ». Les amateurs du Comic Book pourront d’ailleurs s'offusquer de voir le scénario s'éloigner radicalement le l'œuvre et notamment du lien qui lie la créature à son porteur. En effet, Brook voue une haine envers Spiderman pour l'avoir humilié et Venom se veut le pendant sombre de l'homme araignée. Le Symbiote pourrait être une sorte de « DeadPool » en version « Parasite ». Et c'est effectivement de ce côté-là que le film trouve sa plus grande faiblesse. Car si l'ensemble du scénario tisse une intrigue assez cohérente qui tend à s’affranchir du tisseur avec quelques morceaux d'anthologie comme la découverte par Brook des pouvoirs que lui confère son Nemesis, le changement d'opinion de Venom envers les humains se fait sans prévenir et de manière particulièrement maladroite. Nous ne sommes pas loin de l'amitié soudaine entre Batman et Superman dans le film de Zak Snyder. En deuxième partie de film Venom devient moins palpitant et perd même de sa noirceur, au profit d’une intrigue qui veut trop rapidement le faire pencher du côté des justicier.

Pour autant le film brille tout de même par une mise en scène dynamique époustouflante, à l'instar de la course poursuite dans les rues de San Francisco ou encore du combat entre Venom et son « Chef ». La réalisation se veut forcément dynamique, et toujours inventive de manière à pouvoir imposer une signature et lui donner ainsi une âme propre. Ajouter à cela, une capacité redoutable à s'amuser de l'espace qui lui est offert, et notamment de cette liberté incroyable coffre les effets spéciaux pour pouvoir donner corps à un personnage qui avait eu bien du mal à vivre dans le troisième volet de la trilogie signée Sam Raimi. Et là vous obtenez un véritable moment de bravoure visuelle.

Mais le meilleur atout, de ce Venom, c'est évidemment la prestation à couper le souffle de Tom Hardy, qui confirme son goût pour les personnages double comme il avait fait notamment dans le film légende, ou encore dans « The Dark Knight Rises » dans lequel il avait imposé un charisme et une prestation redoutablement efficace. Ici, dans le personnage du reporter Eddie Brock, l'acteur se surpasse à nouveau et particulièrement dans les scènes où il se laisse envahir par Venom et découvre ses pouvoirs. L’acteur joue la schyzophrénie et surpasse de très loin la prestation de Tobey Maguire dans le troisième volet de « Spiderman ». Toujours sur la corde, il parvient à imposer une prestation minutieuse à faire pâlir tous les plus grands acteurs hollywoodiens actuellement qui aiment se grimer pour pouvoir paraître autre chose, et surtout pour pouvoir paraître inventifs. Tom Hardy n'a pas besoin de cela, il impose une prestation dans laquelle son corps reste son meilleur atout, et sa capacité à se laisser déborder par les émotions psychopathes de son personnage le rendent si unique et lui permettent de donner ainsi à son personnage toute la folie et toute la frayeur que l'on pouvait en attendre.

En conclusion, ce « Venom » surprend de bout en bout, d'abord par la qualité de la mise en scène inventive et dynamique comme rarement qui parvient à faire oublier d'une certaine manière tous les codes imposés par les « Avengers » par exemple. Mais surtout par une qualité d'effets spéciaux qui arrivent à chaque film à se surpasser et ainsi donner corps à ce monstre qui avait eu bien du mal à exister dans le troisième volet de la trilogie de Sam Raimi. Mais évidemment, ce que l'on retiendra le plus de ce film, c'est la prestation de son acteur principal, Tom Hardy qui captive de bout en bout le spectateur et impose un charisme et une prestation à couper le souffle. Et si le scénario reste sa plus grande faiblesse, notamment par un revirement de situation trop maladroitement amené et qui rend le personnage de Venom beaucoup moins intéressant, le film reste une belle prouesse visuelle, que je ne peux que vous conseiller d’aller voir en Dolby Vision, si cela vous est possible.