France 1940, Jean Chevalin et sa famille vivent dans la misère après que ce dernier a jugé bon de… déserter ! La situation n’est plus tenable. Convaincu que « certains » s’en sortent mieux, Chevalin a une brillante idée : se faire passer pour juifs afin de bénéficier de l’aide des passeurs pour accéder à la zone libre. De malentendus en révélations, il va entrainer sa famille dans ce grand périple qui déconstruira ses préjugés un à un…
Pour son quatrième film, en tant que réalisateur, Pascal Elbé (Père et Fils) a décidé de déconstruire les stéréotypes concernant les personnes de confessions juives, en racontant l’histoire d’un homme, pendant la Seconde Guerre Mondiale, qui, après avoir déserté, décide de se faire passer pour juif, ainsi que sa famille, persuadé que cela leur sauvera la vie, tant les juifs paraissent être aidé de toute part. Un choix intéressant et nécessaires en ces temps où beaucoup de préjugés sur les uns et les autres alimentent les médias et les réseaux sociaux, pour faire se répandre des idées particulièrement nauséabondes et qui rappellent un passé douloureux pas soi lointain. Car ce que va découvrir cet homme, c’est une réalité bien différente et forcément bien loin de ces préjugés.
Sur cette base, le scénario du réalisateur est plutôt intéressant et recèle de bonnes idées comme le personnage de la Baronne qui rend hommage à toutes ces femmes de l’aristocratie qui ont profité de leur rang pour aider et sauver des juifs d’une mort certaine. Ou encore ces petites séquences qui montrent le quotidien de la population durant l’occupation avec ceux qui dénoncent et ceux qui appliquent plus ou moins contre leur gré les lois imposés par Vichy et par l’occupant. Mais c’est plutôt dans la mécanique que le scénario de Pascal Elbé manque de souffle, car tout en s’inspirant des comédies Italiennes et des films de Billy Wilder (Certains l’aiment chaud) où le rire côtoie l’émotion à chaque pas, le réalisateur, il ne parvient jamais à donner le bon rythme à son histoire. Et même si la peinture qu’il fait de ses personnages principaux comme secondaires est intéressante, il manque tout de même de profondeur, de force ou de légèreté.
Et d’ailleurs la mise en scène de Pascal Elbé va d’ailleurs dans ce sens, en étant à la fois classique et trop effacée. Les comédies Italiennes comme les films de Billy Wilder son tous marqués par un rythme, par une dynamique qui fait que l’on se laisse complètement happé par le film. Ici, certaines scènes manquent terriblement de « Pep’s », à l’instar de celle où le personnage principal décide de faire le mort pour déserter et qu’il est aux prises avec un détrousseur de cadavre. La scène pouvait être drôle mais son manque de rythme la rend complètement hors sujet. Et c’est dommage, car, « La Bonne Etoile » regorge de bonnes idées, mais souvent mal exploitées, comme les différents rebondissements qui vont forcer le héros à vaincre ses peurs et qui vont mettre à mal ses préjugés. Il manque toujours cette petite flamme qui ferait des scènes, en question, une réussite.
Pourtant la distribution ne démérite pas à commencer par Benoit Poelvoorde (Podium) qui sait jouer sur toutes les nuances de sa palette d’émotions et qui ne lésine pas sur les effets visuels pour rendre son personnage drôle, mais malheureusement le montage ne suit pas et tout ses efforts sont réduits à néant. « La Bonne Etoile » déçoit dans sa mise en scène mais pas dans son écriture. Peut-être que Pascal Elbé a eu du mal à choisir son camp entre comédie et comédie dramatique et cela rend un film qui manque de souffle et de dynamique.