Sortie du n°6 de Synchro, premier magazine consacré aux comédiens de doublage

Verdict:Excellent

par: Frédéric Beaufrere


Amoureux du cinéma en VF réjouissez-vous car le 6ème numéro de Synchro, le premier magazine dédié aux comédiens de doublage, est sorti ce 1er septembre. Et quel numéro ! Il propose une entrevue de pas moins de 50 pages dédiées à l’acteur Richard Darbois, légende vivante qui enrichit nos mémoires de ses talents d’acteur depuis tant d’années.

L’acteur s’y livre avec générosité pour le plus grand bonheur des lecteurs. Synchro nous rappelle les innombrables personnages et acteurs auxquels M. DARBOIS a prêté sa voix, son jeu, ses émotions, retraçant une voxographie très étoffée du comédien. Synchro m’a rappelé que oui, Richard Darbois berçait déjà mes nuits quand j’écoutais en boucle les épisodes d’Albator que j’avais enregistrés sur cassettes audio, pour le plaisir d’écouter sa tessiture si unique.

 Biff Tannen, le génie d’Aladdin, Han Solo, Phil Connors, Buzz l’Eclair, Ian Malcom, le capitaine crochet de Hook et Indiana Jones sont quelques uns de mes personnages préférés joués par Richard DARBOIS. Mais il faut bien admettre que quel que soit le film dans lequel il intervient, sa voix ne laisse personne indiffèrent.

 Synchro a ceci de magique qu’il permet une certaine proximité  avec les comédiens de doublage qui se prêtent au jeu de l’interview. Dans ce numéro 6, on retrouve d’ailleurs Donald Reignoux et Nathalie Karsenti qui se livrent également et nous indiquent leurs personnages préférés, leurs souvenirs de doublage ou encore leur parcours artistique.

On aimerait voir apparaitre dans les prochains numéros une rubrique « hommage » pour les comédiens de doublage disparus avec une pensée particulière pour Pierre Hatet (doc Emmet Brown dans la trilogie retour vers le futur), ou encore Marc Alfos (voix de M. Indestructible, 1er opus).

 Le magazine rétablit un peu l’équilibre en exposant comme il se doit les meilleurs comédiens de doublage dont la France peu s’enorgueillir d’être riche.

 A une époque où l’Academie des Césars, qui cherche à se réinventer, n’a toujours pas compris que le travail immensément précis de ces comédiens mériterait une catégorie de statuette, à une époque où l’interprétation d’un comédien de doublage est rémunérée de façon unique sans jamais ouvrir droits aux royalties lors des innombrables rediffusions de films ayant bénéficié de leur talent, Synchro déplace le curseur et révèle à chacun la profonde humanité et humilité de ces travailleurs de l’ombre qui subliment les œuvres sur lesquelles ils acceptent de poser leur voix.