Test du vidéoprojecteur LCD Mitsubishi HC5000 : Déjà une référence


Après le succès du vidéoprojecteur HC3000, puis du HC 3100 (voir article ici), Mitsubishi s’attaque à la projection haute définition « Full HD » avec son HC5000. Cette fois-ci, à l’instar de ses concurrents, c’est en utilisant la technologie LCD et la nouvelle matrice C²Fine (1920x1080) de Seiko-Epson  que la marque nippone a concocté ce vidéoprojecteur hors du commun.

 

Test réalisé par Christian Brixy

 

Le HC 5000 a tout de ce que l’on peut souhaiter en matière de produit haut de gamme. Une connectique très riche (HDMI, DVI, Component, etc…), un traitement d’image exceptionnel (le désormais célèbre HQV de Silicon Optix), une optique revisitée

Premier contact
Le HC 5000 est le seul vidéoprojecteur Full HD de la marque et sa présentation est radicalement différente de la gamme DLP. D’une structure plus massive, sa forme est plus dépouillée, on pourrait dire qu’il se présente comme un parallélépipède rectangle aux arêtes arrondies avec une surépaisseur cachant le bloc optique et se terminant par un cache. Ce dernier englobe totalement le bloc optique et  le protége efficacement contre la poussière. Les ouïes de ventilation sont latérales, le flux d’air passe du flanc droit de l’appareil à son flanc gauche. C’est un détail important à prendre en compte lors de son installation. La ventilation est extrêmement silencieuse (19 dBA en mode éco) au point que dans une pièce à vivre, il faut vraiment coller l’oreille pour s’assurer qu’il est en fonctionnement. Son poids de près de 6 Kg en dit long sur la qualité de la construction et l’occupation de l’espace intérieur.  Une documentation utilisateur et une télécommande accompagnent le vidéoprojecteur. Cette dernière est d’ailleurs assez bien faite puisqu’on y trouve les principaux réglages en accès direct (lens shift, zoom, focus, sources, etc…). La sélection d’une source vidéo se fait par l’appui sur la touche dédiée (nous évitant ainsi d’appuyer dix fois sur le même bouton AV) et les préférences utilisateur en matière de réglages de la qualité d’image sont accessibles elles aussi par trois touches dédiées. On peut regretter un certain manque de réactivité de la télécommande surtout en mode réfléchi (pointage vers l’écran). Peut-être qu’un brin de puissance en plus aurait amélioré les choses…Notons enfin que les touches de la télécommande sont éclairées ce qui pour une salle obscure est un minimum syndical.

Mise en place
La mise en place du HC5000 n’est pas contraignante du tout. Le lens shift (décalage du bloc optique) vertical et horizontal permet de positionner le projecteur sur une table basse, au niveau du centre de l’écran ou suspendu à une potence. Il est entièrement motorisé avec un accès immédiat par la télécommande. A titre d’exemple, pour une distance de projection de 3,5m, la course verticale de l’image projetée peut atteindre +- 90cm. De quoi réellement s’adapter à toutes les situations. La focale de l’optique est adaptée à une projection familiale dans une pièce à vivre (20 à 30 m²). Pour une taille d’écran standard de 2,4 m de base, la distance de projection est de 3,4m avec la focale la plus courte et de 5,5 m pour la focale la plus longue. Le zoom et la netteté (ou focus) sont eux aussi motorisés avec un pas de progression très fin assurant un réglage réellement optimal. De quoi vraiment assurer une installation aux petits oignons pour profiter au mieux du grand spectacle.

La technologie

L’estampillage « Full HD » est garanti par les toutes nouvelles matrices C2 Fine/D6 de Seiko Epson (une par couleur bien sûr). Leurs principales caractéristiques sont : une définition de 1920x1080 points et un état naturellement opaque (noir en l’absence de tension de polarisation). Le cœur du HC 5000 est un chip spécialisé dénommé Reon VX de Silicon Optix qui embarque les algorithmes de traitement HQV (Hollywood Quality Video). Pour mieux cerner cet acteur majeur du traitement vidéo « high end », faisons un peu d’histoire. Dans les années 80, Lockheed Martin a développé un système de traitement d’image et de vidéo à des fins militaires. En 1998 la société Teranex fut fondée afin de commercialiser la solution Lockheed Martin en visant un marché professionnel (NBC, CBS, ABC, FOX, etc…). En 2002, Silicon Optix et Terranex s’associent pour produire une puce miniaturisée capable d’exécuter le puissant traitement d’image HQV. C’est donc le fruit d’une vingtaine d’années dans le traitement de signal haut de gamme qui se retrouve au centre de ce vidéoprojecteur. Le désentrelacement est de type « pixel based motion adaptative » impliquant donc qu’il ne s’applique non pas à la trame, mais au pixel. Il est ensuite suivi d’une interpolation diagonale dont le rôle est d’améliorer les données aux bords des objets en mouvement. Tout ceci y compris en 1080i bien entendu. La réduction de bruit qui suit est elle aussi appliquée au pixel. Elle évite de lisser une haute fréquence apparue à la suite d’un pixel en mouvement (détecté par le « pixel based motion adaptative ») et utilise un filtre temporel (« noise adaptative temporal filter ») afin d’éliminer les bruits rencontrés aux abords de pixels fixes d’une image à l’autre. La mise au ratio « Full HD » (upscale SD->HD) est réalisée par un algorithme capable de déterminer la valeur d’un pixel à partir des 1024 pixels qui l’entourent et ceci pour chaque pixel du signal d’entrée. Tout ça pour dire qu’on se trouve devant la rolls du traitement d’image pour les appareils grand public. Mais, comme chacun sait, au-delà de la source, ce qui est déterminant pour avoir une image de qualité en projection… c’est l’optique. Constituée de 14 groupes/17 lentilles, ce bloc optique est conçu pour limiter au maximum les dispersions. Précisons enfin que ce dernier est accompagné d’un iris motorisé automatique dont les effets seront discutés plus loin.

