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Laissez-passer

Genre Drame
Pays France (2002)
Date de sortie mardi 8 octobre 2002
Durée 170 Min
Réalisateur Bertrand Tavernier
Avec Jacques Gamblin, Denis Podalydès, Charlotte Kady
Producteurs Alain sarde, frédéric bourboulon
Scénaristes Jean cosmos, bertrand tavernier, jean-devaivre
Compositeur Antoine duhamel
Format Dvd 9
 

Langues
  PCM Label Film Bonus Commentaire
  Français
Non
Non
Non

Le Film Critique de Maxstar
  Editeur  
  Edition   Simple
  Label  
  Zone  2
  Durée Film  170 min
  Nb Dvd  2
   
   
C'est Jean-Paul Sartre qui disait, il me semble, "Nous n'avons jamais été aussi libre que sous l'occupation". Déclaration ambiguë s'il en est, elle résume pourtant à merveille ce dont il a été question durant cette période de trouble, et ce dont parle finalement Laissez-passer. La liberté, est-ce seulement pouvoir jouir de l'absence de contraintes? Ne sommes nous pas libres, on ne peut plus libres, lorsque l'on nous donne la possibilité de faire un choix de vie important comme celui-là? Résister, malgré une période de honte et de désespoir, malgré les éléments qui sont contre nous, ou bien abdiquer. Je me garderai bien de donner une quelconque indication concernant ce que j'aurais pu faire dans cette situation. Qui le peut, d'ailleurs? Je ne pense pas qu'il soit possible de se projeter, de s'imaginer, en tant que personne "ordinaire" (rien de péjoratif), sous une pression extraordinaire comme elle a pu être à un moment donné... Cette période obscure, donc, où l'incertitude est un paramètre comme un autre, Laissez-passer en parle avec une simplicité assez renversante, en alliant les moments dramatiques et les passages comiques, sans jamais que l'un ou l'autre ne semble déplacé ou bien trop appuyé.

C'est d'ailleurs sur deux séquences antagonistes et pourtant hautement complémentaires que s'ouvre Le film. Avant même le premier plan, c'est sur les cartons-titres que la musique de fond, "stupidement optimiste" selon les propres mots du metteur en scène, qu'on en vient à se poser la question suivante : y a-t-il vraiment un espoir? La première séquence du film semble y répondre. Tout en nous faisant découvrir le premier personnage principal, Jean Aurenche (Denis Podalydès), Bertrand Tavernier lance son film sur un ton relativement enlevé qui ne ressemble pas aux films traitant de cette époque (où il "faut" tout de suite partir sur un ton dramatique). Scénariste, Aurenche mène une vie où il a fait des choix tranchés par rapport aux occupants. Jamais Ô grand jamais il ne travaillera pour une firme allemande, c'est une question de dignité. Il doit inventer en permanence des excuses pour ne pas avoir à travailler pour la maison de production dont il est question dans Laissez-passer : la Continentale. Et même s'il s'en sort souvent avec brio (voir la scène où il va s'appuyer sur les classes sociales pour se sortir des griffes de Greven), il joue régulièrement avec le feux et il s'en faut parfois de peu pour qu'on ne lui offre pas un billet en aller-simple pour l'Allemagne. Sa vie privée et notamment sentimentale, à l'opposé, est une succession d'hésitations, de déménagements (qui sont le signe aussi bien de cette indécision du coeur que des craintes liées au régime et à sa position face à ce dernier). Mais ces premiers plans ne nous informent pas encore à ce niveau, et le côté vaudeville des différentes répliques et de la situation elle même font sourire. A la fin de la première séquence, Aurenche regarde par la fenêtre. Le spectacle est surréaliste, les émanations dans le ciel laissent penser à des feux de Bengale...

