Disparition de Gaspard Ulliel


Certaines disparitions résonnent plus douloureusement que d’autres. Particulièrement lorsqu’il s’agit de jeunes acteurs, qui avaient encore assurément beaucoup de choses à dire et à montrer. Discret, sensible et sincère dans sa démarche, ce sont les mots qui résument le plus le parcours de Gaspard Ulliel, un acteur qui a commencé sa carrière à 18 ans chez Michel Blanc dans « Embrassez qui vous voudrez » et qui ne cessa par la suite de fasciner les réalisateurs pour qui il travailla.


Né en 1984 à Boulogne sur Mer, ce fils de styliste va tout naturellement trouver sa place dans un univers cinématographique français encore en manque d’icône masculine. Débutant par des petits rôles dans des films plus ou moins oubliables, il se fera remarquer du public par sa prestation dans « Le Pacte des Loups » de Christophe Gans en 2001. Il n’a alors que 17 ans. Mais c’est le film de Michel Blanc, un an plus tard qui va faire tourner le regard du public vers lui, avec un rôle déjà tout en ambiguïté du haut de ses 18 ans. Un rôle qui lui permettra d’obtenir une première consécration dans « Les Egarés » d’André Téchiné en 2003. Car l’acteur en deux films obtiendra deux nominations aux Césars du meilleur espoir masculin. Mais c’est l’année suivante, 2004, qui lui fera enfin décrocher le fameux trophée pour le film de Jean Pierre Jeunet : « Un Long Dimanche de Fiançailles ».


Dès lors, Gaspard Ulliel va s’installer durablement dans l’univers cinématographique et chacune de ses prestations, même dans des films moins intéressant comme «  Jacquou le Croquant » de Laurent Boutonnat en 2007 ou encore « Hannibal Lecter : Les Origines du mal » de Peter Webber , la même année, vont marquer, car l’acteur parvient toujours à tirer son épingle du jeu en livrant des prestations toujours plus immersives et toujours plus précises, jusqu’à l’ultime consécration en 2014 avec « Saint Laurent » de Bertrand Bonnello, dans lequel Gaspard Ulliel ne va pas chercher à imiter le personnage, mais au contraire à le comprendre et à lui donner tout le relief artistique et complexe que le personnage nécessitait.


Gaspard Ulliel avait également brillé dans ce qui restera l’une de ses plus belles prestations : « Juste la fin du Monde » de Xavier Dolan en 2016, où il livrait, une fois encore, une prestation toute en émotion et en subtilité.  Un rôle qui lui vaudra un second César, celui du meilleur acteur. Comédien intuitif et précis, égérie de Chanel dans une pub signé Scorsese, il su être au rendez vous des grands réalisateurs comme Tavernier (La Princesse de Montpensier), Nicloux (Les Confins du Monde), Benoit Jacquot (Eva) ou encore Justine Triet (Eva). L’acteur sera encore présent dans nos esprits et dans nos cœurs en 2022, puisqu’il est attendu au générique de la prochaine série Marvel : « Moon Knight ».


Gaspard Ulliel est mort ce mercredi des suites d’un accident de ski, il avait 37 ans.