Test vidéoprojecteur Sony "Pearl" VPL-VW50 : du full HD de toute beauté


Le marché de la vidéo projection trouve de plus en plus une maturité full HD pour des prix relativement surprenants. Dernier exemple en date, le Sony VPL-VW50, surnommé Pearl reprend les principales caractéristiques de ses grands frères pour un budget inférieur à 5000€. Attention, vos yeux risquent de faire craquer votre porte monnaie.

 

Test réalisé par Bruno Orrù

 

La vidéo projection version Sony à toujours été de qualité aussi quand le groupe démocratise sa technologie SXRD (un dérivé du LCD mais sans effet de grille et avec une meilleure gestion des noirs) notre œil sourcille et se dit prêt à recevoir une bonne leçon de couleurs. Autant le dire en préambule, je n’ai pas été déçu de brancher cette superbe machine en compétition avec mon tritubes Barco 808. J’entends de mon clavier les clameurs horrifiées des inconditionnels, comme moi, de l’option cathodique à trois yeux. Comment dire qu’une technologie matricielle sur un appareil à moins de 5000€ peut concurrencer la noblesse analogique d’un tritubes ? Réponse quelques lignes plus bas, mais avant cela, et pour ceux qui sont nés après l’apparition des tritubes, faisons un petit tour de piste de cette perle de VPL-VW50.

SXRD full HD

Les projecteurs Sony sont uniques sur le marché si l’on retient leur technologie d’affichage. D’autres dérivatifs existent sous forme LCOS ou D-Ila et, à chaque fois, l’idée est de contourner les faiblesses de la technologie LCD en termes d’effet de grille (matrice de pixels apparente à l’écran) et de gestion de la luminosité qui affecte la profondeur des noirs et plus globalement les contrastes. En fait l’astuce consiste à ne pas retenir la solution d’un flux lumineux transmitif mais au contraire prévoir un flux réflectif. Cela réduit fortement l’effet de structure de grille et optimise sensiblement la gestion de la lumière, Sony affirmant que le taux de contraste sur ce VPL-VW50 atteint le chiffre faramineux de 15000:1 !

Comme vous le savez sans doute, la technologie DLP grand public amène à une gestion de l’image à base d’une roue colorimétrique à plusieurs segments qui va donner des couleurs à un traitement natif noir et blanc. Cette roue peut-être bruyante dans son fonctionnement mais surtout génère un effet de décomposition du spectre qui incommode de nombreuses personnes. Le LCD quant à lui travaille sur trois matrices fixes, une pour chaque couleur primaire. Le Pearl est équipé de trois minuscules matrices full HD (1920 x 1080 pixels) de seulement 1,5 cm.

En SXRD, à la différence du LCD traditionnel, le traitement d’image se place derrière les matrices et, comme déjà souligné, le chemin lumineux ne traverse pas les matrices mais se réfléchit contre elles. Sony a également prévu une construction verticale de ses matrices, on obtient donc une haute capacité de blocage de la lumière, permettant de neutraliser l’effet de structure des matrices à l’écran et d’optimiser le rendu lumineux. Mais comme cela n’est apparemment pas suffisant, Sony rajoute une gestion dynamique (ou manuelle) d’IRIS. Ce principe permet, en temps réel, d’adapter le diaphragme pour optimiser les contrastes. Le problème récurrent avec de principe réside dans le faible nombre de point de positionnement de l’IRIS et dans son manque de rapidité d’action. Nous le verrons plus bas dans les appréciations mais Sony a fait très fort ici avec une totalement transparence de l’IRIS, y compris sur des séquences d’images aux transitions violentes et rapides.

Gestion d’image haut de gamme

La gestion de l’image se réalise en 12 bits alors que les traitements numériques maisons se font eux en 10 bits. Je parle ici du fameux module Sony DRC – Digital Reality Creation – qui date déjà de nombreuses années et applicable sur les signaux SD. Bien sur, il s’agit ici d’une version récente et adaptée aux matrices full HD. Le DRC opère en double dimension, tant sur la définition horizontale que verticale. Son action intervient après adaptation du signal SD à la matrice full HD en créant de nouvelles images pour assurer une meilleure fluidité de l’image.

