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13 Tzameti

Genre Thriller
Pays France (2006)
Date de sortie mercredi 23 août 2006
Durée 87 Min
Réalisateur Gela Babluani
Avec Georges Babluani, Aurélien Recoinq, Augustin Legrand, Philippe Passon, Pascal Bongard, Fred Ulysse, Nicolas Pignon
Producteurs Olivier Oursel, Jean-Marie Delbary, Bruno Daniault, Morteza Mohammadi et Alexandre Meliava
Scénaristes Gela Babluani
Compositeur East (Troublemakers)
Format Dvd 9
Site Internet Site officiel
DVDcritiques : critique ciné
Informations
Complémentaires
SUNDANCE 2006 : Grand Prix du Jury. VENISE 2005 : Prix de la meilleure première oeuvre.
Critique Cinéma 13 Tzameti
 

Langues
  PCM Label Film Bonus Commentaire
  Français
Non
Non
Non

Le Film Critique de Nicolas Polteau
  Editeur  
  Edition   Simple
  Label  
  Zone  2
  Durée Film  87 min
  Nb Dvd  1
   
   

Public concerné

Lors de sa sortie en salles, 13 Tzameti fut interdit aux mineurs de moins de 16 ans. Raisons invoquées par la commission de classification : le film se déroule dans un climat de violence extrêmement éprouvant et ne peut convenir à des jeunes de moins de 16 ans.


Autour du film

Le réalisateur-producteur-scénariste : Gela Babluani.

Gela Babluani est né à Tbilissi en Géorgie il y a 28 ans.
Fils du metteur en scène Temur Babluani (auteur de quatre films dont La Migration des Moineaux, sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes en 1998 et le dernier, Le soleil des veilleurs, Ours d’Argent à Berlin en 1993), Gela, lors de son enfance, vit beaucoup dans la rue la frénésie d’une époque dense en changements politiques et économiques. Dès la chute du mur, en 1989, la Géorgie plonge dans la liberté mais aussi le chaos. Gela grandit en pleine guerre civile, dans un monde où la corruption, les luttes de clans, les fusillades, les militaires et la mort finissent par devenir son quotidien.
Gela a 17 ans quand Temur envoie ses quatre enfants étudier en France. À Paris, le jeune Gela écrit beaucoup, s’enthousiasme pour la langue française et s’intéresse au cinéma. Même à distance, la relation avec le père demeure essentielle dans sa démarche cinématographique.
Ses références restent celles du cinéma soviétique, des grands films en noir et blanc, muets, qu’il découvrait sur grand écran à Tbilissi avec son père. La force de frappe de l’image et la puissance du montage le clouait des heures à son siège.
Formellement, c’est cette même force de l’image qu’il essaye de retrouver dans ses films dès le premier court métrage, À fleur de peau, en 2002.
13 Tzameti est le premier long métrage de Gela Babluani qui fut par ailleurs une expérience douloureuse au niveau de la production (les 52 premières minutes furent autofinancées par le réalisateur).
Aux dernières nouvelles, Gela Babluani vient de tourner en Géorgie, avec son père, son deuxième film, L’Héritage avec Sylvie Testud, Stanislas Merhar, Pascal Bongard et Georges Babluani.


Résumé

Quelque part, dans un endroit reculé au bord de la mer, Sébastien, 22 ans, répare la toiture d’une maison. Le propriétaire meurt d’une overdose après avoir reçu une étrange convocation censée lui rapporter beaucoup d’argent. Sébastien récupère l’enveloppe et décide de prendre sa place. Commence pour lui un jeu de piste qui le mènera jusqu’à un huis clos clandestin, un monde cauchemardesque où des hommes parient sur la vie d’autres hommes...


Critique subjective


Fils de Temur Babluani (La Migration des Moineaux et Le soleil des veilleurs), Gela Babluani suit le digne chemin de son père en passant pour la première fois derrière la caméra afin de réaliser 13 Tzameti. Le film évoque l’histoire d’un jeune homme (Georges Babluani), qui pour aider financièrement sa famille, se retrouve dans un jeu des plus sordides : la roulette russe !  L’oeuvre est pleine de sensibilité, d’émotion, de suspens mais aussi de violence.
Couronné à travers le monde, notamment à Venise puis à Sundance (une première pour un film français), 13 Tzameti semble rassembler autour de lui un formidable bouche-à-oreille, principalement au niveau des professionnels puisque le public fut étonnamment absent (faute d’une distribution efficace ? manque de soutien des média ?). Pour autant, face à cet engouement, peut-on dire que le film soit une totale réussite ?


