Test ampli-tuner ARCAM AVR30 : Le mix parfait Hi-Fi / Home-cinéma

Verdict:Excellent

par: Bruno Orru



Les marques Hi-Fi qui font du home-cinéma ne sont pas nombreuses. Arcam (Amplification and Recording Cambridge) est l’une d’elle et pour avoir déjà eu affaire à elle, je peux vous affirmer que le charme sonore a été indéniable. C’est vrai pour leurs intégrés mais aussi pour ceux qui embarquent leurs amplis comme j’ai pu l’apprécier au travers du Lexicon RV-6. Il y a deux ans j’ai eu la chance d’avoir à disposition le 7 canaux AVR850, fer de lance de la gamme FMJ (Faithful, Musical, Joy) qui tire sa révérence au profit de l’AVR30 d’une nouvelle gamme HDA (High Dynamic Audio).

Par Bruno Orrù

Arcam se renouvèle en 2020 avec une gamme d’amplis home-cinéma qui change de robe et qui devient plus connecté, notamment par l'apparition des protocoles ChromeCast (Google Android) et Airplay 2 (Apple). Surtout, apparait un superbe écran en face avant, permettant non seulement de visualiser la navigation dans les menus mais également de faire apparaître des visuels et des informations quand vous êtes connecté à une plateforme de streaming audio.

Côté technique, le haut de gamme chez Arcam ce sont tout d’abord des intégrés qui opèrent en classe G ; elle permet une forte puissance d’amplification comme la classe A/B, écartant les problématiques de distorsions de la classe B pour ne conserver que les atouts de la classe A pour des sons purs dans la restitution musicale et le contrôle de la puissance délivrée aux enceintes. Bien évidemment l’ensemble des composants sont à la hauteur des très hautes ambitions musicales de la marque, et la construction soignée, notamment pour éviter toutes vibrations importunes.

La conversion A/N est confiée à des convertisseurs ESS Sabre (ES9026PRO), travaillant sur 32 bits à 192 kHz, que j'apprécie pour leur transparence et leur précision. Il sont moins chaleureux que les AKM de qualité équivalente.



 

Comme je vous le disais, l’AVR30 se démarque sensiblement de son prédécesseur dans son look général mais surtout car l’afficheur standard est remplacé par un écran LCD. C’est classe mais c’est petit et du coup il est surprenant (et même regrettable) que l’affichage OSD disparaît presque totalement ; seule une ligne vient souligner ou l’on est dans les menus. Pas simple, tant pour le paramétrage ou le quotidien, quand le regard sur l’écran est lointain ou si l’ampli est intégré dans un meuble. Certes l’ampli peut être piloté via Internet et l’appli Arcam Music Life mais ce n’est pas pareil ! Tiens j’en profite pour préciser que l’AVR30 (contrairement à son prédécesseur) est réellement connecté, notamment pour le streaming Wi-Fi ou Bluetooth (protocoles aptX HD et MQA supportés) via Apple Airplay2 ou Google Chromecast. Pour les amateurs de radio numérique, précisons que l’AVR30 est compatible DAB+. A l’opposé je suis très surpris de ne pas repérer d’entrée Phono, support très apprécié des audiophiles. Il semble que la marque considère que l’amateur de vinyle préfère d’utiliser son propre étage phono.



16 canaux !
L’AVR30 propose une amplification 7 canaux mais, surtout, il est l’un des tout premiers intégrés « grand public » à pouvoir offrir une configuration 16 canaux 7.2.6.

Aller vers ce type de configuration cela permet de profiter au mieux de mixages Dolby Atmos ou Auro 3D, jusqu’à 13 canaux pour ce dernier. Certes les programmes Auro 3D sont rares mais ce décodage, non disponible sur les gammes précédentes, s’applique sur n’importe quelle source stéréo ou multicanal, quel que soit la nature de son codec. L’Auro 3D peut ainsi apporter de la hauteur à des écoutes musicales, avec, selon des paramètres ajustables, un front avant dominant et une zone arrière douce et agréable. Je vous conseille vraiment d’essayer, c’est souvent convainquant, notamment sur des concerts pop ou rock.

Et DTS ? Et bien je rappelle que le DTS:X se « limite » à du 7.2.4, même en version IMAX Enhanced, certification sont dispose l’AVR30. En fait, seul le DTS:X Pro permet d’alimenter les 2 canaux supplémentaire (ou plus) en opérant un upmix mais, à date, Arcam ne donne aucune indication d’une possible évolution vers le DTS:X Pro.

Sinon l’AVR30 s’avère modulaire, pour prévoir de la bi-amplification bien sûr, mais, et là c’est beaucoup plus rare, pour gérer jusqu’à 4 caissons de grave ; 2 pre-out d’enceintes sont alors réquisitionnés.

