La chose d'un autre monde

Titre Original
The thing from another world
Pays
Etats-Unis (1951)
Date de sortie
mercredi 1 novembre 2006
Durée
83 Min
Réalisateur
Producteurs
Howard Hawks, Edward Lasker
Scénaristes
Charles Lederer, Ben Hecht
Compositeur
Dimitri Tiomkin
Format
Dvd 9
Langues
PCM
Label
SS.Titres Film
SS.Titres Bonus
SS.Titres Commentaire
Français
Oui
Oui
Non
Anglais
Non
Non
Non
Le Film
Critique de Julien Sabatier
Editeur
Edition
Collector
Label
Zone
2
Durée Film
83 min
Nb Dvd
1

L’histoire

Dans une station polaire, des militaires et des scientifiques vont être confrontés à une créature extraterrestre dont les intentions sont loin d’être pacifiques.

Critique subjective

Adaptation cinématographique d’une nouvelle de John W. Campbell, La chose d’un autre monde est coproduit par le mythique studio RKO et Winchester pictures, la société d’Howard Hawks. Officiellement, le film a pour metteur en scène Christian Nyby, monteur attitré du cinéaste. Officiellement car, si Howard Hawks n’est crédité qu’en tant que producteur, tout indique pourtant qu’il a réalisé The thing from another world (on y retrouve des thèmes qui lui sont chers et une esthétique typée). Alors, comme dirait John Carpenter, « Désolé monsieur Nyby, mais c’est un film d’Howard Hawks ».

Prenons la peine de rappeler brièvement l’histoire. Basés dans une station au pôle Nord des militaires et des scientifiques découvrent un engin spatial pris sous la glace. Si le vaisseau d’outre espace est détruit par maladresse (!), les hommes parviennent toutefois à ramener une créature prise dans un bloc de glace, un être qu’une seconde maladresse (décidément) va libérer de sa froide prison. Humanoïde végétal (une super carotte !) se nourrissant de sang et possédant une intelligence supérieure, la belliqueuse créature est bien résolue à coloniser la terre. Militaires et scientifiques auront dès lors des positions radicalement opposées sur ce qu’il convient de faire : tuer la chose (pour les premiers) ou conserver cette forme de vie dont la valeur scientifique est inestimable (pour les seconds). Visiblement inspiré par ce canevas narratif, Howard Hawks signe une réalisation précise qui impressionne par sa capacité à gérer visuellement un espace très étroit (le film est un huis clos). Le réalisateur joue aussi beaucoup sur la notion de hors champ (afin de ne pas exposer une créature dont l’aspect ne lui convenait guère ?) et suggère plus qu’il ne montre (silhouette de la chose dans la glace, ombre de la créature, scènes dans l’obscurité, etc.). Le « montrage » se fait très progressif et la créature n’est dévoilée qu’à la toute fin du métrage.

La chose d’un autre monde est doublement symptomatique de son contexte historique (nous sommes en 1951). Le métrage exploite des rumeurs datant de 1947 (année où un OVNI se serait écrasé sur le sol américain) et l’énorme engouement du public pour le phénomène des soucoupes volantes. En sous texte, le film entretient la peur du communisme, la paranoïa rouge (The thing from another world sort sur les écrans US en pleine guerre froide). Les dernières paroles du film, prononcées par le personnage du journaliste, sont d’ailleurs des plus éloquentes : « Restez toujours vigilants. Surveillez le ciel ».

Si l’on parle encore de La chose d’un autre monde plus de cinquante années après sa sortie, c’est également parce que le titre constitue une oeuvre matricielle, un terreau fertile sur lequel a poussé tout le cinéma de science-fiction américain. Des réalisateurs comme Steven Spielberg et James Cameron reconnaissent volontiers l’influence du métrage sur leurs filmographies. Exemple : l’idée du détecteur de créatures, que l’on retrouve notamment dans la saga Alien, vient de The thing from another world. Mais s’il est un cinéaste qui a été profondément marqué par le film d’Howard Hawks, c’est bien John Carpenter. Non seulement Big John a toujours montré son attachement à Hawks (Carpenter est parfois crédité sous le pseudonyme de John T. Chance, Assaut est une relecture de Rio bravo, de nombreux films du réalisateur d’Halloween sont des westerns déguisés, etc.) mais, qui plus est, il a réalisé un remake de La chose d’un autre monde (The thing en 1982). Une nouvelle version organique, paranoïaque à souhait et doublée d’une intéressante parabole sur le virus du SIDA. Bref, un remake sombre et supérieur à l’original. L’élève a dépassé le maître.

Verdict

Passé à la postérité malgré son côté un peu bavard, La chose d’un autre monde est aujourd’hui un chef d’oeuvre incontesté de la science-fiction.
L'image
Couleurs
Définition
Compression
Format Vidéo
4/3 n&b
Format Cinéma
1.85:1
Une copie parfaite pour un film de 1951. La restauration a porté ses fruits et l’on découvre le métrage comme on ne l’avait jamais vu, soit complètement dépoussiéré. Le master surprend par sa netteté, sa propreté (adieu les salissures du temps) et sa parfaite gestion du noir et blanc. Aucun défaut compressif à l’horizon, même dans les séquences les plus sombres. Du tout bon.

Le Son
Langue
Type
Format
Spatialisation
Dynamique
Surround
Anglais
5.1
Anglais
1.0
Français
5.1
Français
1.0
Des pistes audio de haute volée pour un film de cet âge. Si le mono restauré (version originale et version française) est d’excellente tenue, on lui préfèrera un Dolby digital 5.1 savamment dosé qui évite toute artificialité. Une piste cristalline, énergique et assez ample, sans en faire trop.

Les Bonus
Supléments
Menus
Sérigraphie
Packaging
Durée
85 min
Boitier
Digipack


- Scènes commentées par J.B. Thoret (49 minutes) : Si l’on peut regretter que l’intégralité du film ne soit pas commentée, on ne peut qu’apprécier cette analyse très fine de quatre séquences par un Jean-Baptiste Thoret (critique, écrivain et professer) dont l’érudition cinématographique force le respect. Le métrage est notamment mis en perspective(s) : place dans la filmographie de Hawks, contexte historico artistique, etc.

- Un film matrice (10 minutes) : Martin Scorsese, Steven Spielberg, George Lucas, Ridley Scott et James Cameron (excusez du peu) évoquent le rayonnement du métrage dans le cinéma de SF américain dans un supplément malheureusement beaucoup trop court.

- Entretien avec John Carpenter (24 minutes) : Pour notre plus grand plaisir, Big John nous parle du film et de son réalisateur. En un mot : passionnant.

- Bande annonce originale (2 minutes) : L’occasion de constater l’incroyable travail de restauration réalisé.

- Crédits DVD.

- Livret.
Bonus
Livret
Bande annonce
Biographies
Making of
Documentaire
Interviews
Com. audio
Scènes sup
Fin alternative
Galerie de photos
Story board
Multi-angle
Liens internet
Interface Rom
Jeux intéractifs
Filmographies
Clips vidéo
Bêtisier
Bonus Cachés
Court Metrage
Crédits DVD