Suite à une dégradation surprenante du temps, une équipe de scientifiques, basé en
Antarctique, est obligé d’évacuer la base en abandonnant, leur 8 chiens de traîneau.
Déjà porté à l’écran par le réalisateur japonais
Koreyoshi Kurahara (Ce type méprisable, 62, Hiroshima, 95), «
Antarctica » est devenu un phénomène sans précédent au Japon. Devenant, à l’époque, le plus grand succès de tous les temps au pays du « Soleil Levant », une place qu’il allait garder pendant plus d’une décennie. Il paraissait donc logique que les américains s’y intéressent. Et c’est grâce au producteur
David Hoberman, que le dossier se retrouva sur le bureau des
studios Disney, particulièrement friand de ce type d’histoire. Encore plus, comme dans ce cas précis, où l’histoire est inspirée d’un fait réel.
Le problème de ce type de film, reste la crédibilité des personnages, qu’ils soient humains ou canins. Car le déséquilibre est évidemment flagrant et peut manquer à l’homogénéité de l’ensemble.
Et voilà que
les acteurs les plus convaincants ne sont pas ceux que l’on attend. Car le problème avec les films dont les vedettes sont des animaux, c’est que leur jeu peut effectivement rendre particulièrement fade celui des comédiens humains. Et les 8 chiens d’ «
Antarctica » confirment la règle.
Incroyablement justes, les chiens nous emmènent tour à tour dans une farandole de sentiments. Passant de l’humour, à la tristesse, de la bravoure à l’insouciance, avec une fascinante facilité.
Encore plus convaincants que des humains, ces chiens nous fascinent, nous hypnotisent de leur regard, vont toucher au plus profond de nous la moindre émotion qui se terre.
Bien sur, il serait injuste de ne pas souligner, à la fois le travail de dresseur autant que celui de réalisateur. Car bien évidemment, on peut trouver toutes les qualités aux chiens : La beauté, la sincérité, la force, etc. il n’en reste pas moins un grand travail de dressage pour arriver à des scènes aussi spectaculaires que celle du sauvetage par la chienne «
Maya », ou encore des scènes à forte teneur émotionnelle. Mais aussi un excellent travail d’approche, une étonnante maîtrise des habitudes canines pour arriver à de tels résultats.
Le réalisateur détourne les gestes des chiens pour leur donner un rapport plus humain et là pour le coup c’est une très grande réussite.
Franck Marshall (
Les Survivants, 93, Congo, 95), que l’on connaît entre autre pour être le producteur des Aventuriers de l’Arche Perdu et grand ami de
Steven Spielberg, fait preuve d’une incroyable acuité, en réussissant le tour de force d’homogénéiser à merveille le jeu des chiens et celui des acteurs. Chacun des plans est utilisé en ce sens, soit pour valoriser les sentiments des uns ou pour embellir les actions des autres.
Et donc logiquement, nous en arrivons à saluer le jeu des acteurs,
Paul Walker (
Fast and Furious, 01, Bleu d’enfer, 05) et
Jason Biggs (
American Pie, 99, Anything Else, 03) en tête qui parviennent à entretenir une relation d’égalité avec les chiens. Leur jeu sans être exceptionnel parvient a s’accommoder au besoin narratif sans pour cela les recaler au stade de "faire valoir", comme ce fut le cas de
Bruce Greenwood dans «
Zig-Zag » (voir notre critique en cliquant sur le lien suivant :
http://www.dvdcritiques.com/critiques/dvd_visu.aspx?dvd=4205).
Pour finir, si le scénario n’a rien de particulièrement exceptionnel tant l’histoire parle d’elle-même, il a le mérite d’avoir restitué l’action à une époque plus proche de nous de manière à rester plus accessible, tout en respectant l’histoire du site, sur lequel les chiens ont été interdit depuis 1994. Mais surtout
David DiGilio évite le trop plein de mièvreries qui aurait pu alourdir le propos.
En conclusion,
un film familial dans toute sa splendeur, desservis par des comédiens hors pair qu’ils soient humains ou non, mais surtout une œuvre parfaitement maîtrisée à tous les niveaux.
Comme quoi un film sur des chiens abandonnés en plein cœur de l’antarctique peut faire chaud au cœur.