Joyeux Noël

Genre
Pays
Allemagne, Angleterre, Belgique, France et Roumanie (2006)
Date de sortie
mercredi 17 mai 2006
Durée
115 Min
Réalisateur
Producteurs
Christophe Rossignon et Christopher Borgmann
Scénaristes
Christian Carion
Compositeur
Philippe Rombi
Format
Dvd 9
Critique Cinéma
Langues
PCM
Label
SS.Titres Film
SS.Titres Bonus
SS.Titres Commentaire
Français
Non
Non
Non
VF Sourds
Oui
Non
Oui
Le Film
Critique de Emmanuel Galais
Editeur
Edition
Standard
Label
Zone
2
Durée Film
115 min
Nb Dvd
1

Noël 1914, des hommes croupissant dans une tranchée, attendent la mort ou la survie dans un enfer où l’on attend le paradis, où l’on rêve à la banalité d’une vie, tout en s’inventant de chimériques destinées. Des soldats dont le quotidien ne ressemble à rien d’autre, qu’au froid qui vous glace le sang, à l’odeur qui vous pourrie les sens, et surtout à cet étrange sentiment d’absurdité. Celui de vivre la même chose que celui d’en face, de ressentir les même douleurs, de trembler pour les même peurs. L’angoisse n’a pas de race, elle est universelle, les larmes coulent identiques à celle des ennemis. Mais finalement qui sont les ennemis ? Qui sont les justes ou les bourreaux ? Dans ce conflit principalement, l’absurde rivalisait avec l’horreur, des hommes pétrifiés candides à la cause des grands, se laissaient entraîner dans un enfer de chair, de sang et de larmes. Seulement parfois dans toute cette aberration, naissait une intense lumière, un moment d’intense plénitude, où l’humain se découvre bon, où les sentiments enfantent la vérité. Alors ce soir de Noël, les soldats ont décidé de faire taire les armes, de laisser la magie du moment agir. Un instant où ces soldats réalisent qu’ils ont en face d’eux des identiques reflets. Des hommes souffrant des mêmes maux, des enfants implorant les mêmes mères, priant un même dieu, hurlant de douleur dans la même neige sur un même sol. Déjeunant d’identiques repas innommables, apeurés de raisons identiques. Finalement, on finit par se rendre compte que l’horreur absolue ne se cache pas sous les cadavres de soldats morts pour une nation, mais dans les paroles d’officiers oeuvrant au sec dans leurs maisons. Condamnant, les sages d’avoir offert de la lumière dans le cœur de ses hommes noircit par la guerre, incitant les jeunes à tuer pour une langue, un peuple, une religion. Mais au nom de qui ? De quoi ? D’un roi, d’un président, d’une idée que l’on se fait de l’idéal. Dans ces temps où la morale faisait place aux barbares, une telle œuvre nous rappelle que les responsables de ces guerres fêtaient Noël dans des palais.

Filmé avec beaucoup de soin, « Joyeux Noël » est une œuvre marquante, injustement mal récompensée, qui nous permet encore plus maintenant de nous pencher sur l’ironie de l’histoire qui ne cesse de se répéter et sur l’absurdité des guerres. Un film cruel sur les sentiments, intransigeant sur le conflit, qui ne laisse personne indifférent.

Interprété par ce qui se fait de mieux en France, en Angleterre et en Allemagne, le film est un hommage à tous ces hommes dont la souffrance n’a pas d’égale. Guillaume Canet (Mon idole, 02, Narco, 03), tout en retenue partage son personnage entre devoir et sentiment, hésitant à la trêve saisissant dans l’amour qu’il porte à ses soldats. C’est d’ailleurs au milieu de ces soldats que l’on découvre un acteur émouvant à l’extrême, car il n’y a rien de plus attachant qu’un humoriste s’assombrissant à l’écran. Dany Boon (La Doublure, 05, La maison du bonheur, 06) rejoint le panthéon des Coluche et autres Bourvil, jouant de ses origines pour donner de la grâce à son personnage. Diane Kruger (Troie, 03, Les brigades du tigre, 05), illumine l’écran de sa présence qui adoucit cet univers de souffrance masculine, et Daniel Brühl, ( Goodbye Lenine, 02, Les dames de Cornouailles, 04) nous confirme si besoin en était son talent et la beauté de son regard particulièrement assombri. Enfin Gary Lewis (Billy Elliott, 99, Gangs of New York, 02), semble devenir un maître dans l’art de tout dire dans un silence. Son regard est un flot de discours à faire trembler n’importe quel politicien

