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Herbes flottantes

Titre Original Ukigusa
Genre Drame
Pays Japon (1959)
Date de sortie mercredi 24 octobre 2007
Durée 114 Min
Réalisateur Yasujiro Ozu
Avec Ganjiro Nakamura, Machiko Kyô , Ayako Wakao, Hiroshi Kawaguchi, Koji Mitsui, Chishu Ry
Producteurs Masaichi Nagata pour Daiei Studios
Scénaristes Yasujiro Ozu et Kôgo Noda
Compositeur Kojun Saitô
Format Dvd 9
 

Langues
  PCM Label Film Bonus Commentaire
  Japonais
Non
Non
Non
  Français
Oui
Non
Non

Le Film Critique de Laurent Berry
  Editeur  
  Edition   Standard
  Label  
  Zone  2
  Durée Film  114 min
  Nb Dvd  1
   
   

L'histoire

Une troupe de théâtre retourne dans un petit village de pêcheurs au sud du Japon. L'acteur principal, Komajuro, s'y découvre un fils, Kiyoshi. La maîtresse de Komajuro, se voyant délaissée profit de ce dernier, charge Kayo, une jeune actrice de la troupe, de séduire Kiyoshi...

Critique artistique

Après s’être vu confié une première réalisation en 1926 pour le compte de la Shochikû  où il rencontrera Kôgo Noda avec qui il travaillera sur pratiquement tous les scénarios de ses films, Yasujiro Ozu signera 54 films qui ont influencés de nombreux réalisateurs dans le monde entier. 51 de ses films ont été tournés pour le compte de la Shochikû à l’exception d’Herbes flottantes et des soeurs munekata(1950) qu’il réalise pour la Shintoho. Avec Herbes Flottantes, Ozu réalise le remake d’un de ses propres films muets, Histoires d’herbes flottantes (1934), un cinquantième film dans une oeuvre qui s’achèvera trois ans plus tard avec Le Goût du Saké. En dépit d’une production conséquente, Printemps tardif, tourné en 1949, passe pour être le premier film dont le style manifeste clairement les caractères qui seront ceux de ses films jusqu’à sa mort. Ses films parlent du long déclin de la famille japonaise, et par-là même, du déclin d’une identité nationale. Hou Hsiao-Hsien reprendra ce motif en signant le film de commande Café lumière en hommage au maître japonais ce qui est un comble pour un taiwanais qui parviendra cependant parfaitement à prolonger le cinéma d’Ozu en adoptant un cinéma épuré avec une matrice de plan rigoureuse et choisit un diaphragme qui ne sera jamais changé.

Ozu est un cinéaste étonnant à la fois dans son cinéma et dans sa vie privée. Bien que ses premières références cinématographiques soient américaines, il finira par adopter un style très éloigné de la grammaire de ce cinéma. De même, il ne cesse de parler de la famille et des relations entre ses membres mais restera célibataire toute sa vie (on lui prête toutefois une relation très intime avec l'actrice Setsuko Hara), sans descendance et vivant avec sa mère. Il meurt d’un cancer peu de temps après son décès. Le réalisateur et l’homme ont agis comme si tout ce qui était ses envies les plus profondes devait être écarté. Il épure sa grammaire cinématographie en se détachant de celle plus classique en cours dans le cinéma américain de ses débuts ce dont témoigne la disparition des quelques rares travelling présents dans Histoires d’herbes flottantes lors du remake. Ozu s’invente une cinématographie fait de plan fixe, de cadrage bas dit de tatami, sans véritable gros plans et avec une mise une scène souvent tout aussi minimale que l’écriture des scénarios. Le réalisateur a mené sa carrière avec une grande autonomie artistique y compris lors de l’arrivée du son, une étape qui ne l’a pas perturbé. Alors que d’autres passe au cinéma sonore, Ozu continue de faire du cinéma muet, ayant promis à Mohara et son assistant Yuharu Atsuta, de ne faire des films sonores que lorsque ceux-ci auront eu le temps et l’occasion d’en maîtriser la technique.

Les deux versions sont très proches, sans doute parce qu’Ozu était pressé par le temps car il était contractuellement tenu de faire un film par an pour la société de production Shochikû, et parce qu’il choisit le remake d’un de ses propres films comme un exercice de liberté créative lui permettant de plus de donner un autre regard sur la paternité qu’il n’a jamais connu. Il ignorait en effet en 1934 qu’il ne serait toujours pas père en 1959. En dépit de cette proximité certaine il faut concéder que ces deux films sont très différents en particulier parce que l’on passe d’un film muet en noir et blanc à un film parlant en couleur, qu’Ozu construit différemment les personnages et parce qu’il actualiser son propos sur les situations traitées, entérinant ainsi l’évolution de la société au cours des 25 années qui séparent les deux films. On retrouve de nombreux éléments de la première version et notamment le joli plan où des papillons tombent dans le raie de lumière d’une lampe. Parmi les différences notoires entre les deux versions on note la différence de durée (on passe de 89mn à 119mn) et la différence de psychologie des personnages a beaucoup évolué. Le garçon qui était soumis à son père dans la première version est beaucoup plus affirmé dans herbes flottantes ; il défend sa mère et la jeune actrice. Le père quand à lui est beaucoup plus humain et sympathique dans Herbes flottantes. Le premier film se déroule dans les terres tandis que le remake se déroule au bord de la mer. Dans les deux films Ozu, reprend le long passage où la troupe se produit sur scène. On voit ainsi les deux acteurs regarder les spectateurs par un trou dans le rideau.