Satire sociale

Première question me direz-vous, que signifie le titre du film 13 Tzameti, et plus précisément tzameti ? Ce mot géorgien se traduit par treize en français. C’est donc une double répétition qui renforce la connotation superstitieuse du nombre treize (chance ou malchance ?) car selon le réalisateur, le choix d’un tel titre évoquait le parcours du personnage principal (les mésaventures comme les moments de bonheur). Après l’explication du titre qui s’imposait, revenons quelques instants sur l’origine du projet, et en particulier sur les inspirations de Gela Babluani. Le réalisateur a vécu son enfance et son adolescence en Géorgie, dans une ex-république soviétique minée par la pauvreté et la corruption. Il a voulu retranscrire cela à l’écran et s’en explique : « Je voulais organiser un film sur la condition humaine dans son côté crade. Je me suis inspiré des relations humaines, de ces rapports de manipulation, des jeux de pouvoir. »
Le thème général en poche, il ne lui manquait plus que le sujet. Ce serait la roulette russe à la sauce Babluani, c'est-à-dire un tournoi à plusieurs rounds où les tireurs se retrouvent en cercle, pointant chacun le canon de leur arme sur la personne de devant. Un jeu clandestin terriblement sanglant où les participants ne se verraient être que des objets servant à enrichir les parieurs. Babluani évoque avec sérieux le sujet : « Je trouve que l’on vit dans un monde et un quotidien de compétition, dans une élimination de l’autre à des niveaux différents. » De même, il se questionne sur la méprise de la violence dans son sens le plus fort : « La mort ne choque plus de nos jours. Pourquoi ? »
Dans la vision idéale de l’auteur, un chaînon manquant à l’édifice subsistait, le contexte. Le choix se porta sur la condition sociale déplorable d’une famille étrangère. Tous les éléments furent par conséquent réunis afin d’obtenir un récit proche de la réalité tout en paraissant irréel ! Le résultat ne pouvait qu’être un choc !


Une narration pyramidale

S’il ne devait y avoir qu’un élément qui justifierait la vision de 13 Tzameti, ce serait son scénario - même si un défaut subsiste, détaillé au paragraphe suivant - diablement efficace ainsi que sa construction narrative aux allures de pyramide. Explications. Les cinquante premières minutes du film se révèlent être relativement posées, Gela Babluani met en place son histoire et ses personnages (avec talent bien entendu). Brusquement, le long métrage s’emballe avec un jeu de piste, pour arriver à son paroxysme lors du jeu macabre de la roulette russe. La tension et le suspens sont à leurs combles ! Après ce quart d’heure de folie, la pression se relâche inexorablement pour redevenir au final quasiment nulle, jusqu’au dénouement ! On repère par conséquent les trois phases qui forment une sorte de triangle. Une formule qui a le mérite de faire ses preuves !
En outre, on ne peut qu’admirer également la maîtrise dont fait preuve le metteur en scène derrière sa caméra, tout particulièrement les scènes de roulette russe où le spectateur est véritablement happé par le jeu ! Toutefois, quelques réserves doivent être faites sur certains points.


La fin d’une histoire

Premier point sur lequel on pourrait adresser des reproches, le jeu d’acteur du comédien principal (Georges Babluani). Alors que le reste de la distribution est en parfaite adéquation avec les personnages (spécialement Aurélien Recoing), le frère du réalisateur nous livre une interprétation franchement navrante. Aucune émotion ne se dégage de son visage, insipide au possible !
Le deuxième et dernier point concerne l’épilogue (que l’on ne dévoilera point dans ces lignes). C’est fort regrettable d’avoir bâclé cette formidable histoire avec un coup de Trafalgar ! Après un brillant départ et une course éclatante, la fin gâche un peu le plaisir. Dommage !


Verdict

13 Tzameti est un premier film efficace et refroidissant qui exhorte la tension palpable à l’écran à son maximum. Hormis un faible budget qui pèse nécessairement sur certaines séquences ainsi qu’une conclusion pour le moins hâtive, force est de constater qu’il se révèle remarquable tant au niveau du scénario (satire sociale), de sa construction que de la réalisation. Gageons que Gela Babluani devienne dans un futur proche un acteur majeur du cinéma hexagonal ! Un talent à surveiller, sans aucun doute !


L'image
  Définition
  Couleurs
  Compression
   
  Format Vidéo 16/9 anamorphique n&b
  Format Cinéma 2.35:1
   
   
Première impression, l’image possède quasiment le même grain que lors de son passage en salles. Un grain qui aurait pu malmener la compression mais qui heureusement ne s’immisce en aucun cas pendant la diffusion du film. Cependant, la définition se retrouve altérée par moment (cf. 37’59 en autres). De même, on dénote quelques taches blanches sur le master qui ont vraisemblablement été oubliées lors du dépoussiérage ! Globalement, l’image se révèle de très bonne facture et ce, malgré quelques petits défauts !