Ajoutons à cela un scénario dont chaque réplique vous perce le cœur comme une flèche empoisonnée, des dialogues au minimum, mais en rien minimaliste nous transperce de leurs justesses. Maîtrisées à l’extrême, certaines phrases raisonnent longtemps encore après le générique de fin. Comme le discours de l’évêque incitant à tuer des Allemands, où le chant de  Benno Fürmann qui raisonne en appel à la paix.

Christian Carion (Une hirondelle fait le printemps, 01), nous plonge sobrement mais avec détermination, dans l’univers de cette paix longtemps condamnée, par des hommes abandonnés de toutes logiques humaines. Frôlant les personnages avec une caméra souvent discrète laissant filtrer les émotions,  faisant d’un champ de bataille, une féerie de fraternité. Le réalisateur évite définitivement les pièges du mélo et nous offre ainsi une grande leçon d’humanité, par un fait d’histoire trop longtemps jugé comme étant de la haute trahison.

En conclusion, une œuvre majeure dans l’univers du cinéma européen. Un film qui nous présente la guerre sous son visage le plus absurde et le plus terrifiant. Un message d’une profonde humanité, un hommage d’une grande générosité pour des hommes qui avaient eu le courage de passer outre l’imbécile obéissance pour conserver cette étrange volupté propre à la célébration de Noël.
L'image
Couleurs
Définition
Compression
Format Vidéo
16/9 anamorphique couleur
Format Cinéma
2.35:1
Une image d'une très grande beauté, frisant la perfection. Jouant parfaitement les contrastes. Il suffit de voir l'une des scènes de brouillard pour s'en assurer. Les couleurs sont agréablement stable, aucune instabilité. Les ambiances flouttées du film sont d'un réalisme saisissant. Une très grande réussite.

Le Son
Langue
Type
Format
Spatialisation
Dynamique
Surround
Français
5.1

Version française 2.0, trop faible pour assurer un plaisir total, mais aussi VF en 5.1, qui par contre rend au film toute sa splendeur, des sonorités assourdissantes des bombes à la voix cristalline de la cantatrice, tout y est parfaitement respecté. Un grand plus : La version Originale (entendre par là : Franco-Brittano-Allemande) en DTS pour un plaisir décuplé.

Les Bonus
Supléments
Menus
Sérigraphie
Packaging
Durée
0 min
Boitier
Amaray
Un Avant-Propos qui permet de se situer par rapport au film et qui permet de percevoir l'ampleur du sujet. Les commentaires audio de Christian Carion et Christophe Rossignon, particulièrement interressants offrant au spectateur un eclairage supplémentaire sur le cheminement qui amena à ce chef-d'oeuvre. Un diaporama musical particulièrement émouvant. Et enfin pour finir la bande annonce Originale. N'ayant eu que la version simple, je ne peux donner d'avis sur le coffret collector. On aurait quand même aimé en avoir plus, même dans l'édition simple.
Bonus
Livret
Bande annonce
Biographies
Making of
Documentaire
Interviews
Com. audio
Scènes sup
Fin alternative
Galerie de photos
Story board
Multi-angle
Liens internet
Interface Rom
Jeux intéractifs
Filmographies
Clips vidéo
Bêtisier
Bonus Cachés
Court Metrage
Avant-Propos