... en effet, à l'autre bout de Paris, les Anglais sont en train de bombarder les usines Renault. Changement de ton radical, la caméra suit à présent Jean Devaivre. Cette deuxième séquence commence par un très intéressant plan-séquence, qui ne perd jamais de vue le regard de Devaivre, fuyant, perdu, lors de son avancée dans les rues à travers les explosions. Devaivre va rejoindre sa femme à la maternité, rapidement désertée par des infirmières peu téméraires (ceci dit, "on" n'y était pas...). Cette longue séquence présente aussi un aspect important du personnage de Devaivre. Homme de l'instant, qui n'attend pas pour agir et dont les actions ne sont jamais vraiment préméditées, il résiste à l'occupant, lui aussi. Son travail à la Continentale est un moyen de vivre, tout d'abord. Ca n'a l'air de rien, mais sans tomber dans la collaboration pure et dure, gage d'une certaine "assurance vie", avoir un travail qui permet de nourrir sa famille ne court pas forcément les rues sous l'occupation. Et la recherche de la nourriture, au même titre que la recherche du moindre mètre de chute de bobine pour tourner les dernier plans de son film (toutes proportions gardées...), c'est un combat qu'il faut mener. Vivre au jour le jour, et faire avec les contingences matérielles précaires qui étaient ce qu'elles étaient, c'est déjà résister. Et ce poste d'assistant réalisateur pour (il dira plutôt "Je travaille avec, pas pour...") la firme allemande, donc, c'est un moyen d'être protégé de l'intérieur puisqu'il bénéficie entre autres de ce fameux laissez-passer qui permet une certaine liberté de mouvement dans Paris... Si devaivre ne prémédite pas, il n'en est pas moins engagé. A chaque occasion qui se présente à lui, il n'hésite pas une seconde, comme on l'a dit plus haut, a prendre des photos de documents officiels allemands, à voler un dossier dans un bureau laissé vide quelques minutes, etc... Quand on lui demande pourquoi il fait ça, il répond avec une simplicité renversante : "Si personne ne fait rien...". C'est peut-être ça l'héroïsme, en effet... Attaché à ses valeurs, à sa famille et surtout à la femme qu'il aime, il n'hésitera pas non plus à traverser la moitié de la France à vélo, au cours d'une séquence au lyrisme bouleversant, pour rejoindre cette dernière.

Des qualités, le film de Bertrand Tavernier n'en manque pas. Parce qu'il parle de souvenirs personnels, parce qu'il traite d'une époque que la plupart d'entre nous ne connaît qu'à travers les livres d'histoire ou divers médias plus ou moins évolués et informés, Laissez-Passer aurait pu, à un moment ou à un autre, perdre le spectateur dans des détails historiques trop pointus. Il n'en est rien, ou plutôt Tavernier réussit à gérer la masse d'informations qu'il fait passer en ancrant sont film dans le cinéma de fiction. Tout ce que l'on voit à l'écran s'est bien passé, mais la mémoire et la subjectivité nous jouant forcément quelques tours, le metteur en scène ne se cache pas d'avoir extrapolé, ou tout du moins croisé, quelques uns de ses souvenirs. Concernant les connaissances cinéphiliques requises, elles ne sont pas, il me semble, indispensables à la compréhension du récit (les films qui apparaissent dans Laissez-Passer sont essentiellement des longs-métrages de Maurice Tourneur (La Main du diable en tête) et ceux auxquels a participé Devaivre...). Ces "films dans le film" (entre autres) font évidemment de Laissez-Passer un long métrage sur le cinéma (sur le cinéma de cette période en particulier), ça ne fait aucun doute. Mais il est beaucoup plus que ça, et finalement ce qui ressort, c'est peut-être (comme dans tous les films du réalisateur me direz-vous!) l'individu, les destins individuels. Film sur le système D, sur la dimension quasi-épique du quotidien (deux notions qui tendraient à devenir antithétiques de nos jours... quoique ^_^) sous l'occupation, où chaque "geste de vie" devient une aventure...

Faire ce que l'on peut, ne pas fermer les yeux... Voilà peut-être tout simplement ce que vient nous dire Laissez-Passer. Et il le fait avec une telle humanité, une telle simplicité, portées l'une et l'autre par une mise en scène sobre mais plus qu'élégante (et surtout, appropriée à son sujet), que l'on ne peut que rester admiratif devant le travail accompli par Bertrand Tavernier et tous ceux qui l'ont entouré sur ce projet. Pour résumer, une vraie réussite.

L'image
  Définition
  Couleurs
  Compression
   
  Format Vidéo 16/9 anamorphique couleur
  Format Cinéma 2.35:1
   
   
Plus sympa que les derniers DVD sortis chez Studio Canal, l'image de ce DVD est une bonne surprise. Si la compression n'atteint pas encore le top du top de ce que l'on trouve en DVD, les améliorations par rapport aux DVD précédents de l'éditeur sont vraiment appréciables. Il reste encore des arrières plans pas toujours extra, avec des murs un peu fourmillants, et une définition qui pêche un peu lors des travellings. Le reste est plutôt bon, avec des couleurs qui respectent bien la photo originale, et une définition malgré tout plutôt correcte.

