"Once Upon a time... in Hollywood Le Monde et sa Doublure" de Damien Ziegler




Couronnement de la carrière de Quentin Tarantino, Once Upon a Time… in Hollywood se veut d’abord hommage aux oubliés de la machine à rêves hollywoodienne. Les cascadeurs et acteurs de séries télévisées des années 1960 y occupent le devant de la scène, tandis que les grandes stars de l’époque, le réalisateur Roman Polanski ou l’acteur Steve McQueen, ne font que passer. Quentin Tarantino relègue son goût de la violence au second plan pour se confronter le plus directement possible aux affres de la nostalgie aiguë que lui inspire la culture de cette période si particulière, avec la guerre du Vietnam, les hippies et leur gourou Charles Manson, outre une quête de liberté effrénée souvent chaotique. Loin de la simple peinture sociétale, Once Upon a Time… in Hollywood, qui a depuis fait l’objet de la publication d’un roman de la plume de son réalisateur, convie les influences conjuguées du théâtre de l’absurde, de la culture pop et du surréalisme pour proposer une singulière expérience de réalité augmentée.


Certaines œuvres méritent que l’on s’y arrête, surtout lorsqu’elles concernent un réalisateur à la cinéphilie affichée comme Quentin Tarantino. Et avec « Once Upon a Time…in Hollywood », jamais le réalisateur n’avait autant masquer ou assumer certaines allusions ou certaines références à des œuvres ou à des personnages marquants de l’industrie cinématographique américaine. Qu’il réécrive l’histoire, notamment celle du drame qui fit changer Hollywood pour toujours, à savoir : la mort atroce de Sharon tate par les disciples de Charles Manson sorte de gourou, rejeté par Hollywood et qui manipula des jeunes filles pour aller, à l’origine tuer le producteur qui l’avait rejeté, mais qui tombèrent sur la jeune femme enceinte de huit mois et demi, et trois de ses amis. Un drame qui marqua la société américaine et plus précisément le microcosme Hollywoodien sui sortira de l’insouciance pour toujours.


Dans son analyse du film, Damien Ziegler, essayiste spécialiste dans l’esthétique du paysage au cinéma, met en lumière, la manière dont le réalisateur réécrit l’histoire en fait de son film un triptyque en un seul élément. Ainsi, nous suivons le parcours de Rick Dalton, acteur alcoolique en perte de vitesse et constamment pétri de doute et sa doublure Cliff Booth, cascadeur qui vit dans l’ombre de l’acteur. On y suit également la jeune actrice Sharon Tate qui traverse ce Hollywood avec une insouciance évidente, et enfin celui de la famille Manson qui se prépare à accomplir son forfait. A travers une analyse fine, l’essayiste va expliquer page par page, à grand renfort d’exemples et d’illustrations comment le réalisateur américain le plus atypique du moment a construit son film et comment il utilise ces trois destinées pour ensuite arriver sur un final percutant, mais qui restera comme le film le plus à part de la filmographie de Tarantino tout en y gardant les codes de narrations habituels.


« Once Upon a time… in Hollywood : Le monde et sa doublure » est une analyse remarquablement écrite, qui s’adresse aux cinéphiles évidemment, aux fans de Tarantino également, mais aux néophytes qui souhaiteraient découvrir comment le réalisateur a construit son film et comment il y a puisé des références assumées ou non. 

Editeur : LettMotif   Dimension :  13x2x21 cm     372 Pages  Prix Conseillé : 32€