Passé à la couleur en 1958 en réalisant Fleur d’équinoxe et après s’en être longtemps opposé comme pour le son, Ozu signe tout de suite après trois films en couleurs qui sont des variations de thèmes qu’il a déjà traités dans d’autres films. On trouve donc Bonjour(1959) qui est un remake de Gosses de Tokyo, Fin d’automne (1960) le remake de Printemps tardif (1949) et Herbes flottantes (1959) qui reprend le scénario d’Histoires d’herbes flottantes (1934) dans un décor insulaire. Dans le premier film on se trouve dans un décor campagnard traversé par des trains à un décor insulaire où le couple ne se retrouve plus sous un arbre ou assis dans les champs mais dans un chantier naval appuyés contre la coque d’un bateau. Le premier film offre quelques plans assez fantastiques que l’on ne retrouvent pas dans le remake mais ce dernier est plus réussit grâce à une très belle photo signé par le chef opérateur Kazuo Miyagawa, une atmosphère très agréable et une très bonne distribution d’où émerge Ganjiro Nakamura (grand acteur de Kabuki), le directeur de la troupe,  Machiko Kyo, Haruko Suginura et Ayako Wakao.

Verdict

L’éditeur Mk2 propose une édition DVD de Herbes flottantes (1959) du réalisateur nippon Yasujiro Ozu, un remake d’Histoire d’herbes flottantes (1934) du même cinéaste. Ce film qui est un des deux films à avoir été réalisé par Ozu avec une autre société de production que la Shochikû avec laquelle il signera 50 films. L’édition qui est de bonne facture et accompagnée de commentaires éclairés de Charles Tesson permet de prendre la pleine mesure de l’évolution du cinéaste et de la société en 25 ans.



L'image
  Définition
  Couleurs
  Compression
   
  Format Vidéo 4/3 couleur
  Format Cinéma 1.33:1
   
   
Le master est maîtrisé, propre et on retrouve le charme des productions de l’époque. Il ne souffre d’aucun défaut à part quelques petites et très discrètes tâches blanches. La colorimétrie est bonne et le contraste est moyennement marqué ce qui correspond sans doute au master original. La définition est parfaite et la netteté suffisante. On peut dire que cette copie est satisfaisante compte tenu de l’âge du film (1959). Selon le diffuseur une partie réduite de l’image peut être hors cadre.

La scène de pêche dans les deux films

Le Son
 
Cette édition DVD de Les herbes flottantes est proposée avec une piste audio Dolby Digital 2.0 mono (192 Kbps) en version japonaise avec sous-titrages français. Comme on peut s’en douter on a une piste frontale qui exploite uniquement les deux enceintes avant, qui est de puissance moyenne et qu’il ne faut pas hésiter à pousser un peu. Elle reste cependant équilibrée et remplit son office de manière suffisante.

La scène durant laquelle les acteurs regardent les spectateurs par un trou dans le rideau

Les Bonus
  Supléments
  Menus
  Sérigraphie
  Packaging
 
  Durée 40 min
  Boitier Amaray
   
   

Bonus

Préface par Charles Tesson (10min) : Une très bonne introduction au film, expliquant comment ce remake a été possible notamment par rapport au contrat qui lie Ozu à sa société de production pour laquelle il doit réaliser un film par an.

Scènes commentées par Charles Tesson (30min)

- Pêche à la ligne (2mn 24) : On s’attarde sur une scène de complicité entre père et fils.
- Une visite (4mn 31) : mise en évidence des détails scénographiques et de la circulation entre espaces ainsi que de l’utilisation d’éléments architecturaux comme l’escalier pour connecter deux scènes. L’espace est très construit chez Ozu.
- Amour et bateau (2mn 46) : correspondance entre décors et acteurs, décors et psychologie des personnages qui s’articulent pratiquement comme une dialectique
- Une impossible famille (12mn 10) : le motif de la bouteille pour dire un événement passé ou la fin d’une action. Le geste trahit l’émotion intérieure, une constance chez Ozu dont on prend ici conscience de la précision de la mise en scène y compris dans la manipulation anodine d’un éventail.
- Les accessoires comprenant la coupe glacée (2mn 05) et la Cigarette (4mn 52) :
La coupe glacée sert de rotule autour de laquelle s’articule toute la scène et le cadrage. La cigarette, un élément anodin devient un élément moteur de la scène. Comme souvent Ozu extrait de situations et d’objets anodins des moments de vérités et d’émotion. La réconciliation passe par la cigarette que le chef de la troupe accepte de la part de l’actrice. La gestuelle est aussi importante que les échanges entre les personnages.

Menus
L’interface est simple avec fonds animés et musique. Le film est découpé en 13 chapitres accessibles depuis un menu spécifiques.  



Bonus
  Livret
  Bande annonce
  Biographies
  Making of
  Documentaire
  Interviews
  Commentaire audio
  Scènes supplémentaires
  Fin alternative
  Galerie de photos
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