Budapest 1957, après l'échec de l'insurrection contre le régime communiste. Andor, un jeune garçon juif, vit seul avec sa mère Klara qui l'élève dans le souvenir de son mari disparu dans les camps. Mais quand un homme rustre tout juste arrivé de la campagne prétend être son vrai père, le monde d’Andor vole soudain en éclats…
Il y a 11 ans le réalisateur Hongrois Lazslo Nemes surprenait le monde du cinéma et surtout le Festival de Cannes avec « Le Fils de Saul », qui suivait le personnage de Saul, un membre des « SonderKommando », ces juifs mis à l’écart des camps et forcés d’assister les Nazis dans leur plan d’Extermination. Le film se déroulait quasi intégralement du point de vue du personnage principal pour impacter encore plus le spectateur. Un cinéma radical qui fit entrer le réalisateur dans la cour des grands. Depuius, le réalisateur a pris son temps en signant seulement un film en 2019 « Sunset » et « Orphelin » cette année et qui est la raison de cet article. Et en attendant bien sûr son « Moulin » avec Gilles Lelouche qui fut présenté à Cannes et fut l’une des petites polémiques du Festival comme il y en a souvent avec autant d’éphémère que la manifestation elle-même.
Ce qui est sûr c’est que le cinéaste ne laisse pas indifférent et que son cinéma toujours radical, est soit adoré ou détesté. Moins radical tout de même que Lars Von Trier (Nymphomaniac), l’art de Nemes suscite le débat et les sujets dont ils s’emparent sont souvent fait pour cela. Ici, nous sommes en 1957, la révolution Hongroise fut écrasée par le régime communiste, bien décidé à imposer ses règles et ses didacts. La paranoïa s’empare des Hongrois et une partie de la population continue de panser ses plaies de la Seconde Guerre Mondiale et des camps de Concentration. Une page mal connue de l’histoire de la Hongrie que le réalisateur va alors développer sur plus de deux heures de film. A travers le regard d’Andor, un jeune garçon qui va apprendre à vivre avec les souvenirs, les espoirs et les résolutions de sa mère. Il va se créer sa bulle, grandir dans ce qu’il pense être la vérité au milieu d’un monde qui ne fait que mentir et pervertir les faits pour les rendre en accord avec l’idéologie communiste du moment. Jusqu’à ce qu’un homme arrive et vienne tout remettre en cause.
On comprend assez aisément la métaphore que le réalisateur tisse autour de l’histoire de ce garçon, et le scénario qu’il a signé avec sa collaboratrice de longue date Clara Royer (Le Fils de Saul), ne cherche pas à masquer ses ambitions, mais plutôt à les renforcer en mêlant les personnages, que ce soit la meilleure amie d’Andor et son frère, ou les différentes rencontres qu’il va faire, Andor va vite comprendre qu’il vit dans une utopie créée pour le protéger ou pour lui inventer une vie masquant une réalité plus sombre. Précis, et touchant, le scénario suit avec rigueur le parcourt du garçon et décrit une société sombre, presque dystopique, où les habitants doivent apprendre à mentir pour survivre, eux, qui ont, pour beaucoup survécut au nazisme.
Mais voilà, le réalisateur reste à distance de son sujet en permanence et ne s’implique jamais vraiment. Toujours dans sa démarche radicale, il soigne ses plans et son rythme, mais le choix de ne pas se positionner au cœur de son sujet rend l’œuvre froide et difficile d’accès pour les spectateurs qui auraient aimé plus de chaleur dans la manière dont le réalisateur filme les relations entre ses personnages et la façon dont il les dessine. Car c’est bien là que le ton perturbe le spectateur. Chaque personnage suit un parcours, mais n’est jamais dessiné pour que les spectateurs puissent totalement les aimer où les détester. Ey même si Grégory Gadebois (Louise Violet) trouve un rôle à sa mesure à savoir tout en opposition, à la fois brutal et doux, touchant et repoussant, et qu’Andrea Waskovics (Stars of Little Importance) livre une prestation toute en subtilité et en retenue on ne parvient jamais à savoir quels sentiments elle éprouve pour ce fils, obsédé par l’idée de trouver son père.
« Les Spécificités Techniques du Tournage », un documentaire qui revient sur le travail pointu que les équipes ont dû fournir pour donner vie à cette nouvelle œuvre la reconstitution.
« Le Contexte Historique », l’historien Zoltan Vagi revient sur cette part sombre et mal connue de l’histoire de la Hongrie.
« La Genèse de Orphelin », revient sur l’écriture du scénario et la manière dont le réalisateur a développé son histoire.
Puis un making of qui permet de voir le réalisateur et son équipe au travail.