 

Connectique
Sa position « High End Equipment » est confirmée par la richesse de la connectique. On y trouve bien entendu une section analogique avec une entrée composite RCA, une entrée S-Vidéo, un triplet YUV et une prise sub-D 15 VGA. La section numérique est composée d’un connecteur DVI-D et d’un connecteur HDMI tout deux compatibles HDCP. On y trouve également une prise RS-232 pour pouvoir commander l’appareil depuis un ordinateur. Enfin terminons par la présence d’une prise Trigger permettant de connecter un écran motorisé. Sur le haut de l’appareil on peut accéder à 7 touches de navigations et au bouton marche arrêt histoire de pouvoir effectuer toutes les opérations même en cas de perte de la télécommande.

A l’usage

Même si je sais que la matrice est Full HD, je me suis empressé de glisser l’Episode III de la Guerre des Etoiles dans mon lecteur DVD. L’image est tout à fait étonnante pour une matrice LCD, les détails fourmillent et l’absence de halos montrent une parfaite maîtrise du traitement vidéo sur source SD. Les couleurs chair sont très naturelles et s’insèrent dans une image dynamique à souhait. Pas de traînage non plus et un effet de grille absent ou si infime que je n’ai pu le constater. Le contraste, aidé de l’iris automatique n’est pas loin de celui atteint par un DLP (10000 :1). Cependant, on ne passe pas à côté d’effet de « pompage » de l’image avec l’iris automatique… pour ma part, la position 2 a été le meilleur compromis entre l’augmentation effective de contraste et l’optimisation du « pompage ». Le HC5000 se sort très bien aussi de film SD plus intimistes en leur redonnant une jeunesse qui vous poussera à lui faire projeter toute votre vidéothèque. Le comble du bonheur est atteint avec une source HD. James Bond en (“Die another day” mpeg 2 HD 720p) ou Bruce Willis (“The fifth element” mpeg 2 HD 1080p) sont des moments assez étonnant. L’image prend de la profondeur avec des éléments en arrière plan qui ne sont plus des fourmillements de pixels. L’optique du HC5000 y est certainement aussi pour beaucoup, mais les détails dans les gros plans, sur les écrits sont impressionnants de piqué. C’est du grand grand spectacle… Le HC5000 propose cinq types de réglage de gamma (SPORT, VIDEO, CINEMA, UTILISATEUR1 et UTILISATEUR2) plus un mode AUTO (selon la source), c’est ce mode qui est sélectionné par défaut. Les deux modes utilisateur permettent de définir deux courbes Gamma particulières (pour les spécialistes). Les réglages de contraste, luminosité et teinte sont bien entendu accessibles, mais aussi ceux relatifs à la température de couleur (Haute Luminosité, Haut, Moyen, Bas et Utilisateur). Le premier n’est à réserver que pour des projections en salle éclairée, pour une projection en salle obscure le mode moyen donné pour 6500°K est tout à fait satisfaisant. Pour les plus méticuleux, le mode utilisateur permet de régler le contraste et la luminosité de chaque composante (RVB). Finissons par parler de l’iris qui est un des arguments de choix de ce vidéoprojecteur. Il se décline en trois modes automatiques Iris1 à Iris3 qu’il vous appartiendra de choisir en essayant de trouver le bon compromis entre qualité du contraste et effet de « pompage ».

 

Conclusions

C’est un vidéoprojecteur d’exception qui a tout ce qu’on peut souhaiter pour devenir une référence en la matière. Le LCD a encore de beaux jours devant lui et ce Mitsubishi HC5000 a su en tirer le meilleur parti. Si vous avez 4000€ de côté, c’est vraiment le moment de songer à passer au grand, voire au très grand spectacle à domicile.

 

J’ai aimé
  • Le naturel et la précision de l’image
  • L’iris automatique
  • Le lens shift
  • Le silence de la ventilation

 

J’ai moins aimé
  • Léger manque de sensibilité de la télécommande

 

Lien constructeur : Mitsubishi

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Prix indicatif : 3990 € lampe 450€

 

Caractéristiques techniques (données constructeur)


Technologie d’affichage

Panneau LCD 0,74 pouces: 3 unités (pour R, V, B) (format d’écran 16:9)  Pixel: 1920 x 1080 = 2073600 pixels

Lentille de projection

F 1,8 -2,3 f = 23,5 -37,6 mm

Source lumineuse

160 W

Distance de projection

1,5 à 9,5 m Maximale

Résolution

Signal informatique Résolution maximale: 1280 x 1024 points

Résolution du panneau: 1920 x 1080 points

Signal vidéo

NTSC/PAL/SECAM/4,43NTSC/PAL-M/PAL-N/PAL-60

Signal composant

480i, 480p, 576i, 576p, 720p, 1080i, 1080p

Entrée informatique

RVB analogique D-SUB 15 broches

RVB numérique DVI-D(HDCP)

Entrée vidéo

HDMI

Entrée vidéo RCA

Entrée S-vidéo S

Entrée vidéo composant RCA x3 (YCBCR/YPBPR)

Borne de commande/autres

SERIAL RS-232C (D-SUB 9 broches)

TRIGGER 12 V CC, 200 mA maximum

Température

+5°C à +35°C

Consommation

2,5 A

Dimensions

334 mm (L) x 125 mm (H) x 352 mm (P) * Saillie non incluse.

Poids

5,6 kg