1984. Yvon Kastendeuch, flic à l’ancienne et fan de Michel Sardou est propulsé malgré lui à la tête d’une « unité d’élite » : la Police Flash 80. Il doit désormais faire équipe avec Guilaine, maman surmenée et cerveau du groupe, Marfoud, geek du Minitel et Roberto, l’infiltré à la coupe mulet. Ensemble, ils vont tenter de démanteler un trafic de drogue en devenant une brigade si improbable, que même les années 80 n’étaient pas prêtes.
Après « Zénithal » en 2024, le réalisateur de plusieurs épisodes de la série « Zorro » revient avec « Police Flash 80 », un film en forme d’hommage aux années 80, avec des personnages qui font forcément penser à Belmondo de l’époque policière, ou encore qui fleure bon les programmes TV et les musiques de l’époque. Ceux qui ont vécu et ont grandi à cette époque vont retrouver des repères mais en aucun cas une sorte de caricature ou d’exagération de l’époque. Et pour comme le duo Toledano Nakache dans « Juste une Illusion », le réalisateur veut avant tout faire un film qui plonge le spectateur dans une ambiance retro où bien des choses ont changé et où les parents et grands-parents d’aujourd’hui se retrouveront sans se sentir pointé du doigt.
Tout part du meurtre d’un policier, et une enquête qui va nous emmener dans l’univers de la drogue, et faire une sorte de radioscopie de l’époque, où le machisme, le racisme sont encore très présent mais où commence à poindre des valeurs (un peu oubliées maintenant !) avec la place des femmes, la tolérance et surtout la lutte contre le racisme. Pourtant le réalisateur ne cherche jamais à donner des leçons et le scénario signé Yohan Zaoui (Scènes de Ménages), Giulio Caligari (Validé) et Thomas NGijol (Fraté) s’est imprégné des œuvres cinématographique de l’époque où l’on voyait Belmondo en Jean, Blouson de Cuir et Flingue à la ceinture, bander ses muscles pour résoudre, à sa manière, des enquêtes sordides qui montraient une société en pleine mutation, avec des cités qui commençaient à sentir le venin des trafics et l’insultante condescendance des « Français » qui voyaient arriver une génération de filles et fils d’immigrés, sans jamais les considérés comme citoyens à part entière d’un pays qui n’avait jamais totalement fait la paix avec ses démons.
L’idée est bonne et le scénario regorge de bonnes idées, mais, dans l’ensemble, comme la mise en scène de Jean-Baptiste Saurel, le résultat est très inégal et n’atteint pas totalement son objectif. D’abord, parce que la première partie, qui installe ses personnages et son intrigue souffre d’hésitations et de longueurs, qui font que la dynamique est un peu laborieuse. Cela provoque une sorte de flottement chez le spectateur qui a bien du mal à rentrer dans l’histoire. Les personnages sont là pour donner une sorte de dynamique qui puisse, tout de suite, cueillir l’audience, mais qui a bien du mal à prendre. Mais leur approche est un peu distante et en même temps très poussé ce qui ne facilite pas l’adhésion immédiate du spectateur.
Pourtant les acteurs sont à la hauteur de l’attente. François Damiens (La Fille d’un Grand Amour) livre une prestation très inspirée entre le Jean Paul Belmondo du « Marginal » et les sosies de Johnny Hallyday. L’acteur est au centre du film et son jeu est toujours aussi millimétré. Face à lui, Audrey Lamy (En Tongs au pied de l’Himalaya) joue le contre-point avec un personnage moins appuyé mais tout aussi efficace surtout dans la seconde partie du film. Pour clore le trio l’acteur Xavier Lacaille, qui avait déjà fait partie de l’aventure du premier film de Jean-Baptiste Saurel : « Zenithia » s’amuse de son personnage et parvient à trouver sa place. Quant à Thomas Ngijol (Fraté), qui a également participé à l’écriture du scénario, il continue de s’imposer comme l’un des meilleurs acteurs de comédie de sa génération.