Une bien belle perle dans le salon

Sony n’a pas toujours proposé des vidéo projecteurs séduisants à l’œil. Vous me rétorquerez que ce n’est pas le projecteur que l’on regarde mais l’image qu’il projette. Oui mais il me semble important de rappeler que la décision d’achat est souvent du coté féminin du couple et que pour le compte, l’esthétique ça compte ! Pari réussit donc puisque Sony propose une machine d’un certain volume et d’un certain poids, tout en élégance. Cela permet d’imaginer de la poser sur une table ou la greffer au plafond sans pour autant défigurer le salon. Lui trouver une place est fonction de sa longueur focale courte/moyenne ; au plafond ou sur une table vous avez besoin d’un recul d’environ trois mètres pour envisager une base d’écran de 2,5 mètres. Le projecteur sera donc plutôt devant les spectateurs que derrière, sachant que la ventilation se réalise par l’avant de l’appareil et qu’une seule fuite lumineuse se lance vers l’avant en direction du sol. Le projecteur pourra également être à proximité des oreilles sans nuisance particulière en mode basse lumière (largement suffisant si vous faîtes le noir dans la pièce) et légèrement audible en mode luminosité normale.

Si cette position ne convient pas, il est possible d’actionner le zoom motorisé, coté d’un coefficient 1.8.

Les branchements sont sur le coté droit du projecteur (à gauche si greffe au plafond !). Le Pearl dispose d’un « shift » vertical permettant de baisser ou élever la position de l’image projetée avec tout de même un décalage max de 65% ! Dernier point de confort d’installation, une option de rattrapage géométrique type trapèze permet d’envisager une position légèrement inclinée de l’appareil.

Enfin, sachez qu’il est possible de déplacer physiquement l'objectif sur le plan horizontal en usant d’un tournevis. Cela sera donc réservé à ceux qui fixe le projecteur au plafond ou en fond de salle.

L’optique a été optimisée pour les matrices full HD, c’est assurément l’une des composantes les plus chères. Cette optimisation est importante car une optique de qualité moyenne ne saura pas tirer parti de toute la richesse d’un signal full HD et peut donc être source d’un certain lissage malencontreux. Sony propose un module nommé ARC-F – All range Crisp Focus – adapté aux signaux 1080p et ce sur toutes les positions du zoom.

 

Réglages

Sony propose en départ d’usine trois réglages ; dynamique, standard et cinéma, ils sont complétés par trois blocs mémoires permettant de définir trois profils personnalisés. Sur un module à part on peut également ajusté les couleurs en utilisant la fonction Sony RCP - real color processing.

L’option « noir cinéma pro » correspond à la gestion de l’IRIS avec une position « off », une position manuelle et deux positions automatiques. Au-delà du mode Iris, il est ensuite possible de définir sa rapidité d’action sous les trois options « recommander, rapide et lent ».

On peut évidemment accéder aux niveaux de contraste, de lumière, des couleurs, de la teinte (NTSC), des trois niveaux de température de couleur (haut, moyen, bas), de la netteté, du mode NR (noise réduction), du niveau de noir (haut, bas et off) et de la correction de gamma sur trois niveaux.

L'option DDE - Dynamic Detail enhancer correspond au module de désentrelacement et propose trois niveaux d’action.

Etant particulièrement gêné par les bandes noires pas vraiment noires des projecteurs à matrice fixe, j’apprécie beaucoup quand un projecteur comme ce VPL-VW50 dispose d’une option de masque numérique, généralement dénommée blanking.

Enfin, signalons une option importante qui est souvent omise sur les téléviseurs et projecteurs. Le VPL-VW50 dispose d’une option « Overscan » qui permet tout simplement de le débrayer.

 

En situation

Le projecteur a été posé sur une table à trois mètres cinquante de recul pour remplir un écran de 2,5 mètres de base. Sony propose il est vrai un vaisseau un tantinet volumineux mais silencieux ; mes premiers tests ont en effet été réalisés en mode cinéma et ce qui attire rapidement l’oreille c’est justement la discrétion de la nuisance sonore (22 dB en mode cinéma) en charge du refroidissement de la lampe UHP de 200 watts. La matrice full HD est totalement invisible ce qui paradoxalement ne facilite pas la mise au point avec la mire interne. La première source branchée en HDMI étant un PC (shuttle pilote à la griffe Nvidia pour test de carte HDCP à connecteur HDMI) j’ai pu m’assurer immédiatement de la précision du réglage de netteté motorisé.

Première projection avec un DVD inséré dans le lecteur. Les séquences sont fluides mais la netteté n’est pas optimale à mon goût, d’autant plus que sur certains travellings verticaux (MI3, séquence dans le Vatican) le traitement numérique semble perdre un peu les pédales. Le désentrelacement ne semble pas toujours optimal, quelques obliques présentant de disgracieuses marches d’escalier.