Le Son
 
Deux pistes sont proposées sur le DVD : la VF Dolby Digital 5.1 et la VF Dolby Digital 2.0 (le film est majoritairement en français avec quelques passages en géorgien sous-titrés en français).
Une belle ambiance sonore se dégage de 13 Tzameti, l’effort est indéniable sans être parfait pour autant ! Notons, tout d’abord, une spatialisation des plus efficaces aussi bien sur les enceintes avant (cf. 5’20 : moteur de voiture sur les frontales) que celles à l’arrière (cf. 18’33 : cris de mouettes sur les surrounds). La localisation n’est pas en reste même si le message ne parait pas aussi précis qu’on aurait pu le souhaiter (cf. 24’48 : sonnerie téléphone sur frontale gauche et enceinte centrale) ! À noter également, un léger manque de dynamisme concernant certaines situations dont par exemple, les coups de feu, plus proches du pétard que d’une arme !
À propos des éventuelles différences ente les deux pistes, on décèle un indéniable manque de puissance pour la stéréo par rapport à la piste multicanale (cf. 65’34 : son plus étouffé en stéréo). Malgré cela, elle se révèle très compétitive avec notamment une belle ouverture ! Les amateurs de stéréo apprécieront !

Les Bonus
  Supléments
  Menus
  Sérigraphie
  Packaging
 
  Durée 55 min
  Boitier Amaray
   
   

Menus

Les menus sont relativement sobres (dans l’esprit du film), offrant, par ailleurs, d’agréables transitions animées entre chaque menu.


Suppléments

 
  • Les frères Babluani (27’53). Interview des deux frères, le réalisateur (Gela) et l’acteur principal (Georges). Ils abordent divers sujets dont celui de la venue tardive de Georges sur le film mais aussi des aspects plus techniques comme le choix du titre (la symbolique du chiffre 13). De même, le réalisateur parle du décor (la maison), l’utilisation du noir et blanc pour la photographie, le casting (six mois de recherche et plus de 3000 personnes vues), les conditions de tournage (manque de moyens), ses inspirations (comme Tarkovski par exemple), le montage (qui fut d’une grande longueur), les récompenses (Sundance, Venise) et le projet du remake américain (qui se fera sûrement avec Gela derrière la caméra et en couleur). Des interventions intéressantes qui ne remplacent toutefois un bon commentaire audio !

  • Numéro 6 (10’30). Interview d’Aurélien Recoing qui interprète Jacky, le numéro 6 dans le film. L’acteur évoque son personnage et son implication dans celui-ci. Selon lui, la mise en scène très directive et minutieuse de Gela Babluani lui a permis de rentrer complètement dans la peau de son personnage. Il souligne aussi que de tels rôles sont de plus en plus rares dans le cinéma et par conséquent qu’il était heureux d’avoir eu l’opportunité de jouer ce type d’individu.

  • Scènes coupées sans commentaire audio. Première séquence (2’30) : Sébastien se présente chez M. Godon pour lui proposer ses services en tant qu’ouvrier en bâtiment. Dans le même temps, une personne vient dérober le courrier de M. Godon. Information pas forcément utile ou que l’on apprend a posteriori, c’est pourquoi on approuve la décision de la couper. Deuxième scène (1’15) : la police apprend que M. Godon est décédé suite à une overdose, en conséquence, l’enveloppe qui lui était destinée doit être récupérée. Troisième scène (3’55) : l’ami de M. Godon demande à Sébastien s’il a vu une enveloppe. Un policier vient également dans la maison pour enquêter. Quatrième séquence (40’’) : Sébastien refuse d’aller plus loin dans le jeu. Cinquième scène (1’20) : un homme de main tente de retrouver Sébastien. En vain ! Sixième et dernière séquence (1') : le contrôleur d’un train indique à Sébastien qu’il se trouve dans le mauvais train. On comprend mieux en ayant visionné les scènes qu’elles aient été coupées au montage, la trame se retrouve ainsi plus allégée sans dénaturer pour autant le récit.

  • Témoignage d’un survivant (6’10). Reportage fictionnel dans lequel un survivant du jeu nous divulgue quelques secrets sur « le jeu de folie calculé », notamment que c’étaientt ses pseudo employeurs qui le contactaient et non l’inverse. Il raconte aussi qu’il est impossible de tricher concernant les balles. Enfin, il s’exprime sur son rapport avec la vie, que pour lui, ne compte que l’argent et que la mort est démystifiée. Amusant sans être véritablement instructif.

  • Bande-annonce du film (1’10).


Bonus
  Livret
  Bande annonce
  Biographies
  Making of
  Documentaire
  Interviews
  Commentaire audio
  Scènes supplémentaires
  Fin alternative
  Galerie de photos
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