Live 3.0
Arcam est l’une des marques qui a sélectionné la technologie Dirac Live pour le calibrage sonore de ses appareils. Contrairement à d’autres (NAD notamment) la licence est ici complète et couvre tout le registre 20Hz à 20kHz. Elle n’inclut cependant pas la toute nouvelle option Bass Control qui regroupe les données de mesure et de localisation de chaque caisson de graves ainsi que des haut-parleurs principaux pour déterminer comment les basses d'un système sont réparties dans la pièce. Le Bass Control identifie ensuite les lacunes dans les ondes sonores et distribue les basses uniformément à travers la pièce. Très intéressant mais sachez que le prix à payer est de 499$, non accessible aux gammes précédentes. Avec l’AVR30 j’ai profité de la version 3.0 du Dirac Live qui présente une nouvelle interface plus agréable. Entre nous cela n’empêche pas la procédure générale d’être un peu ardue et longue, notamment pour une configuration 13 canaux comme celle que j’ai mise en place. La V3.0 améliore sinon les outils d'étalonnage et la partie de correction de phase de l'algorithme pour améliorer la reproduction stéréo. La V3.0 se veut également plus précise dans le calcul des décalages de gain et de retard.  

En situation
Les écoutes musicales m’ont rapidement convaincues de la pureté et de l’équilibre que propose cet AVR30. Avant activation du calibrage Dirac Live les aigus sont doux tout en étant précis, les médiums sont agréablement nuancés et ressortent avec un grand naturel et l’articulation des médiums avec les graves est particulièrement cohérente. Et cela est vrai que vous soyez en écoute intimiste à bas volume qu’en représentation concert à fort volume. L’activation du Dirac Live permet en plus de dégraisser les médiums de tout superflu et de ressentir dans le registre bas médium / graves une extrême propreté.

Pour les séances cinéma, j’ai déployé une configuration 7.2.6. D’abord, avouons-le, pour balayer mes extraits Dolby Atmos habituels et vérifier si les 6 canaux d’ambiance étaient utilisés. Et la réponse est oui en grande partie. Ouf ! Avec cependant un parti-pris de mixage évident. Prenons deux exemples flagrants. Le mixage Dolby Atmos d’Aquaman est clairement immersif avec les informations des 6 canaux qui sont en grande partie redondantes, créant ainsi une belle sensation d’être sous l’eau. A l’opposé les derniers mixages Dolby Atmos de la saga Star Wars distribuent des effets distincts vers les 3 paires de canaux d’ambiance, avant, milieu et arrière. Et de constater également des différences stéréo sur ces canaux d’ambiance.

Avec l’ajout de 6 canaux d’amplification (au caractère similaire) j’ai profité d’une expérience sonore d’une extraordinaire densité mais sans mélange et avec une lisibilité impressionnante (là aussi merci au Dirac Live). Il en découle une étonnante sensation d’équilibre générale, posant une image sonore claire qui souligne facilement l’action sonore. Avoir 6 canaux d’ambiance cela profite également aux panoramiques sonores, notamment arrière vers avant et inverse ; cela rend l’atmosphère sonore plus réaliste car comblant le trou sonore habituel entre le front avant et arrière d’une configuration 5.1 ou 7.1. Et l’AVR30 dans tout cela ? Au niveau du décodage il offre une précision sans reproche. Son amplification (les 7 canaux disponibles) est vive, transparente et ciselée, ces compétences étant clairement amplifiées avec la correction Dirac Live. La réserve de puissance est indéniable, permettant d’amplifier une grande pièce, sachant qu’il est tout à fait possible de le transformer en préamplificateur complet mais si cela est votre cible, il vaut mieux alors sélectionner le processeur AV40 (3.999€).

Clairement, une configuration 7.2.6 apporte un autre niveau d’immersion et l’AVR30 se comporte dans cet exercice avec une grande aisance, tant au niveau de son amplification que de son décodage. Qui peut le plus peut le moins et l’AVR30 proposera un service d’excellence pour des configurations plus modestes, notamment avec l’aide du Dirac Live qui subjugue par sa capacité à nettoyer les imperfections acoustiques.

Alors est-ce que le prix, sensiblement supérieur aux appareils équivalent chez les grands constructeurs japonais, est justifié ? Pour moi la réponse est oui, tant au niveau des qualités intrinsèque de l’ampli, que de l’action de la correction Dirac Live. Les sensations sont supérieures en écoutes stéréo (articulation, cohérence, dynamique…) et pour le home-cinéma avec un Dirac Live qui produit une assise nettoyée de tout accident, une lisibilité extrême, que ce soit sur une configuration 7 ou 13 canaux et des amplis agiles et fermes idéaux pour des enceintes de sensibilité moyenne.5.700€ est un prix très élitiste mais si vous ciblez du matériel très haut de gamme, cette option n'est à envisager sérieusement.

 Ce que j’apprécie
  • La correction Dirac Live qui purifie les conditions d’écoute,
  • La qualité de l’amplification
  • Le potentiel 16 canaux

     

    Ce que j’aime moins :
  • Les menus complets en OSD qui manquent vraiment


 

Prix indicatif : 5.700€

Connectique

- 7 entrées /3 sorties HDMI 2.0b (HDCP 2.3, CEC, eARC)
- 6 entrées audio stéréo sur CINCH
- 1 entrée audio stéréo frontale 3.5mm
- 3 entrées numériques optiques
- 4 entrées numériques coaxiales             
- 1 sortie pre-out 14.2
- 1 sortie casque en façade (3.5mm)
- 1 port USB (mise à jour uniquement)
- 1 port Ethernet

 

Les chiffres

Dimensions (L x H x P) : 43,3 x 17,1 x 42,5 cm
Consommation max. : 1500 W
Poids : 18,1 kg

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