Le Son
 
Très belle piste son, très agréable à écouter et extrêmement naturelle. Le mixage n'en fait jamais trop, mais sait être généreux quand il le faut. Les basses grondent lors des explosions ou des tirs de canons, les enceintes arrières s'en donnent à coeur joie dans les scènes d'intérieur ou de foule, et mettent en valeur la partition musicale de Antoine Duhamel de fort belle manière. La dynamique est excellente, la spatialisation d'ensemble exemplaire, bref un superbe travail, rien à redire.

Les Bonus
  Supléments
  Menus
  Sérigraphie
  Packaging
 
  Durée 350 min
  Boitier Digipack
   
   

Du tout bon. Un excellent commentaire audio, de longs documentaires, et (entre autres) des scènes coupées viennent former un ensemble assez cohérent et riche en informations.

Le détail :

Commentaire audio : Superbe commentaire audio de Bertrand Tavernier, qui parle quasimment en permanence pendant les 170 minutes que compte son film. Eléments techniques, travail des acteurs, montage, musique, contexte historique et anecdotes de tournage, tout y passe. L'homme est à la fois bavare et captivant. Après 1h30, le débit de parole n'est plus aussi important (il a déjà présenté tous les personnages par exemple) mais la qualité de ses propos, toujours assez denses, ne fléchit pas. A écouter impérativement!

 Bandes annonces : Bande annonce du film (recadrée 1.85), ainsi que les bandes annonces du Peuple Migrateur, Cet amour-là, Le frère du guerrier, Les autres et d'Ali (toutes en VF)

 Scènes inédites : 8 scènes inédites, toutes présentées au format (mais non anamorphique) :
- #1 (0'33) : Courte scène d'évacuation de quelques maisons après le premier bombardement...
- #2 (2'02) : Version longue d'une scène déjà présente dans le film, avec une voix-off qui semblait beaucoup plus présente dans une ancienne version du montage...
- #3 (1'05) : Version allongée d'une des scènes ou le contrôleur de production allemand vient inspecter le tournage du film...
- #4 (0'32) : Court échange de parole inutile...
- #5 (1'44) : Scène de préparation d'un plateau de tournage...
- #6 (1'03) : "On a reçu une carte d'Allemagne, de ton frère..."
- #7 (2'47) : Rencontre entre Jean Aurenche et un ancien ami...
- #8 (0'42) : Version alternative d'une blague qui ne fait pas rire les Allemands...

 Documentaire : "Carte blanche" à Bertrand Tavernier (65 minutes)
Cette émission qui passe d'habitude sur la chaîne Ciné Classics donne donc une heure durant la parole à Bertrand Tavernier. Plus que de son film dans sa globalité, on aborde ici les films qui apparaissent dans Laissez-Passer, extraits à l'appuis. Le réalisateur évoque avec son interlocuteur des faits historiques liés aux tournages de ces films dans le film, les personnages de Laissez-Passer, etc... Excellent complément au commentaire audio, cette heure en compagnie du metteur en scène est vraiment instructive.

 Making-of : "Choses vues" (76 minutes)
Pas vraiment un making-of, il s'agit plutôt ici d'un behind-the-scenes. Le défaut principal de ce supplément est son absence de structure, ce qui est plutôt embêtant étant donnée la durée du programme. De très nombreux extraits de tournage, de repérages, etc... sont juxtaposés avec pour séparateur de simples fondus au noir. Ce défaut est néanmoins contrebalancé par l'intérêt relativement bon de ce doc. Préparation des prises de vue, répétitions, etc... rien n'échappe à la caméra ;-) A voir.

 Photos de production : Une Série de photos de production, présentées sur un fond musical (1'30)

 Filmographies : Filmographies de Jacques Gamblin, Denis Podaludès, Marie Gillain, Charlotte Kady, Maria Pitarresi, Marie Desgrandes et Bertrand Tavernier.


Bonus
  Livret
  Bande annonce
  Biographies
  Making of
  Documentaire
  Interviews
  Commentaire audio
  Scènes supplémentaires
  Fin alternative
  Galerie de photos
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