La même séquence en HD-DVD (lecteur interne du Shuttle Nvidia) donne tout de suite le tempo avec une précision au rasoir et une colorimétrie plus franche. Les aberrations numériques sur les travellings ont totalement disparues. Retour au DVD pour vérifier que la sensation de manque de piqué est due au mode IRIS retenue. Passant du niveau 2 à rien du tout, l’image semble sur le moment moins bouchée mais on s’aperçoit vite que les noirs sont légèrement moins denses, que l’ensemble est moins contrasté. Je repasse donc en mode IRIS et à la version HD-DVD du film. C’est bien avec ce type de source que le projecteur semble véritablement à l’aise. Une source HD permet bien entendu de vérifier le potentiel d’affichage mais c’est également un bon moyen de détecter les effets de structure, surtout sur fonds clairs. Quelques séquences lumineuses du début de Le seigneur des anneaux dans sa version HD (source satellite US) permet de se rassurer en quelques plans. Aucun effet de pixel ne vient gâcher l’immense plaisir que procure le Pearl sur des sources HD, toujours dans un silence impressionnant.

La gestion de l’IRIS est excellente à mes yeux car invisible dans son action. Pour autant, après enquête visuelle minutieuse sur des séquences claires et en mouvement, son usage opère une très légère correction colorimétrique sur le signal source. Je le mentionne uniquement pour les plus pointilleux, mais la plupart ne remarqueront jamais rien, je peux vous le garantir.

D’une excellence à couper le souffle sur images claires, le VPL-VW50 avoue néanmoins quelques faiblesses dans les espaces sombres, les couleurs semblent rapidement plus ternes. On dit souvent que le LCD n’est pas franc avec la couleur « chair », ici en version SXRD le rendu est probant, d’une rare neutralité pour une appareil Sony, le constructeur aimant bien généralement faire dans le vif et le saturé.

En conclusion

Un projecteur matriciel peut-il concurrencer un projecteur tritubes, tant au niveau de la qualité des textures que de la fluidité de l’image et de la constance colorimétrique ? J’ai déjà un début de réponse avec le grand frère de ce VPL-VW50, l’impressionnant Qualia04 disposant de tous les atouts pour prétendre à ce remplacement. Seulement voilà, sont prix supérieur à 10.000€ décourage un peu, sans compter un lampe à changer régulièrement contre un billet de 1.000€ ! Le Pearl, avec sa lampe « budget » et son prix public d’attaque de 5.000€ (cherchez bien, on le trouve pour bien moins cher…) donne une réponse bien proche du oui en HD mais il marque malheureusement le pas sur des sources SD, même de qualité. Rapidité d’installation, élégance au regard, efficacité de diffusion, stabilité d’image et des couleurs, fluidité sans reproche, géométrie parfaite, luminosité adaptée aux environnements clairs ou sombres et silence religieux dans son fonctionnement ; oui le Pearl à de nombreux points forts pour plaire. Si vous avez un peu d’argent de coté et que la HD vous intéresse, ce serait vraiment dommage de ne pas craquer !

 

Prix indicatif : 5499€

Prix moyen constaté : <>

 

Informations en ligne :

http://www.sony.fr

 

Image

Technologie : SXRD

Système de projection : 3xSXRD 16/9 0,61" Full HD

Résolution : FULL HD

Résolution native : 1920x1080

Ratio image : 16/9 HD

Contraste : 15000 / 3000:1

Luminosité : 900 / 360 ANSI lumen

 

Lampe

200W UHP

 

Objectif

Manuel

Ouverture F / Focale f : 2,54-3,53 / 18,7-33,7mm

Rapport de zoom : x1,8

Distance de projection : de 1 à 7,6 mètres

Lens Shift : Vertical

Synchro H / Synchro V : 19-72kHz / 48-92Hz

Compatible HDTV (1080i,720p)

Compatible EDTV (480p/576p)

Compatible SDTV (480i/576i)

 

Connectique

Entrée Composite Vidéo : x1

Entrée S-Vidéo : x1

Entrée YUV : x1

Entrées numériques : x2 HDMI (HDCP)

Entrée/Sortie DATA : x1 (Sub-D15) / -

Ports de communication : x2 RD232C & 1xRJ45

 

Divers

Niveau de bruit (dB) : 22

Poids (kg) : 11

Dimensions LxHxP (mm) : 395 x 173,5 x 471,4

Alimentation : 200-240V, 50/60Hz

Consommation marche / veille (W) : 300 / 8

 

Garantie

1 an sauf lampe & dépoussiérage