Comment parler de l’horreur absolu ? D’un drame national ignoré de la communauté internationale ? « Le printemps de Téhéran » est un film qui revient sur ces évènements avec beaucoup de pudeur, mais aussi beaucoup de dignité. Le récit oscille entre voix monocorde d’un témoignage raconté et celui des intervenants qui viennent parler de leur histoire, de leurs espoirs et de l’horreur qu’ils ont pu vivre. Le film alterne, images d’archives et animation. Cette dernière sert à illustrer le récit de certains internautes. Car la particularité de cette révolution Iranienne, c’est qu’elle fut relayée par les réseaux sociaux, que les espérances de ces hommes et de ces femmes, des jeunes qui espéraient voir leur pays changer furent portées à travers le monde via des téléphones portables et des ordinateurs. Et même lorsque le gouvernement masqua ses méfaits en coupant toutes les formes de communications, certains parvinrent par des moyens détournés à informer le monde entier.
Mais ce dernier avait déjà l’esprit ailleurs et l’Iran sombra dans l’horreur absolue, avec des miliciens qui n’hésitaient plus à tabasser à mort des jeunes dans le rues, à arrêter des étudiants pour les emmener dans des lieux fermés et leur faire subir les pires atrocités avant de les exécuter. Mais l’occident avait déjà le cœur ailleurs, et l’Iran venait de voir naître un nouveau tortionnaire.
Le film se regarde avec effroi, on n’arrive pas à croire qu’au 21ème siècle une telle horreur puisse encore être possible tant elle nous rappelle les pires moments de notre histoire. Pourtant le film ne s’arrête pas à un simple constat éloquent des méfaits d’Ahmadinejad et de ses milices, il laisse une porte ouverte à l’espoir de voir un jour cet homme au fond d’une cellule et devant des juges afin de répondre d’un véritable crime contre l’humanité, mais aussi et surtout de voir leur peuple enfin libre.
En conclusion, « Le printemps de Téhéran » est un film qui mêle témoignages réels et séquences animée revenant sur la révolution iranienne de 2009, et du bain de sang qui le suivit. Le film ne s’arrête pas à un simple constat, il ouvre une porte à l’espoir, et réveil l’occident sur un drame qu’il n’a pas jugé bon de condamner.
Dans l’ensemble l’image est de bonne tenue avec des couleurs bien pesées et des contrastes qui donnent une véritable profondeur à l’ensemble. Le documentaire oscillent entre images d'archives, animation et témoignages, parfaitement mis en valeur par un travail soigné de transfert.